2189

CHRONIQUE PAR ...

6
Lord Henry
Cette chronique a été mise en ligne le 28 mai 2008
Sa note : 16.5/20

LINE UP

-Matthew Barlow
(chant)

-Michael Kammeyer
(guitare)

-Toke Skjønnemand
(guitare)

-Jonah Weingarten
(claviers)

-Niels Kvist
(basse)

-Morten G. Sørensen
(batterie)

TRACKLIST

1)Arise
2)Year of the Phoenix
3)Ghost Light
4)Touched By the Mara
5)A Beautiful Death
6)Legacy in a Rhyme
7)Caramon's Poem
8)The Highland
9)Shadow of the Beast
10)March Through An Endless Rain

DISCOGRAPHIE


Pyramaze - Immortal



C’est en deux albums que Pyramaze a su installer sa légitimité sur la scène metal européenne, deux albums étonnants de maturité, très bien composés et habilement produits. C’est déjà en soi une belle performance pour ce groupe danois, qui a su tirer profit des forces en présence : tous ses membres ont une expérience confirmée. Fort d’une nouvelle recrue de choix en la personne de Matthew Barlow, ex- et re-Iced Earth, Pyramaze transforme l’essai, et même plus encore.

On sent à nouveau le concept hollywoodien derrière Immortal, mais première (agréable) surprise, les comparaisons avec Rhapsody Of Fire ne sont plus du tout évidentes. L’intro et l’outro, symphoniques, emphatiques, résonnantes, restent mesurées et assument leur rôle très simplement, sans être relayées au cours du disque par x interludes et autres narrations. Le reste n’est donc que musique, huit morceaux « traditionnels » dont la force consiste en la mise en exergue d’un style de composition assez original, qui ne laisse rien au hasard. Le fignolage aux petits oignons, c’est confirmé, est la marque de fabrique de Pyramaze.

On distinguera plus aisément sur Immortal les influences musicales du groupe. Pour schématiser, disons que l’aspect progressif se révèlera au fur et à mesure du développement de l’histoire, pour être plus perceptible en seconde moitié d’album ; en particulier avec un "Shadow of the Beast" déclinant à la pelle les rythmes et les ambiances. Des titres comme "Year of the Phoenix" ou "Ghost Light" restent structurellement plus prévisibles, mais demeurent considérablement riches. Les pistes se multiplient : leads de guitare, nappes de claviers, et même lignes vocales, au point de faire passer le plus direct des morceaux pour un modèle du metal mélodique hyper-soigné. Peut-être trop, diront certains…

C’est avec une grande maîtrise que Pyramaze change les rythmes et intègre à ses compositions de splendides plages calmes et émouvantes. Le sens de la mesure propre aux musiciens permet d’éviter les lieux communs, et si la démarche n’a rien de novateur, elle a le loisir, malgré tout, de surprendre l’auditeur. Voyez l’enjoué "Touched By the Mara", à l’esprit fantasy, ou le heavy "A Beautiful Death" riche en harmonies. Le style Pyramaze est bel et bien présent et devient ici évident. Rien n’est à jeter, pas même les soli de claviers, encore une fois très sobres. La production, très reconnaissable elle aussi, est taillée sur mesure à l’ambition des musiciens, et l’on ne saurait souhaiter en entendre une autre. La cohésion est totale.

Niveau chant, d’aucuns regretteront le départ de Lance King, mais le choix de Matthew Barlow se justifie totalement. L’homme possède en effet un timbre unique - que Jon Schaffer, conscient de son impact au sein d’Iced Earth, souhaite sans doute encore exploiter, d’où son récent retournement de veste - mais surtout une versatilité exceptionnelle. Le vocaliste s’intègre ainsi admirablement au dynamisme des compos de Michael Kammeyer. On reconnaîtra sans mal son agressivité sur les morceaux les plus lourds ("Ghost Light", "Year of the Phoenix") mais on découvrira peut-être sa capacité de retenue sur la superbe ballade piano-voix "Legacy in a Rhyme". Les lignes vocales entremêlées et les mélodies parfois chiadées pondues par le guitariste lui réussissent admirablement. Difficile de croire que Pyramaze parviendra à le retenir très longtemps, alors profitons.


Immortal place Pyramaze dans le peloton de tête des groupes de metal mélodique « recherché », grâce à une pertinence et un professionnalisme assez rares dans le milieu. L’album promet de belles émotions à chaque écoute, et surpasse son prédécesseur grâce à un affinement du style et une prise de distance supplémentaire par rapport aux clichés du genre. Un disque conseillé.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 4 polaroid milieu 4 polaroid gauche 4