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CHRONIQUE PAR ...

7
Count D
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 12/20

LINE UP

-Sataniac
(chant)

-Infernal
(guitare)

-Odin
(basse)

-Tormentor
(batterie)

TRACKLIST

1)The Arrival (Intro)
2)The Blessed Pestilence
3)Angelwhore
4)Conqueror's Supremacy
5)Ghouls To Strike
6)Nihilistic Overture
7)Havoc
8)Downfall Be Thy Blade
9)Revelation Genocide
10)Mourning Path (Outro)

DISCOGRAPHIE


Desaster - Angelwhore



AngelWhore est le cinquième album de Desaster, après dix-sept ans de blasphème et de black metal. Bien décidé à poursuivre dans sa voie sans jamais en déroger, Desaster reprend les armes cette fois chez Metal Blade Records après le départ du chanteur Okkulto une fois les festivals Fuck The Commerce et Wacken Open Air accomplis.

Conservant toujours l’essence black metal des origines, inspiré des premiers Venom, Hellhammer ou Destruction (à remarquer que la chanson "Total Desaster" a donné son nom au groupe), le travail réalisé sur AngelWhore se veut plus lourd, et surtout plus thrash. Les riffs découpés prennent parfois la place ("Ghouls Of Strike", "Havoc"), mais laissent toujours une place au black metal ("The Blessed Pestilence", "Conqueror’s Supremacy"). Le chant de Sataniac (ex-Divine Genocide) est hurlé, tout simplement salement, avec une puissance assez impressionnante. Ce ton écorché rappelle les vieux enregistrements de black du début des années 90’.

On ressent d’ailleurs dans ce chant la volonté ferme de conserver un peu d’histoire. Pas de super-prod sur la voix, donc, mais une réelle intention de faire mal par une tonalité déchirée, parfois plus proche du death/thrash que du black metal. Niveau instruments, tout est ok, l’exécution des guitares est parfaite, la batterie martelant, parfois en blast, et surtout des morceaux composés sur une moyenne de cinq minutes, pour un total de presque une heure de black/thrash. L’essentiel dans AngelWhore reste bien évidemment l’ambiance générale des morceaux et non leur exécution à proprement parler.

C’est pour cela qu’un titre comme "Conqueror’s Supremacy" possède réellement de quoi séduire, avec son introduction métallique lancinante et son feeling dark poussé, notamment grâce à l’intermède de guitares acoustique levant l’ambiance vers une sphère plus sombre. De la même envergure, l’outro "Mourning Path", sans parole, est le titre le plus posé de l’album, développant presque un doom black nostalgique (sans clavier aucun, bien sûr…). Plus que sur les réalisations précédentes, AngelWhore montre un coté musical plus découpé aux ciseaux avec des riffs très thrash et compacts. Certains titres restent encore hybrides et présentent donc un intérêt comme "Ghouls To Strike", presque proche de Behemoth sur le plan de la puissance, de la lourdeur et de la composition d’une manière générale.

Ce que l’on pourra reprocher à AngelWhore, c’est cette tendance à partir sur des plans assez faciles de thrash, croyant que toute la puissance s’échappe de rythmiques sans fin. L’album souffre alors de quelques lourdeurs de style, échappant à la devise conceptuelle du groupe. Alors que l’intro de "Nihilistic Ouverture" avançait quelque chose de posé et sombre, l’auditeur reste un peu sur sa faim avec les notes rythmiques qui suivent, porteuses de pas grand-chose, nous languissant simplement dans l’attente d’une suite plus consistante. Il en va de même sur "Revelation Genocide". Le chant rattrape heureusement ces maladresses. Et heureusement aussi qu’un titre comme "Downfall Be Thy Blade" équilibre la donne avec une musique purement metal, aux influences païennes, faisant parfois penser à du Satyricon (oui ça c’est bien).


Bref, un album qui mérite d’être écouté, ne serait-ce que pour l’intégrité de ce groupe. Mais il faudra faire la part des choses dans cet ensemble assez hétérogène.


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