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CHRONIQUE PAR ...

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Blackmore
Cette chronique a été mise en ligne le 12 août 2008
Sa note : 14.5/20

LINE UP

- Yüla Slipovitch
(batterie)

- Wladimir Ohrelianov II
(basse)

- Mustach'Man
(voix)

- Marx Bronosov
(trombone)

- Labial Aerostick
(saxophone alto)

- Cristobal Del Amafia
(trompette)

- Antòn Pinokiov
(guitares)

- Alter Frabrovitch
(claviers)

TRACKLIST

1)Pinok'ïo
2)Pour le Comte Del Amafia
3)Le Cirque des Enfers
4)Carpe Diem
5)Bienvenue à Babylone
6)Manuel
7)La Chute d'Ohreland

DISCOGRAPHIE


Sebkha-Chott - De l'Existence de la mythologie Chottienne en 7 cycles
(2003) - barré inclassable fusion Mekanik Metal Disco - Label : AMMD



Si vous sentez les frissons de l’infamie parcourir votre échine lorsque les noms Mr Bungle, John Zorn ou Zappa sont cités, alors vous pouvez dès à présent quitter cette chronique et vous préparez une petite verveine mente. Dans le cas contraire, c’est que vous êtes déjà sérieusement atteint, ce qui tombe particulièrement bien puisque Sebkha-Chott aussi. Si vous n’êtes pas convaincu, allez donc faire un tour sur le site officiel. Vous y êtes ? Alors laissez-vous entraîner dans l’univers désopilant du Mekanik Metal Disco.

Une fois passé la découverte des concepts Sebkha-Chotttien que sont la Mythologie Chottienne, le monde itinérant d'Ohreland, ses dictateurs et ses prostiputes de luxe, l’auditeur peut découvrir sereinement la musique proposé par le groupe. Premier constat, on n’échappe pas au syndrome «production pas top pour un premier album». Ce problème ne serait pas réellement dommageable si il ne concernait pas la gratte sur les passages les plus extrême/metal pour un résultat assez cheap. Second constat, les différentes parties de chants ne sont pas toujours très bien intégrées au reste tout comme les délires vocaux Pattonien qui ont tendance à tomber à côté.

De plus, De l'Existence de la mythologie Chottienne en 7 cycles comporte son lot de passages parlé/susurré/chuchoté parfois difficilement compréhensible. Le problème pour l’auditeur est alors simple : il pourra se sentir un peu exclu du disque avec la désagréable impression d’assister à un délire entre potes. Et les paroles ne se trouvant malheureusement ni dans le livret ni sur le site, on devra se contenter de froncer les sourcils de frustration. Ces interludes peuvent aussi casser le rythme des morceaux, comme c'est le cas pour Bienvenue à Babylone, qui propose un monologue d’environ 2 min assez rébarbatif (mais parfaitement intelligible pour le coup, comme quoi...).

Mais cela ne gâche heureusement pas l’attrait principal du disque : les passages instrumentaux. En effet, le groupe nous propose une excellente déclinaison du genre Bunglelien sautant allègrement de la bossa-nova-trash au death-jazzy-dissonnant voir du metal-disco au ska-funk de l’enfer. Il n’est pas rare de tomber sur des sections instrumentales assez imparables et jouissives comme le passage central de Manuel ou le final de Pinok Oi. Le disque n’est donc pas avare en partie endiablé et Sebkha-Chott n’a pas à rougir face aux ténors du genre, bien qu’on ne retrouve pas encore la cohérence et la puissance mélodique d’un Palace of Mirrors du génial Estradasphre.

Malgré les genres abordés et la versatilité du propos, la musique du groupe sait rester festive et plus ou moins accessible même si l’on note de réjouissantes parties RIOnesques et dissonantes (en particulier dans l’excellent la chute d’Ohreland). Les musiciens font preuve d’une belle maîtrise et derrière le gros bordel général que représente De l'Existence..., se cache une précision rythmique et technique de tous les instants. Saluons notamment l’excellent travail du clavier et du bassiste. Le monde d'Ohreland n'est assurément pas composé de manchots.


Certaines remarques peuvent paraître un brin sévère mais Sebkha-Chott officie dans un genre très ambitieux et paradoxalement rigoureux ou la concurrence est rude. Cependant, le groupe peut compter sur son univers déglingué et son style metalo-disco pour soulever l’intérêt des amateurs. Il se dit même en coulisse que les prestations live sont fantastiques. Quoiqu’il en soit, Sebkha-Chott propose avec de l’existence... un premier album ou les bonnes idées fusent avec joie mais qui reste handicapé par quelques erreurs de jeunesse.


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