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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 14.5/20

LINE UP

-Anthony Kiedis
(chant)

-Flea
(basse)

-John Frusciante
(guitare)

-Chad Smith
(batterie)

TRACKLIST

Disque 1 "Jupiter":

1)Dani California
2)Snow ((Hey Oh))
3)Charlie
4)Stadium Arcadium
5)Hump de Bump
6)She's Only 18
7)Slow Cheetah
8)Torture Me
9)Strip My Mind
10)Especially in Michigan
11)Warlocks
12)C'mon Girls
13)Wet Sand
14)Hey

Disque 2 "Mars":

1)Desecration Smile
2)Tell Me Baby
3)Hard to Concentrate
4)21st Century
5)She Looks to Me
6)Readymade
7)If
8)Make You Feel Better
9)Animal Bar
10)So Much I
11)Storm in a Teacup
12)We Believe
13)Turn It Again
14)Death of a Martian

DISCOGRAPHIE


Red Hot Chili Peppers - Stadium Arcadium
(2006) - pop rock - Label : Warner



C'est presque dommage que les Red Hot Chili Peppers soient devenus un groupe de classe mondiale que tout le monde connaît. Si ce n'était pas le cas, on pourrait faire des jeux, comme faire écouter à quelqu'un le funk-métal endiablé de Mother's Milk puis la pop guimauveuse de By The Way et tenter de le convaincre qu'il s'agit du même groupe. On aurait sûrement du mal, tant l'écart musical entre ces deux albums illustre l'évolution artistique du groupe (et son évolution commerciale, au passage). Ayant déja sorti au moins deux albums-références dans leur style -Blood Sugar Sex Magik et Californication- que reste-t-il comme objectif pour le quartette californien? Redresser la barre après la catastrophe By The Way pourrait être un bon début…

Divisé en deux faces (Mars et Jupiter), Stadium Arcadium permet dès le début de se rassurer au moins sur un point : Rick Rubin est revenu à une production totalement limpide digne du groupe, et arrive même à surpasser le son Californication pourtant remarquable. Autre point commun du petit dernier avec ledit album : un sens de l'épure que les chœurs surchargés avaient effacés entre temps. Pas ou peu d'artifices ici mis à part quelques rares dédoublages : juste quatre gars doués qui jouent ensemble et qui balancent leurs compos sans en faire trop. Mises à part ces similitudes avec Californication dans la simplicité et le côté direct des morceaux, Stadium Arcadium annonce le retour d'une autre caractéristique perdue en route : le groove monstrueux à la Blood Sugar Sex Magik.

Flea a enfin retrouvé l'usage de son pouce, et il slappe toujours aussi bien. Totalement absente de By The Way (mis à part le morceau-titre) l'énergie funk refait surface sur Stadium Arcadium d'une manière bienvenue, via certains morceaux salvateurs qu'on n'osait plus espérer du groupe. "Hump De Bump", "Warlocks", "Storm In A Teacup", "Turn It Again Tell Me Baby" ou "So Much I" sont imprégnés de l'esprit Blood Sugar Sex Magik (le chant rappé en moins, ce qui est dommage) et font headbanguer à loisir, les deux derniers titres étant même de sérieux candidats au statut de classiques. Ca fait vraiment plaisir d'entendre Flea et Frusciante se lâcher, le guitariste étant pour sa part particulièrement inspiré et délivrant moult rythmiques groovy à la wah-wah et soli pétris de feeling. Il ressort même la distorsion de temps en temps, ce qui casse la monotonie d'un son clair qui reste tout de même très linéaire.

Les titres funkisants alternent avec une floppée de titres pop qui lorgnent vers les ambiances douces et contemplatives de Californication, avec plus ou moins de succès. Si le riff mélodieux et la mélodie vocale de "Snow (Hey Ho)" s'incrustent dans le cerveau de manière définitive, pas mal de titres de cette orientation se contentent de pointer du doigt le feeling de Californication sans l'égaler. "Slow Cheetah" n'est pas aussi émouvant que "Road Trippin'", la ligne de basse de "C'mon Girl" ne suffit pas à rendre le titre ineffable, et Kiedis a beau mettre la dose niveau émotion dans "If" ça n'égale pas ce qu'il a pu faire avant sur "Porcelain". En gros Stadium Arcadium tire à la fois vers Californication et Blood Sugar Sex Magik, mais sans atteindre le génie de ces deux albums…

Il reste quelques chansons sur ce disque qui sortent du carcan des deux albums en question, et certaines sont de petites pépites. Les Red Hot Chili Peppers sont toujours des musiciens d'exception et ils réussissent à atteindre un niveau supérieur lorsqu'ils expérimentent, tout en gardant ce sens de l'épure qui leur est propre. Malgré un pont calibré, "Especially In Michigan" propose un refrain et des couplets très intéressants au niveau basse/guitare, "Hard To Concentrate" est un petit joyau d'ambiance calme sur lequel tout est parfait : la complémentarité des quatre musiciens est bluffante et permet au groupe de pondre un chef d'œuvre de calme et de beauté. Elle s'enchaîne de plus à "21st Century" qu'un effet sur la basse rend irrésistible, alors que les effets de "We Believe" en font une très bonne compo hypnotique.


On retiendra donc que les errements de By The Way sont terminés et que c'est bien bon. Que l'album est exagérément long et qu'il aurait pu sans souci se passer de certains titres loin d'être impérissables ou franchement redondants, comme "Strip My Mind", "Wet Sand" et autres "Desecration Smile". Que la division entre deux parties semble être totalement aléatoire car chaque type de chanson (funky, pop/rock, expérimentale) est représentée sur chaque face. Et que les nouvelles voies ouvertes par les titres expérimentaux sont presque toujours intéressantes, à l'exception du pénible "Readymade" dont le riff à la Rage Against The Machine lasse très vite. Tout ça fait que sans avoir retrouvé les Red Hot Chili Peppers qu'on a adorés, on a déjà retrouvé les Red Hot… Et ça, c'est diablement encourageant.


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