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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été mise en ligne le 08 juillet 2008
Sa note : 10/20

LINE UP

-Chad Gray
(chant)

-Greg Tribbett
(guitare)

-Tom Maxwell
(guitare)

-Jerry Montano
(basse)

-Vinnie Paul
(batterie)

TRACKLIST

1)Hellyeah
2)You Wouldn't Know
3)Matter of Time
4)Waging War
5)Alcohaulin'ass
6)Goddamn
7)In The Mood
8)Star
9)Rotten to the Core
10)Thank You
11)Nausea
12)One Thing

DISCOGRAPHIE

Hellyeah (2007)

Hellyeah - Hellyeah
(2007) - néo metal hard rock power metal - Label : Epic Records



Sur le papier ça avait pourtant l'air tellement bien. Le retour de Vinnie Paul sur la scène métal après la tragédie Dimebag, avec Chad Gray et Greg Tribbet de Mudvayne pour l'épauler qui plus est, voilà qui était carrément prometteur... On était restés un tantinet méfiants quand même car bon, les supergroupes ça donne parfois de gros ratages après tout. Puis Hellyeah le groupe a sorti Hellyeah, l'album... et on s'est regardés sans comprendre. Car si ça avait été un gros ratage on aurait encore su comment réagir, mais c'était pire d'une certaine manière : comment une somme de talents pareille avait pu accoucher d'un album aussi... banal ?

Car c'est bien ça le problème de Hellyeah : ce n'est pas le pire album du monde, mais ça ne casse franchement pas trois pattes à un canard. Le power-metal à gros riffs pratiqué par le groupe est du genre qui laisse complément indifférent faute d'une réelle personnalité. Alors bien sûr le refrain du morceau-titre fait bien taper du pied, et le côté country-blues de l'intro de "Alcohaulin' Ass" est plaisant, mais sorti de là... Déjà il y a les textes qui sont vraiment pauvrets : Chad Gray est vraiment convenu quand il se rebelle contre la méchante presse qui dit du mal de lui dans "Waging War", son discours sur les trve men avec des trve ballz dans "Hellyeah" est clichesque au possible, son rejet du systeme corporate dans "Goddamn" fait franchement rire, les paroles de "Alcohaulin' Ass" sont répétitives à mort... pour qu'un album de power soit handicapé par ses paroles il faut vraiment qu'elles craignent, et c'est le cas. Merde, même la chanson adressée à Dimebag ("Thank You") tombe à plat, c'est dire !

Quant à la musique proprement dite elle se heurte à plusieurs écueils. Le côté générique des riffs est vraiment gênant : "Goddamn" aurait pu être pondue par un millier de groupes faisant du sous-Pantera, les riffs simplistes de "Star" ne sont sauvés que par la puissance de la prod, et celui qui sert de base à "Rotten to the Core" se paye le luxe d'être ultra-pénible et répétitif. Les passages plus mélodiques souffrent de cette même absence totale d'identité : de l'intro heavy de "Nausea" à l'instrumental planant "In The Mood" on reste sur l'idée que des centaines d'autres groupes sans star dedans ont fait bien mieux. Et les stars en question n'assurent pas forcément à donf en plus : Chad Gray reste bon mais sa voix colle beaucoup moins sur cette musique un peu neuneu que sur les polyrhythmies ambiancées de Mudvayne, et surtout Vinnie Paul livre une partition à la limite du honteux. Jamais sa "patte" n'est palpable et les parties de batterie sont à l'image de la musique dans son ensemble : douloureusement banales.


Ca s'appelle un flop. Enregistré par un autre groupe cet album serait juste passé inaperçu, noyé dans la masse des disques sans saveur dont les labels nous abreuvent jour après jour. Mais au vu du foin médiatique qui a accompagné cette sortie et du pedigree des membres tout ça relève de la couillonade absolue, de la vaste blague gonflée aux hormones. Cet album est tellement dépourvu de substance qu'il ne pèse rien, et se le procurer relève du gaspillage d'oseille pur et simple. Hell no !


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