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CHRONIQUE PAR ...

8
Alexis KV
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 13.5/20

LINE UP

-Mickey
(chant)

-Beber
(guitare)

-Kemar
(guitare)

-J-Fi
(basse)

-Syl
(batterie)

TRACKLIST

1)Opening
2)Rupture
3)Through the Mirror
4)Perpetual Movements
5)Beauty with Painful Thorns
6)No Life
7)Crève
8)N x M x E
9)(I am) The Snake
10)Flow of Suffering
11)Knowledge Needs Pain
12)Culture of Hatred
13)Face your Fear
14)4 Seasons
15)Waste of Senses
16)Closing

DISCOGRAPHIE


Recueil Morbide - Waste of Senses
(2006) - death metal - Label : Rupture



Dans le vocabulaire du choniqueur moderne — et du djeunz branché en règle générale — « mickey » est un terme péjoratif, couramment utilisé comme synonyme plus haut en couleurs de « petit rigolo ». Alors, vous pensez bien que le chroniqueur sardonique et impertinent voyant un tel pseudonyme dans le line-up d'un groupe de brutal death se demande de suite comment il pourrait user de cet élément en guise de petite touche assassine. Et éventuellement caser une petite référence au père Disney. Mais cette fois-ci, ça ne passera pas. Parce que Recueil Morbide, c'est pas un groupe de marioles.

Et le susnommé Mickey est probablement l'homme le moins rigolo du groupe. Prenez un growl de goret furibond, rajoutez-y des vociférations hardcore vraiment pas contentes de la vie, et même, par moments, un beuglement limite thrash qui vient direct des tripes : et ben Mickey, c'est tout ça à la fois. Tout ça, sur fond de brutal death sans compromis tirant vers la violence du grind. Si vous voulez du blast à tout va, préparez-vous à en encaisser un max avec Waste of Senses : si l'on fait abstraction des deux petites plages d'ambiance en guise d'intro et de conclusion, l'album déverse sur vous, fortuné auditeur un brin maso, un déluge bien nourri de riffs défiant des notions totalement ringardes et dépassées comme la cohérence et l'harmonie.

Sachant que c'est le minimum syndical que l'on attend de tout album du genre qui se respecte, reste à poser les deux autres questions primordiales : «sombre-t-on dans la redite fatigante ? » et «ça tabasse bien leur truc, ou bien ? » Dans les deux cas, difficile de donner une réponse tranchée. Le côté « originalité » ne semble pas être, de toute évidence, une priorité pour Mickey et Cie. Cela se révèle assez gênant quand on se retrouve face à des ambiances et des riffs que l'on croirait piochés directement chez d'autres artistes, tel ce “No Life” aux relents de Morbid Angel un peu trop prononcés.

Mais en règle générale, même si le seul élément qui nous permettrait de dire « voilà la touche Recueil Morbide » consiste en les fameuses prouesses vocales de Mickey, la galette devrait avoir le temps de faire quelques bons tours dans votre platine avant de lasser. À certains moments, le groupe surprend sincèrement par des passages osés, avec en première ligne le titre “Flow of Suffering” : une trame principale grandiloquente tout en tremolo à la black metal, un break pour le moins atypique et enfin une mini-outro acoustique qu'on n'attend pas vraiment dans un album de cette trempe.


Reste à espérer que le talent de Mickey demeurera indemne, que la production bien drue restera à son niveau, et que les moments d'audace se feront plus nombreux : c'est tout le mal que l'on souhaite à Recueil Morbide pour son prochain effort.


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