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CHRONIQUE PAR ...

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Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 12 août 2008
Sa note : 14/20

LINE UP

-Thomas The Bloodbeast
(chant+guitare)

-Dennis Ward
(basse)

-Tomasz
(batterie)

-Guests : Tom Naumann et Schmier

TRACKLIST

1)It Pleases Us to Kill
2)Blood God Rising
3)Continue to Kill
4)Faith And Fire
5)Hard Rockin'
6)Apostle of War
7)Worship the Violence
8)King of Killing
9)Slayer's Angel Of Death
10)Warfare
11)Cuntkiller
12)Mincing Machine
13)Metal on Metal
14)Walking Glory Road

DISCOGRAPHIE


Debauchery - Continue To Kill
(2008) - death metal - Label : AFM Records



Debauchery est de retour, et excusez-moi mais….ca va saigner ! Il va y avoir du découpage, de la bidoche va voler, les tronçonneuses vont vrombir, les têtes vont tomber, les intestins se répandre sur le sol. Les os vont se briser, les yeux jailliront de leurs orbites, la peau se détachera d’une chair en train de fondre et le sang jaillira en fontaines écarlates. Bref, ça va être encore une sacrée boucherie. Parce que Debauchery n’est pas là pour rigoler. Debauchery, et ils le disent eux même, ne sont là que pour une chose : tuer.

Un peu plus d’un an après Back in Blood qui affirmait Debauchery dans son mélange de death bien gras et de rock très influencé AC/DC, les voila de retour avec un titre très explicite. La recette a peu changé, la prod' non plus, bref, tout ce qui a caractérisé l’album Back in Blood se retrouve totalement ici. Une production énorme, un growl très grave, des riffs de tueurs : Debauchery fait partie de ce type de musique absolument « headbangable » comme diraient nos amis d’outre-Atlantique. Comprendre : impossible de l’écouter (du moins leurs titres les plus réussis) sans secouer vigoureusement l’occiput, et – pour ceux qui en ont une – imprimer à sa longue chevelure un mouvement tournoyant du plus bel effet.

Tout en effet est basé sur l’efficacité. Et pourtant, la conclusion de cette écoute sera globalement l’opposé de celle du précédent effort du groupe – et ce malgré une recette, on l’a vu, quasiment identique. En effet, là ou le groupe excellait sur les titres les plus rock’n’roll de l’album (à savoir : mid tempo et gros riff bien rock’n’roll) et pêchait dans ses efforts plus rapide, voila la tendance inversée. Sur Continue to Kill, les titres les plus rapides sont autant d’excellents hymnes brutaux et dévastateurs, tandis que leurs titres plus posés sont nettement moins intéressants, voire carrément ennuyeux. Et comme les titres rapides sont regroupés en début d’album et les autres plus rock’n’roll à la fin, on se retrouve avec un opus dont seul la première partie est intéressante à écouter.

Et c’est dommage. Quand on écoute des titres comme "Blood God Rising", "Continue To Kill" ou encore l’excellent "Apostle of War", tous avec force riffs et double pédale à fond les ballons, impossible de ne pas se faire décrasser les esgourdes par la puissance brut du groupe. Et à contrario, des titres comme "Cuntkiller", "Metal On Metal", "Mincing Machine" ou "Walking Glory Road", beaucoup plus lents, se révèlent – sans être ratés pour autant – bien moins enthousiasmant. Entre les deux, une reprise de "Angel of Death" de Slayer qui n’apporte vraiment rien du tout à l’album. Après, il est sur que certains développeront un avis tout à fait opposé à celui-ci en fonction des affinités, mais il restera toujours cette sensation que l’album est divisé en deux parties avec chacune un tempo prédominant.

Signalons un chouette Artwork de couverture, qui résume à lui seul l’orientation de l’album, mais également l’attrait éprouvé par Thomas The Bloodbeast (leader compositeur chanteur du projet – difficile de parler de groupe à part entière, même s’il est entouré d’ex-membres de Belphegor, Primal Fear ou Pink Cream 69) pour l’univers Warhammer 40.000. Il cite en effet dans son introduction des paroles tirées d’un des romans issus de cet univers, et remercie dans les crédits de l’album les auteurs de ces séries (dont Graham Mc Neil, Dan Abnett et Gavin Thorpe). Et c’est cohérent : on peut très bien imaginer en écoutant Continue to Kill des scènes de batailles entre Spaces Marines, Orks, Marines du Chaos et autres Eldars et les infâmes boucheries qui en découlent. Violent, malsain et provocateur (il n’y a qu’à lire les paroles), Continue to Kill n’est pas destiné aux âmes sensibles.


En tous cas, les amateurs de gros sons y trouveront leur compte. C’est sale, brutal et ça respire la sueur et le sang : l’essence même du death metal semble ici suinter à travers les enceintes de la chaine hi-fi. Dommage donc que cet album soit tellement inégal. S’il n’avait été composé que de tueries comme le sont les meilleurs titres du CD, nul doute qu’il aurait gagné sa place à coup de bolter dans votre CDthèque.


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