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CHRONIQUE PAR ...

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Lucificum
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 9.5/20

LINE UP

-Johan Jansson
(guitares)

-Ludvig Engellau
(chant)

-Martin Schulman
(basse)

-Ronnie Bergerstahl
(batterie)

TRACKLIST

1)Suicide Throne
2)Revel In Misanthropia
3)Burned Alive
4)Feeding The Armageddon
5)United In Torture
6)Slaughter Of All Hope
7)Unholy Desecration
8)Leipzig 1945 (Part II: Triumphant Eternal)

DISCOGRAPHIE


Demonical - Servants Of The Unlight
(2007) - death metal - Label : Cyclone Empire



« Bonjour cher public !! Aujourd’hui nous accueillons le petit Demonical ! D’où viens-tu mon petit ?
- De Suède.
- Et quel âge as-tu ?
- Tout zuste un an, m’sieur !
- Oooh mais il est tout jeune ! Et tes parents, ils sont dans la salle ? Comment s’appellent-ils ?
- Mon papa, il s’appelle Edge Of Sanity et ma maman Entombed !
- Applaudissons-les ! Et tu vas nous chanter une chanson, mon petit Demonical ? Comment ça s’appelle ?
- Ca s’appelle "Suicide Throne" et c’est tiré de mon premier album Servants Of The Unlight !
- Allez, on l’applaudit bien fort et on l’écoute ! »


Eh oui, le death Suédois old-school semble avoir trouvé un autre représentant. En plus, il vient de Suède, on ne peut donc pas lui reprocher un manque de cohérence. Un manque d’originalité, ça oui, et on ne va pas s’en priver. Fils (indigne) de Edge Of Sanity (période The Spectral Sorrows et Purgatory Afterglow) et de Entombed dont l’influence semble aussi avoir été prépondérante, Demonical ne rougit pas de nous présenter fièrement sa première production qui se range sans complexe dans la case old-school. Ce qui n’est en soi pas une critique ou une mauvaise entrée en matière, mais ce n’est pas comme si tout ou presque n’avait pas déjà été dit de façon infiniment plus intéressante il y a une douzaine d’années.

Demonical comporte un line-up dont les membres se revendiquent comme étant issus de formations comme Centinex, Remasculate ou Interment, qui jouissent très certainement d’une réputation conséquente dans l’underground metal suédois mais dont le nom ne suffit pas encore à en faire ici un argument marketing percutant. De toutes façons, ils pourraient venir de Pétaouchnok que ça ne changerait pas grand-chose au fait que le death metal old-school de Demonical ne casse pas trois pattes à un caribou unijambiste. Comme on l’a évoqué plus haut, ce Servants Of The Unlight se veut un melting-pot d’influences et ne propose rien de bien nouveau. On trouve ce son de guitare bien gras caractéristique de l’époque et ces vocaux tirant entre le growl et l’éraillé. Des ingrédients qui ont déjà fait leur preuve mais qui ne se suffisent pas à eux-mêmes.

Soyons honnêtes, on trouve de bons passages tout du long de ces neuf titres. Les parties bien lourdes de "Slaughter Of All Hope", les rythmes martiaux de "Suicide Throne" ou le côté vaguement Slayeresque de "Leipzig 1945"… les qualités ne sont pas complètement absentes de cette galette : elles sont juste bien rares. Car pour le reste, on oscille entre le déjà vu et le médiocre. Quels que soient les efforts du groupe pour nous faire headbanguer, tout reste dans le passable sans jamais sombrer non plus, il est vrai, dans le franchement mauvais. Coincé entre deux eaux, Demonical perd toute son efficacité en oubliant constamment de faire preuve d’audace et en appliquant bien trop consciencieusement les recettes déjà écrites par les chefs cinq étoiles que sont (ou qu’ont été) Entombed, Grave, Unleashed ou Edge Of Sanity.


Pour un jeune homme boutonneux qui découvre le monde merveilleux du death metal et qui ne connaîtrait pas les groupes suscités, Demonical pourrait faire l’effet d’une bonne baffe en pleine tête, et peut avoir au moins le mérite de faire se tourner ce jeune en perdition vers les monolithes du genre des années 90. Pour les autres, ce premier essai ne restera pas dans les annales et se verra labellisé d’une belle étiquette « un de plus ». Parce que c’est ce qu’est ce Servants Of The Unlight : un disque tout juste sympathique de plus, non-essentiel à qui veut se faire une culture globale du genre mais qui a toutes les chances de plaire aux fans insatiables.


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