2241

CHRONIQUE PAR ...

17
Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 15 juin 2008
Sa note : 12/20

LINE UP

-Sven de Caluwe
(chant)

-Peter Goemaere
(basse)

-Sebastien Tuvi
(guitare)

-Matty Dupont
(guitare)

-Dan Wilding
(batterie)

TRACKLIST

1)Carrion
2)Ophiolatry on a Hemocite Platter
3)I35
4)Pestiferous Subterfuge
5)The Chyme Congeries
6)A Murmur in Decrepit Wits
7)Enterrement of an Idol
8)Hereditary Bane
9)Avarice of Vilification
10)The Obfuscate

DISCOGRAPHIE


Aborted - Strychnine.213



Scalpel… merci. Nous allons procéder à l’ablation du membre inférieur droit. Gangrène à 75%, vous le sentez ? Non, non, sans anesthésie. Docteur, amenez donc une nouvelle scie égoïne, et faites-moi un garrot sur le bras droit de la vict… du patient. Attention, nous parvenons…ah mince. Cette intro a déjà été utilisée pour le précédent album, on va m’accuser de ne pas être inspiré. Ben oui, mais bon, Strychnine.213 ressemble bigrement à son prédécesseur, aussi…

Et ce même si on sent une nouvelle étape dans l’évolution des Belges. Et, un peu comme Cryptopsy et son dernier album, Aborted continue de diviser la communauté de ses fans en persistant et en signant dans son optique de rendre sa musique plus claire, un poil plus abordable et mélodique que par le passé. Nouveau bassiste, nouveau batteur, une énergie toujours aussi intacte : malgré une évolution indéniable, Aborted continue de faire partie du fer de lance du death metal d’aujourd’hui. Pas de raison de paniquer, les blasts sont toujours autant de la partie malgré le jeune age du nouveau batteur, et le chant de Sven est toujours aussi extrême, partagé entre growl râpeux et hurlements hystériques. Aborted reste également complexe et dense, les riffs se suivant (et se ressemblant parfois un peu), les breaks abondent et les structures se tordent en tous sens : comme son prédécesseur, Strychnine.213 n’est pas un album très facile à aborder et à digérer.

Et ce malgré la présence de soli plus fréquents, d’un poil de guitare acoustique, de samples et de mélodies. La production, elle, est quasiment identique à celle de Slaughter And Apparatus : A Methodical Overture, propre et un tantinet trop lisse pour les amateurs de gros death crade et brutal. Assez court (environ trente-sept minutes de musique), Strychnine.213 procure comme son prédécesseur un sentiment de fatigue auditive sur la longueur, dû entre autres aux très fréquents changements de rythme, breaks et autres parties de guitare alternant entre riffs d’outre-tombe et montée dans les aigus. Une chose reste sûre : les amateurs de Slaughter And Apparatus seront à coup sur comblés, malgré les avis négatifs qui ont fleuri sur le net à l’écoute des premiers extraits de l’album. Strychnine.213 (la strychnine étant un poison lent, et 213 le numéro d’une chambre d’hôtel qui servait de repaire à un tueur en série des US qui utilisait ce poison) asseoit donc les Belges, si besoin était, dans leur statut de grand de la scène extrême européenne.


Sans être ni génial ni réellement surprenant, Strychnine.213 remplit son office d’album de death brutal, à savoir décrasser les oreilles et donner envie de secouer la tête. Il y a gros à parier qu’il connaîtra le même succès que Slaughter And Apparatus l’année dernière, mais malgré son talent indéniable et son statut culte, on ne peut pas s’empêcher de penser qu’Aborted pourrait faire beaucoup mieux sans pour autant radicalement changer sa recette.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 3 polaroid milieu 3 polaroid gauche 3