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CHRONIQUE PAR ...

17
Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 03 juin 2008
Sa note : 14/20

LINE UP

-Cristiano Borchi
(chant)

-David Folchitto
(guitare+chant)

-Francesco Bucci
(basse+chant)

-Pierangelo Giglioni
(guitare)

-Gianpaolo Caprino
(batterie)

TRACKLIST

1)Mare Nostrum
2)Neon Karma
3)Legacy of the Snake
4)Emet
5)The Castaway
6)Scorn
7)And the Wind Shall Scream My Name
8)Dimension: Hate
9)Stormlord

DISCOGRAPHIE

Mare Nostrum (2008)

Stormlord - Mare Nostrum



Mare Nostrum, c’est un peu comme un mille-feuilles ayant légèrement passé la date limite de consommation : la crème a tourné tandis que la pâte feuilletée est encore bonne. Mordre dedans fait donc alterner une couche de délicieuse pâte croustillante et une autre de crème un peu indigeste et rance. Cette dualité rend cet album difficile à juger globalement, mais ne l’empêche pas au final de remplir son rôle en se révélant sur la longueur efficace et puissant.

Stormlord vient d’Italie. Vous le savez, ce pays est fameux entre autres pour ses pâtes, sa mafia, ses pickpockets et ses peintres. Mais pour ses groupes de metal, certainement pas. Hormis Rhapsody, on compte sur les doigts de la main les groupes ayant une certaine réputation internationale, et c’est encore bien pire dans l’extrême, tant le pays est discret, presque morose diront certains. Et pourtant, Stormlord signe ici son dixième album depuis 1993, signe d’une longévité et d’une persévérance qui sont tout à leur honneur. Mais force est de reconnaître que le combo est jusque là resté quasi anonyme en France, et que son abondante discographie n’envahit certes pas les étals de nos disquaires. Et pourtant, Mare Nostrum mériterait un peu de promotion parce qu’il devrait plaire aux amateurs de heavy/black symphonique.

On l’a dit, cet album est inégal. Il commence sur le dévastateur titre éponyme et enchaîne avec le très médiocre "Neon Karma" et ses consonances légèrement Paradise Lostiennes à un moment. Puis vient le très bon "Legacy of the Snake", mélange de gros metal et d’accents arabisants pas forcément très original de nos jours mais indéniablement efficace, tandis que la suite, "Emet", ne dépareille pas avec ce titre aux accents speed-metal surboosté avec hurlements blacks. On se surprend, dans les orchestrations, à évoquer Nightwish ou Within Temptation en remplaçant les chant haut-perchés féminins par du growl en alternance black/death : c’est tout bon. Malheureusement, la crème lourdingue revient à la charge avec une ballade vaguement épique, "The Castaway", sur laquelle on ne s’apesantira pas, vu qu’en elle-même elle est déjà bien lourde.

Heureusement, la fin est plutôt réussie avec le triptyque "Scorn"/"Dimension : Hate"/"And the Wind Shall Scream My Name", même si le dernier titre, "Stormlord", laisse une impression un poil décevante sur ses dernières notes. Le bilan est malgré tout vite fait, on trouve plus à manger qu’à jeter là-dedans. Mare Nostrum possède en outre un argument supplémentaire : sa production, claire et efficace, avec ses omniprésents claviers aux sonorités classiques mais bien amenées et ses orchestrations vigoureuses et dynamiques mises en valeur par des riffs régulièrement très bien trouvés. Il reste donc en bouche une note agréable et sucrée, le tout s’écoutant sans difficulté. Les allergiques aux côtés symphoniques du metal si cher aux Italiens passeront donc bien vite leur chemin, mais les autres - fans de Children Of Bodom, Nightwish, Therion ou Emperor - trouveront avec ce Mare Nostrum un bon melting pot des groupes suscités.


Difficile de faire la part choses vis-à-vis des neuf premiers albums du groupe, vu que ceux-ci sont pour la majorité restés confidentiels en France. Bornons-nous donc à recommander Mare Nostrum aux amateurs de sonorités orchestrales et de metal extrême, malgré tout – et c’est aussi ce qui fait sa force - très accessible et mélodique.


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