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CHRONIQUE PAR ...

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Lord Henry
Cette chronique a été mise en ligne le 10 juin 2008
Sa note : 12.5/20

LINE UP

-Joakim Broden
(chant)

-Rikard Sunden
(guitare)

-Oskar Montelius
(guitare)

-Daniel Myhr
(claviers)

-Pär Sundström
(basse)

-Daniel Mullback
(batterie)

TRACKLIST

1)Sun Tzu Says
2)Ghost Division
3)The Art Of War
4)40:1
5)Unbreakable
6)The Nature of Warfare
7)Cliffs of Gallipoli
8)Talvisota
9)Panzerkampf
10)Union (Slopes of St.Benedict)
11)The Price of A Mile
12)Firestorm
13)A Secret

DISCOGRAPHIE


Sabaton - The Art Of War



Je suis bien d’accord avec Sabaton. Ça manquait sérieusement de concept-albums sur le premier livre de stratégie militaire jamais écrit, à savoir L’Art de la Guerre du Général Sun Tzu. Aurait-il pu prévoir, le bougre, que son œuvre empreinte de philosophie et de sagesse antique allait se voir transfigurée, quelque 2500 ans plus tard, en prétexte au headbanging de quelques chevelus ? C’est ce qu’on appelle la rançon du succès. Il y a les grands hommes et il y a les autres.

Gageons que nos amis Suédois auront su fidèlement retranscrire le message originel du Général et toute sa symbolique. Sans doute. Bref, parlons plutôt musique, ça vaudra mieux, et histoire de rassurer d’entrée de jeu le nombre conséquent de fans du groupe, posons que The Art of War se hissera sans mal sur le plan qualitatif en tête des parutions du groupe. L’objet se révèle en effet très soigné, minutieusement produit, et développe un aspect encore plus épique qu’auparavant, notamment grâce à un soin particulier accordé aux chœurs et aux mélodies. Si l’on comparait souvent le groupe à Grave Digger jusqu’alors, on peut aujourd’hui évoquer Rhapsody Of Fire sans être trop déconnant.

Du refrain fédérateur, genre « un pour tous, tous pour un, c’est nous les gentils et on va les fumer », on en trouvera ici onze à la dizaine, et ma foi certains d’entre eux ne sont pas repoussants : "Unbreakable", "Panzerkampf" ou "The Price of a Mile" invitent sans détour à l’époumonage de guerrier, avec des mélodies qui accrocheront l’oreille des aficionados aussi rapidement qu’elles exaspéreront celles des réfractaires à toute forme de rigidité musicale. Car il faut bien l’admettre, Sabaton pratique une musique qui ne laisse aucune place à la fantaisie, au groove, à la surprise, bref au « fun ». Le pont tombe inéluctablement après le couplet, il sera inexorablement suivi du refrain, on le sait, on s’y attend, et on subit. On apprécie, le cas échéant…

Seul "Unbreakable" tend à rompre un tantinet la monotonie structurelle des compositions, mais pas de quoi sortir les Doliprane non plus. Non, le propre du Sabaton cuvée 2008, c’est de balancer du refrain hymnesque, surgonflé par une abondance de chœurs – masculins ET féminins – et du rythme appuyé. "Union" ou "Ghost Division" s’avèrent efficace dans l’entreprise, à la différence de l’indigeste "Cliffs of Gallipoli", au piano déplacé, ou de "Talvisota", multipliant les clichés de manière éhontée. Le speed, chez Sabaton, se révèle dans l’ensemble moins intéressant que le mid-tempo. Le clavier est obsolète – arf, ce "The Art of War " -, la voix est… particulière, mettons – gravier dans le gosier, «r» roulés sous les aisselles -, les guitares sont loin d’être virtuoses, bref, Sabaton sort un disque de heavy symphonique correct, sans plus, ce qui sera toujours mieux que les dernières performances de Hammerfall…


Restent tout de même quelques morceaux bouche-trou, des narrations et interludes sans intérêt, et une fâcheuse tendance à tout miser sur un refrain percutant, quitte à le rabâcher jusqu’à en devenir soûlant ("The Price of A Mile", "Panzerkampf", etc.), quelques faux pas amenuisant l’intérêt que l’on pourrait porter au groupe et à son évolution. Sabaton, malgré tout, semble parti sur une pente ascendante.


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