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CHRONIQUE PAR ...

9
Adam Weishaupt
Cette chronique a été mise en ligne le 22 août 2008
Sa note : 9/20

LINE UP

-Eddie Guz
(chant)

-Shagrath
(guitare)

-Ricky Black
(guitare)

-Luna
(basse)

-Tony White
(batterie)

TRACKLIST

1)The Second Coming
2)Booze, Broads and Beelzebub
3)Wine of Sin
4)Raven Black Cadillac
5)Life of a Fighter
6)The Devil Walks Proud
7)Hate This Town
8)The Boys from the East
9)Doomsday Riders
10)Let's Hear It
11)Sharp Dressed Man
12)Bad Broad (Good Girl Gone Bad)
13)Raise Your Flag

DISCOGRAPHIE


Chrome Division - Booze, Broads & Beelzebub
(2008) - rock punk hard rock - Label : Nuclear Blast



«Shagrath». Laissons les plus sensibles d'entre nous explorer à loisir les possibilités infinies de jeux de mots qu’offre un tel pseudonyme et penchons-nous sur Chrome Division et son Booze, Broads & Beelzebub. Tiens, comme ça se trouve ! Encore un groupe européen qui s’est engouffré tête la première dans un filon typiquement Américain déjà surexploité par Black Label Society et compagnie. La mondialisation, c'est vraiment quelque chose de merveilleux.

Une fois n’est pas coutume, nous voici en présence d’un alliage entre punk, hard rock, metal et imagerie autoroutière de bad boys des stations services, qui fait de son mieux pour sonner le plus « du cru » possible. Plusieurs membres de la formation (dont le fameux Shagrath dont il est question plus haut, chanteur de Dimmu Borgir à la ville) sont issus d'un autre groupe plus ou moins connu, plus ou moins recommandable. Pas un ne veut que l'on parle de « side project » concernant Chrome Division, mais d'une entité à part entière. Malheureusement pour eux, leur musique est si dangereusement emmitouflée dans leurs références diverses, et l'exécution tellement raide, qu'on se demande s'il n'aurait pas mieux valu miser sur le côté « on fait ça pour rire, se détendre et faire des références faciles qui nous font plaisir » qui aurait expliqué, à défaut d'excuser, un manque de personnalité aussi flagrant. Les dix premières secondes du morceau titre font bien lever les sourcils (oui, ça va vite et c'est écrasant) jusqu'à ce qu'on se rende compte qu'il dure plus de quatre minutes, ce qui est complètement grotesque au vu de son contenu pour le moins limité. En effet, Eddie Guz possède un grain générique de beuglard de base qui n'est pas sans rappeler ce qu'on peut entendre chez The Bones.

Sans parler de son accent – discret, mais bien présent – qui écorche suffisamment de mots ici et là pour que le trip « American Badass » prenne un sérieux coup question crédibilité. La distorsion des guitares correspond à l'idée que certains guitaristes de métal semblent se faire du rock'n'roll… Bref, les riffs aboient fort mais ne mordent pas et on est dans la platitude et le mimétisme à chaque instant. Mimétisme qui a ses moments crispants, comme durant les solos abominables de "Wine of Sin" (ah, mon Dieu, le tapping) et "Life of a Fighter" (ah, mon Dieu, les passages en twin lead, comme c'est sinistre). L'omniprésence de chœurs artificiels type "stade en folie" dès qu'un refrain est censé être fédérateur (ah, elle est belle la dette, consciente ou non, à l'Arena Rock... magnifique, même) ne fait que consolider l'impression d'être à l'écoute d'un patchwork sans aucune valeur ajoutée. Et puis qu'est-ce que c'est que cette intro à "The Devil Walks Proud" qui ressemble un peu trop à celle de "Benzin" de Rammstein ? Bon, il y a bien "Sharp Dressed Man", reprise de ZZ Top, à être sympa pendant une vingtaine de secondes jusqu'à ce qu'elle soit défigurée par ces horribles chœurs en plastique de tube de l'été de coupe du monde de foot (à croire qu'il faut le panache des Leningrad Cowboys ou l'extrémisme insoutenable de Ministry pour reprendre les tres hombres sans se vautrer dans la banalité).


Au final, du déjà entendu partout, tout le temps. Et du déjà entendu particulièrement poussif, car pratiquement tous les morceaux durent deux fois trop longtemps par rapport à ce qu'ils recèlent : n'est pas Turbonegro ou Nashville Pussy qui veut. Cela dit, il y a une certaine constance qui fait que la couleur est annoncée rapidement et les promesses tenues, donc pas de mauvaises surprises au programme pour peu qu'on ait apprécié quelques extraits glanés ça et là; les amateurs de ce genre de clones sans originalité ni épaisseur ne seront pas dépaysés et peuvent ajouter tous les points qu'ils veulent à la note. Les autres sont invités à passer leur chemin.


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