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CHRONIQUE PAR ...

5
Fishbowlman
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 12/20

LINE UP

-Peter Goalby
(chant)

-Mick Box
(guitare)

-John Sinclair
(claviers+guitare+chant)

-Bob Daisley
(basse)

-Lee Kerslake
(batterie)

TRACKLIST

1)The Other Side Of Midnight
2)Stay on Top
3)Lonely Nights
4)Sweet Talk
5)Love is Blind
6)Roll-Overture
7)Red Lights
8)Rollin' the Rock
9)Straight Through the Heart
10)Weekend Warriors

DISCOGRAPHIE


Uriah Heep - Head First
(1983) - hard FM - Label : Bronze Records



Head First succède rapidement à l'excellent Abominog qui avait prouvé qu'Uriah Heep avait encore de beaux jours devant lui, en dépit de toutes les galères de personnel. Head First confirme l'orientation hard-FM, un style très en vogue à l'époque, afin d'entrer de plein de pied dans les années 80. Et Uriah Heep peut se féliciter d'avoir réussi ce virage contrairement à beaucoup de groupes qui se sont plantés à ce jeu-là. Il faut dire que le style d'origine d'Uriah Heep a toujours été très mélodique donc cette évolution a pu se faire en douceur, sans trop de dégâts. Uriah Heep a même le culot d'affirmer sa supériorité face aux autres groupes FM de l'époque grâce à une maîtrise mélodique innée, on appelle ça la classe, l'expérience, enfin tout ce que vous voulez !

Pourtant avec Head First, on est quand même loin du chef-d'oeuvre ! La production manque vraiment de punch quand on compare avec celle des années 70 qui était exceptionnelle à ce niveau. Les fortes connotations américaines et l'omniprésence des synthés ne dénature pas le style d'Uriah Heep car la guitare de Mick Box n'a rien perdu de son mordant et forme un magnifique contrepoids. Difficile toutefois de ne pas se dire que toute la magie des années 70 est bien loin à présent. La voix un peu éraillée de Peter Goalby convient à merveille à ce nouveau style mais il n'a pas tellement la classe des précédents vocalistes, David Byron et John Lawton. On peut déplorer un démarrage un peu timide de l'album, avec la présence de quelques titres impersonnels comme cette reprise pas terrible de Joe Jackson, "Stay On Top" où Uriah Heep se la joue groovy, ou "The Other Side of Midnight" qui se rapproche un peu trop de Queen à mon goût, quand ces derniers font du rock et y'a qu'à voir les choeurs aigus sur le refrain.

Bizarrement, plus l'album avance et meilleur il devient. Avec "Lonely Nights" tout d'abord, un titre à la mélodie très fleur bleue, mais bon quand on sait qu'il s'agit d'une reprise de Bryan Adams, cela n'est pas tellement surprenant. Sympa. Puis "Sweet Talk" et une p'tite intro aux synthés bien sympa également, très 80's et quand le morceau démarre, on se rend compte qu'on aurait pu avoir à faire à une bombe, mais simplement, le refrain n'est vraiment pas à la hauteur du reste !

La seconde partie de l'album est meilleure, chose plutôt inhabituelle chez les groupes qui placent en principe leurs meilleurs titres en début d'album. Elle commence avec "Roll-Overture", une p'tite intro épique aux claviers, dignes d'une BO de film, pour ensuite enchaîner direct sur une p'tite tuerie, "Red Lights", le titre le plus heavy de l'album, avec des synthés moins présents et une guitare typique de l'esprit d'Uriah Heep, tranchante à souhait ! "Straight Through The Heart" rappelle qu'Uriah Heep a toujours eu des racines progressives dans son style, normal car ce sont les précurseurs du mélange metal + prog, et cette fois-ci, cette facette prog se manifeste dans un cadre néo-prog, un genre très en vogue également à cette époque. Sur ce titre, on imagine sans problème Fish chanter dessus, cela pourrait être du Marillion en plus hard-FM.

Et sur la version remasterisée de Head First figure 3 bonus tracks : un inédit, "Playing For Time", sur lequel John Sinclair a refait péter l'orgue Hammond des familles pour une song très 70's cette fois-ci. Curieusement, je trouve d'ailleurs cette production bien meilleure que les autres car elle met davantage en avant la batterie et dégage bien plus de pèche ! Un p'tit retour aux sources qui laisse d'ailleurs un sentiment de frustration quelque part : pourquoi Uriah Heep n'a t-il pas continué dans ce style ? Enfin bon, "Playing For Time" n'est pas une chanson exceptionnelle non plus, les couplets ressemblent trop au "Woman From Tokyo" de qui vous savez ! Les deux autres bonus tracks sont une bonne version live du classique "The Wizard", qui contient quand même un peu trop de synthés, et une version démo instrumentale de "Searching", sur laquelle on voit bien toute l'importance du rôle joué par le chanteur dans Uriah Heep, car l'absence de chanteur sur ce titre laisse vraiment un gros vide.


Bien qu'étant un peu moins inspiré qu'Abominog, Head First, sans être le chef-d'oeuvre du siècle, reste très appréciable dans son ensemble.


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