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CHRONIQUE PAR ...

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Lucificum
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 15.5/20

LINE UP

-Gerd Lücking
(batterie)

-Tomi Göttlich
(basse)

-Michael Seifert
(chant)

-Simone Wenzel
(guitare)

-Uwe Lulis
(guitare)

TRACKLIST

1)Vi Seglar Mot Miklagard
2)Sweden
3)Free
4)On The Edge Of Life
5)Ulfberth
6)The Rus
7)Kiew
8)Aifur
9)Taste Of Steel
10)God Of Thunder
11)Our Backs To The Wind
12)Miklagard
13)The Uprising

DISCOGRAPHIE


Rebellion - Miklagard
(2007) - thrash metal speed metal - Label : Massacre



On dit que l’argent n’a pas d’odeur. On pourrait en dire autant pour la musique, d’une certaine façon. Pourtant, il y a clairement des oeuvres qui respirent certaines fragrances. On se retrouve le nez plein d’un bouquet d’odeurs à la simple écoute d’une chanson, renforçant l’atmosphère amenée par les musiciens, quoique le résultat puisse parfois être surprenant. A l’écoute de cet album de Rebellion, j’ai humé des relents de bières, de sueurs, de poils et de barbes. Des odeurs typiquement masculines, un peu sauvages. Des senteurs de peaux séchées, de bois humides, d’embruns salés. Des odeurs fières et indomptables. Qui ont écumé les mers sur de puissants drakkars...

Ça sent le viking, quoi. Et ça tombe fabuleusement bien, puisque c’est précisément le concept de ce Miklagard, sous titré «History Of The Vikings Volume II». Car oui, il y a bien eu une première partie, fort bien amenée d’ailleurs. Cette galette est donc le quatrième album de nos conteurs Allemands, qui torturent depuis 2002 nos équipements hi-fi. Ce concept se veut très précis historiquement, et de l’aveu du groupe, de nombreuses recherches et documentations furent effectuées pour coller aux données actuelles sur cette peuplade fascinante qu’ont été les Vikings. Mais tout de même, ne chaussez pas vos lunettes, on n’est pas là pour étudier leur apport au commerce du bronze et du lin dans l’Europe moyenâgeuse, mais plutôt pour parler des guerres et des sagas épiques qui en ont découlé.

Épique : le mot est lâché. L’album commence par une petite plage avec une narration en Suédois pour montrer à l’auditeur qu’on est pas là pour rigoler, et que quand on tient un chouette concept (qui soit dit en passant a déja été traité jusqu'à plus soif par des tas d'autres groupes), on va jusqu’au bout. Et ça marche : on se retrouve très vite plongé quelques siècles en arrière. Les premiers coups sont portés avec "Sweden", et là on se souvient subitement à qui l’on a vraiment affaire. Uwe Lulis et Tomi Gottlich, principales têtes pensantes du groupe, viennent de Grave Digger, et ça se sent. On retrouve ce style gras, aux riffs énormes, alliant puissance et mélodie, finesse et brutalité. Et quand on entend la voix de Michael Seifert, incarnation de la virilité et de la mâlitude, on se dit que le choix d’un (double) concept album sur les Vikings coulait de source.

Toutefois, dans cette tempête de testostérone, on est surpris de voir que le deuxième guitariste est en fait une deuxième guitariste. Mais pas d’affolement, pour mignonne qu’elle soit, la donzelle en remettrait à plus d’un bonhomme sur la question des riffs tranchants et ne contribue aucunement à adoucir l’ensemble : la femme Viking ne faisait pas la guerre mais jouissait d’un statut important dans leur société. Vous aurez au moins appris ceci en lisant cette chronique. Rebellion a décidé de mettre les bouchées doubles quant à la production, et le son s’en ressent : les guitares sont énormes, la batterie est martelée telle les tambours de guerre amenés sur leurs drakkars (vous aurez aussi appris ça, tiens) et la basse ronfle sourdement derrière tout ça. Et toute cette puissance est mise au service de la musique et, vous l’aurez compris, du concept.

Les meilleurs titres de cet opus sont sans conteste les plus rapides. "Sweden" et son refrain énorme, mais aussi "On The Edge Of Life" et ses cavalcades endiablées, "Ulfberth" et ses voix à la limites du growl ou encore "Taste of Steel" et ses rythmes thrash. Seifert impressionne vraiment : ses capacités vocales lui permettent de grogner, hurler, menacer et ce toujours avec puissance et crédibilité. Le chant lyrique ? Il ne connaît manifestement pas, et c’est tant mieux. Il n’en est que plus agressif. Preuve en est sur le mid-tempo mélodique "Miklagard", où on le sent moins à l’aise en voulant se faire plus lyrique. L’album se conclut sur une longue pièce de sept minutes "The Uprising", qui clôt cette saga avec brio, alternant les passages mélodiques, les solos et encore une fois, les refrains ravageurs.


Alors lorsque s’estompent les dernières notes de guitare acoustique qui achèvent l’album, que nous reste-t’il ? Eh bien rien de moins qu’un très bon album de speed/thrash metal bien burné, bien mené et bien produit, qui réveille en nous des instincts d’invasions, de clans et puis aussi de pillages, de viols et de meurtres : les Vikings n’étaient pas des gentlemen (notez encore ceci sur vos calepins, interro écrite la semaine prochaine). Les titres en mid-tempo comme "Free" se veulent un peu moins intéressants mais ils ne sont pas majoritaires et permettent même à ce bon Seifert de nous faire profiter de ses capacités en screaming ("The Rus"). Bref, Rebellion reprend le flambeau tenu de la main vieillissante de Grave Digger et semble avoir suffisamment d’énergie en réserve pour ravager les côtes de nos contrées paisibles, voler notre or et renommer nos enfants Ulf ou Rühn. Houlà, il flotte comme une odeur mâle de transpiration, ici. J’me suis bien mis du déo ce matin, moi ?


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