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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été mise en ligne le 08 juillet 2008
Sa note : 9/20

LINE UP

-Noah Robinson
(chant)

-Rob Thornton
(guitare)

-Justin Warrick
(guitare)

-Ryan Clark
(basse)

-Austin D'Amond
(batterie)

TRACKLIST

1)Knife Fight In A Phone Booth
2)Sullivan
3)Murder the Dance
4)The Sleeping Beauty
5)Morose
6)Occam’s Razor
7)Bastion
8)Slavior
9)Kettle Black
10)Poseidon
11)The Demons That Could Be
12)Vertical Smile

DISCOGRAPHIE


Bleed The Sky - Murder The Dance
(2008) - thrash metal power lourdingue - Label : Massacre



Bleed The Sky en a vu des vertes et des pas mûres. Depuis la sortie du très prometteur Paradigm In Entropy en 2005 la quasi-totalité du line-up a changé ! Seul le chanteur Noah Robinson est encore là pour mener la barque, tous les autres musiciens ayant été remplacés au fil des ans. Ceci n'empêche pas le groupe d'avoir la niaque et de le montrer, produit par Christian Olde Wolbers de Fear Factory et enregistré en 2007 (la sortie ayant été maintes fois repoussée), Murder The Dance est un album où la rage est palpable à chaque instant.

Si Paradigm In Entropy nous avait présenté un groupe à la colère juvénile et hystérique, Murder The Dance se place dans un tout autre registre. Finie l'éruption de fureur incontrôlée, bonjour la hargne lancinante, lourde et omniprésente : cet album suinte la haine qu'on martèle, celle qui s'instille sourdement et qu'on ne laisse jamais totalement exploser. Il faut dire que le virage musical est conséquent (normal quand on remplace tout le line-up) : imaginez-vous que Bleed The Sky ne fait plus de metalcore ! Le mélange heavy / néo / hardcore mélodeath survitaminé de l'album a laissé la place à un power-metal ultra lourd entièrement basé sur des riffs mid-tempo énormes et un chant hurlé qui ont pour point commun de rappeler franchement Pantera. Noah Robinson semble être entré dans un moule : il ne module presque plus ses hurlements et se contente d'évoluer dans un registre aigu écorché très Anselmo. Plus de hurlement métalcore, plus de descentes dans les graves death-metal, pratiquement plus de chant clair (excepté sur "Knife Fight In a Phone Booth" et l'interlude calme "Occam's Razor"), juste ce cri linéaire qui ne varie pas d'un poil. Soyons honnêtes : au début, ça choque franchement.

Problème : une fois qu'on a fini d'être choqué par le changement musical on commence aussi à se faire un peu chier. Car tout trendy qu'il était le metalcore pratiqué par Bleed The Sky sur Paradigm In Entropy avait pour lui d'être non seulement ultra pêchu et dynamique mais aussi diablement varié. Ca tirait dans tous les coins, ça tabassait sans arrêt, c'était de la joie. Les titres de Murder The Dance semblent en comparaison tristement uniformes : les tempos et le chant ne variant presque jamais il aurait fallu tabler sur des riffs très typés d'une chanson sur l'autre... et ce n'est absolument pas le cas. A peine remarque-t-on une touche death sur le riff de "Bastion" ou le placement rythmique intéressant de celui de "Slavior"... le reste du temps on se prend surtout une coupe assez informe dans les dents. Les chansons sont dépourvues d'un quelconque signe distinctif et en isoler une devient fort logiquement à la limite de l'impossible. L'impression d'écouter une version plus violente et moderne de Pantera ("Poseidon" est une repompe hallucinante) ne quitte pas l'auditeur et s'enfiler la fin de l'album devient franchement pénible tant le groupe fait du sur-place.


Pour une déception, c'est une sacrée déception. Les Bleed The Sky ont-ils voulu se détacher du mouvement metalcore ? Les nouveaux membres ont-ils été pris d'un manque d'inspiration aigu ? Toujours est-il que cet album fait clairement régresser le groupe, lui retirant son identité pour en faire un groupe de power-thrash générique. Quel dommage...


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