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CHRONIQUE PAR ...

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Lord Henry
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 14.5/20

LINE UP

-Jon Schaffer
(guitare+basse)

-Hansi Kürsch
(chant)

-Jim Morris
(guitare)

-Mark Prator
(batterie)

TRACKLIST

1)Crimson King
2)Beneath These Waves
3)Terror Train
4)Seize The Day
5)The Gunslinger
6)Love's Tragedy Asunder
7)Wicked Witch
8)Dorian
9)Down Where I Am
10)Immigrant Song (Led Zeppelin Cover)

DISCOGRAPHIE


Demons And Wizards - Touched By The Crimson King
(2005) - heavy metal - Label : SPV Steamhammer



Six ans après le premier album de Demons & Wizards, Jon Schaffer et Hansi Kürsch remettent le couvert. Les têtes pensantes d'Iced Earth et de Blind Guardian prennent un plaisir évident à œuvrer ensemble, et semblent avoir maintenant mené leur side-project commun à terme: plus qu'une escapade solo temporaire, Demons & Wizards est devenu un groupe à part entière. Le premier effort issu de cette collaboration germano-américaine, en dépit de sérieuses qualités, montrait quelques signes d'irrégularité; qu'en est-il du second?

Touched By The Crimson King, à mon sens, dépaysera à l'instar du premier épisode éponyme plus facilement les fans de Blind Guardian que d'Iced Earth. Comment, en effet, ne pas reconnaître la patte droite de Jon Schaffer dans ces rythmiques saccadées, entrecoupées de plages acoustiques d'une telle pureté? Aucun doute sur la marchandise, c'est bien du boss d'Iced Earth qu'il s'agit. Pour le cas Hansi, même si son timbre inimitable ne laisse guère de place à l'erreur, on sent bien que Demons & Wizards représente pour lui l'occasion d'épurer son style, et de faire correspondre davantage son chant à ce pourquoi le groupe a été expressément créé: du metal. Si bien qu'en comparaison avec ce qu'il a l'habitude de proposer avec Blind Guardian, et malgré des lignes vocales parfois alambiquées - pourrait-il seulement s'en empêcher? -, Touched By The Crimson King semble plus direct et plus simple à l'écoute.

La tournure générale de ce disque se révèle moins sombre et dépressive que celle du premier, très axé sur les ambiances. Hansi a choisi, pour illustrer une grande partie des compositions de Jon, de s'inspirer pour ses textes et ses mélodies de la célèbre saga de Stephen King La Tour Sombre, une histoire gigantesque, prétexte à l'évasion et à l'expression de sentiments fort divers. C'est donc en toute logique que l'esprit global du disque diffère. Jon Schaffer semble vouloir composer du matériel moins radical: les titres très heavy et agressifs sont bien entendu toujours présents ("Terror Train", "Crimson King", "Dorian", etc.), mais laissent, via l'incorporation de breaks et l’utilisation plus systématique de claviers, plus de place au feeling. A écouter, pour s'en assurer, le superbe intermède acoustique de "Crimson King"; le mouvement final de "Beneath These Waves", transpirant la mélancolie, violoncelles à l'appui; les couplets de "Love's Tragedy Asunder"; ou bien encore les ballades, emplies d'une tristesse et d'une émotion quasi-palpables, et pures, si pures... Le mérite n'en revient pas qu'à Jon, loin s’en faut: Hansi démontre une fois de plus son aptitude à trouver la mélodie qui fait mouche, loin des poncifs, en illuminant de façon majestueuse, par ses arrangements vocaux et ses fameux chœurs - même si ces derniers abondent bien moins que dans sa formation principale - d'intenses moments de sentimentalité. "Seize The Day" ou "Wicked Witch" en constituent l'irréfutable et larmoyante preuve. Magnifique, tout simplement.

C'est ce même mélange des styles, cette confrontation, qui fait l'intérêt de Demons & Wizards. Les évolutions de style ci-dessus évoquées de chacune des parties prenantes, qui l'ont bien compris, confèrent au projet plus d'unité, comme si le groupe se forgeait lentement une identité marquée; même s'il est impossible de ne pas reconnaître les individus impliqués. Mais, pour rester dans la continuité du premier album, Touched By The Crimson King n'est pas parfait de bout en bout: manque d'inspiration parfois (un juste bon "The Gunslinger", qui aurait d'ailleurs pu figurer sur le premier disque, musicalement parlant), rythmes étrangement patauds et poussifs d'autres fois ("Dorian", inspirée par Le Portrait de Dorian Gray, est peut-être un aperçu du prochain Iced Earth, qui sait?), voire aussi un poil trop de bienséance orientée people ("Down Where I Am"…) empêchent Touched By The Crimson King d'accéder au rang de chef d'oeuvre incontournable. Il n'en demeure pas moins un très bon album, plus lumineux, plus varié que le premier effort, sans toutefois posséder sa cohérence, en tout cas absolument recommandable aux fans d'Iced Earth et de Blind Guardian. Une valeur sûre.




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