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CHRONIQUE PAR ...

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[MäelströM]
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 14/20

LINE UP

-Ekhi
(chant+basse)

-Thomás
(guitare)

-Unai
(claviers)

-Igor
(batterie)

TRACKLIST

1)Complexity Reducer
2)Soon
3)Metropolitan Death 3
4)No Name
5)As Time Breaks Off
6)Open
7)Apocalypse Night Fight
8)Shibuya Crossing

DISCOGRAPHIE


Delorean - Into The Plateau
(2006) - rock electro - Label : BCore



Quand j’étais petit, je croyais que la Delorean de Back To The Future était une vraie voiture de course ! Je pensais qu’elle existait vraiment et que si l’on n’en voyait pas, c’est parce que ça ne se vendait qu’aux States. Puis j’ai cru que ça ne se vendait plus. Jusqu’à ce que j’apprenne que la marque n’avait existé que quelques années et que le PDG de Delorean avait trempé dans des trafics de drogues pour sauver son usine. Quelle déception ce fut…

Mais voici que, tout droit sorti d’une réaction en chaîne qui viendrait à bout de l’espace spatio-temporel (ou pas), arrive Delorean ! Et le groupe qui pratiquait anciennement un amalgame un peu facile post-punk/hardcore a totalement retourné sa veste pour sombrer dans de la fausse musique électronique. Car si la méthode d’interprétation utilisée par le groupe peut prêter à confusion, le postulat est quant à lui génial : ne jouer que sur de vrais instruments (mis à part des boucles de synthétiseurs) qui modulent de la musique électronique. Une batterie la plus beatbox possible, une basse avec davantage d’effets qu’une guitare de metal-hero, une voix déformée par les coders et l’accent hispa-touch : on jurerait de la musique de DJ ! Pourtant ils sont quatre instrumentistes derrières… et ça roule !

Le mélange interprété par Delorean est d’ailleurs étonnant et se décline en deux phases : le mélange entre electro simplissime, sons emboîtés en sommeil, voire par moments presque ambient ou krautrock (“Apocalypse Night Fight”, “Shibuya Crossing”) / et d’un autre côté les désirs dance et boîtes de nuits à base de sonorités agressives tirées tout droit du break-beat et du drum’n’bass (“Soon”, “As Time Breaks Off”). À l’image de la pochette représentant une mégalopole de nuit vue d’en haut, on ressent parfaitement cette atmosphère futuriste (limite nippone) du début à la fin de l’album. Tout est intelligemment construit pour nous plonger dans des rêveries d’« android cities with electronic people » en ressuscitant Kraftwerk ou Gang of Four, dont les pas avaient déjà été souillés il y a peu (avec plus ou moins de succès) par des groupes comme The Rapture ou Radio 4.

Une atmosphère idéale donc, renforceé par certains passages forts aux rythmes catchy, comme en témoigne l’envie de danser qui prend face à la simplicité de “Soon” ; ou sur l’excellente outro d’“As Time Breaks Off”, qui donne réellement l’impression de survoler un Los Angeles futuriste en pleine nuit noire. Les tentatives pour chercher un brin d’originalité, notamment sur la curieuse fermeture “Shibuya Crossing” aux relents de Portishead instrumental se voient faire mouche une de fois plus. Mais on n’est jamais à l’abri d’une faute de goût et “Open” nous confirme que cette musique est bel et bien composée par des humains (donc faillibles). En fin de compte, seule l’uniformisation du disque joue en sa défaveur et une prise de risque plus conséquente, une recherche plus approfondie aurait permis de le rendre vraiment intéressant. Souhaitons simplement que le prochain album soit très différent, car une méthode comme celle proposée par le groupe ne marche qu’une fois.




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