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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 12 août 2008
Sa note : 11/20

LINE UP

-Neil Turbin
(chant)

-Scott Ian
(guitare)

-Dan Spitz
(guitare)

-Dan Lilker
(basse)

-Charlie Benante
(batterie)

TRACKLIST

1)Deathrider
2)Metal Thrashing Mad
3)I'm Eighteen
4)Panic
5)Subjugator
6)Soldiers of Metal
7)Death From Above
8)Anthrax
9)Across the River
10)Howling Furies

DISCOGRAPHIE


Anthrax - Fistful Of Metal
(1984) - thrash metal - Label : Megaforce Records



Avec le recul, on s'aperçoit que la montée en puissance du thrash au début des années 80 a vraiment tenu à peu de choses. A la persévérance de certains hommes-clé par exemple, qui ont permis l'émergence de plusieurs jeunes loups devenus des mastodontes par la suite. On pense à Brian Slagel, le géniteur des fameuses compil' Metal Massacre. Mais aussi à Jon Zazula, le fondateur du label Megaforce. Passé à la postérité pour avoir lancé Metallica, l'homme fort de la côte Est en a fait de même avec le groupe qui nous intéresse ici, Anthrax .

En effet, Zazula avait déjà pris les New Yorkais sous son aile lorsqu'il a organisé la venue de Metallica sur la côte Est au printemps 1983. Il les avait d'ailleurs ajoutés au programme de la fameuse tournée Kill'em All For One, avec Metallica et Raven en co-headlining. C'est également grâce à son soutien (il est d'ailleurs crédité en tant que producteur exécutif) qu'Anthrax a pu rentrer dans le cercle très fermé des groupes pionniers du thrash ayant enregistré leur premier album dès 1983 (et sorti en janvier 1984). Néanmoins, à l'écoute de Fistful of Metal, on ne peut s'empêcher de penser que c'était sans doute un peu prématuré pour nos moshers préférés. En effet, vous ne trouverez pas sur ce premier album ce qui fera l'identité et la force d'Anthrax par la suite, comme les moshparts endiablées ou le côté fun assumé. Fistful of Metal est avant tout une somme d'influences assez mal digérées : Judas Priest ("Metal Thrashing Mad", "Howling Furies"), Metallica ("Deathrider"), la NWOBHM en général ("Panic"), Iron Maiden ("Soldiers of Metal" dont le riff rappelle fortement "Transylvania")… Sans compter quelques fautes de jeunesse, comme cette reprise du "I'm Eighteen" d'Alice Cooper, complètement décalée du reste de l'album (et placée en piste 3 !), ou l'instrumental "Across the River" qui n'est qu'un simple prétexte assez naïf pour un solo de guitare.

Passées ces premières observations qui toutefois n'influent en rien sur la qualité de l'album, que vaut réellement Fistful of Metal ? Disons qu'il s'agit d'un album assez neutre, sans faute de goût majeure (hormis cette hideuse pochette) mais sans réel coup d'éclat non plus. Aucun titre de cet album n'est réellement passé à la postérité, et il y a bien longtemps qu'Anthrax ne joue plus de titres issus de cet album. Cela n'empêche pas de prendre un certain plaisir sur certains titres qui ressortent du lot comme "Death From Above" ou "Metal Thrashing Mad". On remarquera d'ailleurs que dès cette époque, Anthrax semblait plus à l'aise avec les titres plus heavy que supersoniques : les rares tentatives de rivaliser avec la vitesse d'exécution de Metallica ou Slayer se soldent par des morceaux peu enthousiasmants, comme "Deathrider" ou "Panic". Au contraire, lorsqu'Anthrax se la joue plus pépère avec des riffs heavy et saccadés comme sur le début de "Subjugator" ou "Death From Above", les soli de Dan Spitz et surtout la voix de Neil Turbin sont beaucoup plus mis en valeur. Rien d'étonnant à cela, puisque le prédécesseur de Joey Belladonna au micro dispose d'une voix aiguë et puissante plus taillée pour le heavy metal que pour le thrash, registre dans lequel il pêche par manque d'agressivité.


Pour ses débuts, Anthrax nous livre donc un album qui se signale plus par sa fougue que par sa maîtrise. Sur la forme, on pourra apprécier une production qui a correctement vieilli pour l'époque et la place réservée à la basse dans le mix (plutôt rare dans le thrash), mais force est de constater que sur le fond, pas de quoi faire péter le champagne. D'où la colossale surprise dès l'année suivante avec la sortie de Spreading the Disease, sur lequel Anthrax aura effectué des progrès fulgurants. A connaître pour le côté historique, mais ça s'arrête là.


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