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CHRONIQUE PAR ...

5
Fishbowlman
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 15/20

LINE UP

-Denis "Snake" Belanger
(chant)

-Denis "Piggy" D'Amour
(guitare)

-Jason "Jasonic" Newsted
(basse)

-Michel "Away" Langevin
(batterie)

TRACKLIST

1)Gasmask Revival
2)Facing Up
3)Blame Us
4)Real Again ?
5)Rebel Robot
6)The Multiverse
7)I Don't Wanna Wake Up
8)Les Cigares Volants
9)Divine Sun
10)Reactor
11)Invisible Planet
12)Strange And Ironic
13)We Carry On

DISCOGRAPHIE

War and Pain (1984)
Rrroooaaarrr (1986)
Killing Technology (1987)
Dimension Hatröss (1988)
Nothingface (1989)
Angel Rat (1991)
The Outer Limits (1993)
Negatron (1995)
Voivod (2003)
Infini (2009)
Target Earth (2013)
The Wake (2018)

Voivod - Voivod
(2003) - thrash metal - Label : Chophouse



Depuis le dernier album studio de Voivod, Phobos sorti en 1997, beaucoup de galères sont produites dans le clan des Canadiens : un accident de bus en tournée qui a failli coûter la vie au bassiste-hurleur Eric Forrest, le départ de ce dernier pour des raisons obscures (si cela avait été uniquement pour des raisons de santé lié à son accident, alors il n'aurait certainement pas monté un nouveau groupe peu de temps après), l'arrivée du bassiste-superstar Jason Newsted et le retour inattendu de l'ancien chanteur Denis Belanger. Les conditions du retour de Denis sont floues là encore, mais des rumeurs insistent sur le fait que Jason Newsted lui a proposé un bon paquet de dollars pour qu'il revienne... enfin autant se concentrer sur l'aspect musical de ce retour du line up légendaire de Voivod.

Le retour de Denis Belanger permet à Voivod de revenir vers un style plus mélodique ce qui est un plus non négligeable, car faut bien le dire, Eric Forrest et la mélodie, ça faisait deux ! Donc moins de puissance qu'avant, mais plus de finesse ce qui rendra cet album bien plus accessible pour les néophytes. En plus, l'approche musicale est ici plus directe, plus rock aussi, dans la lignée d'Angel Rat qui restait à ce jour l'album le plus accessible de Voivod. Le seul reproche que l'on peut faire à ce disque est de ne rien apporter de nouveau par rapport aux albums précédents ; la créativité qui représentait un des moteurs clé de la musique de Voivod a complètement disparu, c'est dommage ! Le père Newsted semble se contenter d'un rôle de simple exécutant, comme il l'a tenu dans Metallica, et on se réjouira de voir qu'il n'a pas composé pour ce disque ! Car quand on voit que le seul morceau qu'il ait composé pour Voivod, "M-Body", était le plus mauvais de l'album Phobos, on pouvait craindre le pire en apprenant son arrivée dans le groupe.

Ce Voivod ne comporte pas vraiment la même atmosphère de tueur que Phobos, le dernier album en date, sorti en 97, cette atmosphère violente, sombre, parfois schizophrénique ! Tout est ici plus normal, easy-listening (c'est quand même un bien grand mot) et j'avoue que cela m'a un peu rebuté au départ, le fait que les chansons soient aussi simples, avec la structure classique "couplet-refrain, couplet-refrain". Mais à force, on finit par se rendre compte que les chansons sont vraiment bonnes tout simplement, et Voivod a même fait l'effort de varier un tant soit peu ses compos, car c'était le principal défaut de Phobos, celui d'être linéaire. Donc entre Phobos et ce disque, j'ai pas tellement de préférence en fait, Phobos a plus d'ambiances mais Voivod est plus mélodique et varié. On note aussi des tempos plus speed des fois, avec un peu de double-pédale (très légère quand même, c'est pas du Stratovarius) ce qui n'est pas pour me déplaire.

Si on devait ne retenir qu'un seul morceau de ce disque, ce serait sans conteste "I Don't Wanna Wake Up" qui est vraiment une grosse tuerie, avec une p'tite intro toute douce pour ensuite monter en puissance avec des riffs incroyables et digne de la grande époque. Un de ses riffs me rappelle un peu l'excellente reprise du thème de Batman qu'ils avaient faite sur Dimension Hatross, à écouter absolument. Les dissonances de la guitare de Denis D'Amour sont toujours aussi puissantes et nucléaires au possible, elles ont toujours contribué à rendre le style de Voivod unique. Et y'a toujours ce petit coté rock 'n' roll typique de Voivod qui déchire sa mère, notamment sur le refrain.

Un petit défaut tout de même, c'est du coté du chant de Denis Belanger qui peut paraître très monotone à la longue, car même si sa voix d'extra-terrestre colle parfaitement au style de Voivod, quand il nous la joue a cappella pour le refrain de "We Carry" ou à la fin de l'album, c'est vraiment affreux ! Enfin ce n'est pas le meilleur chanteur au monde, ses capacités vocales sont très limitées. Cela n'empêche pas que ce Voivod soit très bon, avec des riffs qui font souvent référence au passé ; certains se rapprochent de Phobos et Angel Rat, d'autres de Dimension Hatross. Mais Voivod n'a pas tout à fait retrouver son niveau d'antan des années 80 et du début des années 90 et il y a bien quelques morceaux sur ce disque qui sans être mauvais, sont un peu en déca du reste. Enfin, sur plus d'une heure de musique, c'est difficile de garder la même intensité du début à la fin.


Donc pour résumer, Voivod ne déçoit pas avec cet album mais n'a pas non plus réaliser le chef-d'oeuvre du siècle que l'on était en droit de s'attendre après 6 ans. L'arrivée ultra médiatisée de Jason Newsted poussera certainement davantage de metalheads à s'intéresser à Voivod même si perso, je n'ai pas eu besoin de ça pour être converti. Mais si ce style plus abordable peut leur apporter davantage de reconnaissance et de fans après 20 ans de carrière quasi underground, ce n'est vraiment pas un mal.


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