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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 08 juillet 2008
Sa note : 12.5/20

LINE UP

-Jose "Aladdin" Barrales
(chant)

-Juan Juarez
(guitare)

-Alex Lee
(guitare)

-Ruben Dominguez
(basse)

-Carlos Regalado
(batterie)

TRACKLIST

1)Immortal Life
2)Feed the Beast
3)Psychotic Pulse
4)Necropsy
5)Mind Pollution
6)Another Disease
7)The Evil Within
8)Tormenting Voices
9)Civil Servant
10)Self Immolation
11)Vengeance
12)Theme From Teenage Mutant Hero Turtles

DISCOGRAPHIE


Bonded By Blood - Feed The Beast
(2008) - thrash metal - Label : Earache Records



Certains groupes aiment bien se coller un handicap très lourd dès leurs débuts. Par exemple, Bonded by Blood, encore un représentant du fameux revival thrash principalement appuyé depuis 2007 par Earache. Un groupe qui, s'il réussit à se faire une place au soleil, pourra en prime écrire un bouquin intitulé « Comment faire carrière avec un nom de tribute band ». Et si ça marche, promis, j’appelle des potes et je fonde mon propre groupe, que j’appellerai Ride the Lightning ou Pleasure to Kill (j’hésite encore).

Dans cette fameuse nouvelle vague thrash, vous avez 2 catégories distinctes : ceux qui essaient de développer un minimum d'identité personnelle, comme Lazarus ou Hatchet ; et ceux qui s'emmerdent pas et qui se contentent de calquer plus ou moins bien ce qui se faisait dans les 80's, comme Evile ou Warbringer. Cette seconde catégorie est d'ailleurs largement plus fournie, ce qui me fait penser que cette nouvelle vague ressemble surtout à celle de 1988/89, quand l'attaque des clones a fini par avoir la peau de la poule aux œufs d'or. Avec un nom comme le sien (faut-il rappeler qu'il s'agit du titre du premier album d'Exodus ?), Bonded by Blood se classe clairement parmi les groupes qui n'ont pas inscrit la notion de créativité en tête de leurs priorités. Un conformisme qui se retrouve jusque dans le livret, dans lequel figure en page centrale le traditionnel patchwork de photos directement hérité des eighties, comme sur 80% des productions thrash récentes. Autant d'indices qui me font dire que cette nouvelle vague sera éphémère…

Musicalement, il restait un tout petit espoir que Bonded by Blood ne soit qu'un nom hérité des débuts du groupe, qui aurait ensuite dévié de sa trajectoire de tribute-band d'Exodus. Peine perdue : pas une seule seconde, le groupe ne s'écarte de son influence majeure. Les riffs tranchants, les refrains virils, les soli enflammés, tout est là. La seule originalité, c'est de le voir mixer le thrash primitif et très direct de Bonded by Blood l'album (ça va vous suivez ?) et celui plus varié et aéré de Fabulous Disaster. Autre point de divergence, un chanteur dont les intonations rageuses et pas très précises à la Paul Baloff sont couplées à un timbre aigu qui rappelle parfois John Connelly de Nuclear Assault. Paradoxalement, le seul plagiat avéré ne se rapporte pas à Exodus mais à Death Angel, sur "Civil Servant" : on jurerait entendre «Kill as One», mais après vérification dans le livret, c'est en fait «We're at War» que scande le groupe, sur exactement le même rythme et le même air. On frôle la disqualification pour coup bas là…

Cependant, le tableau n'est pas si noir. Malgré le degré zéro niveau originalité, Bonded by Blood s'en sort honorablement grâce à quelques parpaings bien sentis. En effet, on retrouve sur Feed the Beast un petit paquet de bons titres, principalement sur la première moitié de l'album. Comme tous les nouveaux venus, Bonded by Blood dispose lui aussi de son titre imparable, en l'occurrence "Psychotic Pulse". Il s'agit aussi d'un des rares titres dépassant les 4 minutes, avec "Feed the Beast" et "The Evil Within". Sans être adepte des morceaux d'à peine 2 minutes comme Municipal Waste, Bonded by Blood la joue fréquemment droit au but avec des titres format 3 minutes. Parfait pour passer sur NRJ ! Par contre, à l'instar de Chemical Assault, premier album des Brésiliens de Violator assez proche de celui-ci, Feed the Beast finit par souffrir d'une trop grande linéarité. On a du mal à croire que l'album ne dure que 41 minutes, tant la fin tire en longueur faute d'inspiration. Et quelle étrange idée d'avoir repris le thème des Tortues Ninja pour finir !


Au moins, avec Bonded by Blood, les choses sont claires : on sait qu'on va avoir affaire à du thrash 80's. Restait à voir le niveau qualitatif, qui s'avère relativement correct pour un premier album. Reste que Feed the Beast s'apparente plus à une simple carte de visite qu'à un véritable album, et il va falloir que le groupe donne un peu plus de sa personne pour pouvoir durer un minimum. Un peu comme tous les nouveaux groupes de l'écurie Earache en fin de compte…


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