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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 4.5/20

LINE UP

-Chris Menta
(tout)

TRACKLIST

1)The system L.A.M.B / Escaping the kennel
2)The broken Covenant
3)RazorDog ( playing at the Lucy Fairy's Club)
4)H.T3.S ( Heroic Tale Turning To Shit )
5)A girl caught in Sexylvania
6)Chalice of sin
7)Vindicative
8)Niaguido
9)Assabrah Kulta
10)Long way atlantis

DISCOGRAPHIE


Razordog - Lucy Fairy's Club (demo)
(2005) - gothique indus - Label : Autoproduction



Il y a des gens qui ont de l'ambition artistique, et Chris Menta est de ceux-là. L'homme a pris sur lui d'enregistrer cet album seul, jouant de tous les instruments et se décarcassant à programmer ses samples et pondre ses concepts. Car Chris Menta fait dans le conceptuel satanique, et ne croyez pas à un gimmick: quand on remercie la magie et le créateur de l'église satanique Anton LaVey dans son livret c'est qu'on est un true evil one. Razordog est donc l'expression de son monde intérieur fait de haine misanthropique et d'amour de l'Art… Et il n'est pas beau à écouter, ce monde intérieur, oulà non.

Chris Menta est un personnage aux talents très divers, et surtout assez inégaux. Par exemple il chante plutôt mal… Il passe sur cet album un certain temps à déclamer, minauder et sussurer ses textes à défaut de les chanter, ce qui passe assez mal sur la longueur. Par contre il joue plutôt bien de la guitare, et sans être technique il possède indéniablement un certain talent pour écrire et jouer des riffs assez accrocheurs. Mais il n'est pas très bon producteur, et on sait qu'une production gâchée peut réduire à néant n'importe quel travail. Il faut dire que le son des Red Bitch Studios n'est pas ce qu'on fait de mieux, et la guitare rythmique de cet album sonne incroyablement cheap. Pour la lead c'est très inégal: on passe de sons clairs assez cristallins à d'autres presque effrayant de Bontempitude. Quant à la batterie programmée, elle est totalement ridicule.

Décrire la musique de Razordog n'est pas une mince affaire. L'ombre du métal gothique plane sur les compos et la prééminence des effets indus et autres gimmicks programmés rappelle parfois Marylin Manson dans la démarche, mais la patte de Menta est omniprésente et n'importe qui s'y connaissant un minimum identifiera qu'il s'agit du projet d'un seul homme. En effet les titres sont décousus, très fortement "conceptuels" dans leurs breaks et leurs digressions mélodiques. Tout ça est assez cérébral… mais également lassant car beaucoup trop uniforme dans l'approche. Une fois que le son de guitare saoulant, les rythmes alambiqués et les arpèges bizarroïdes se sont installés on a toutes les cartes en main, et la voix a beau être constamment trafiquée elle est très vite répétitive et finit par sérieusement entamer la patience de l'auditeur.

L'accalmie de ce Lucy Fairy's Club (haha, quel titre à tiroirs) c'est cette micro-ballade acoustique très jolie qui le coupe en son milieu. C'est de la guitare classique à l'espagnole, un son doux et arpégé qui apaise et dénote d'un toucher certain. Sauf qu'après une minute l'ami Menta casse tout en balançant des nappes de claviers soi-disant mystérieuses et une narration soi-disant maléfique qui font se lamenter bruyamment car on y avait cru l'espace d'un instant. C'est pompeux, c'est ridicule, c'est l'équivalent musical d'un nanar d'horreur aux effets spéciaux à deux euros qu'on mate entre potes en se marrant… en bref c'est complètement raté. Les aboiement de chien de la fin confirment qu'on est effectivement en face d'un navet musical, et à partir de ce moment il est impossible de prendre Razordog au sérieux.

Razordog c'est donc de la série Z totale, un ovni dans le mauvais sens du terme. Si c'était dénué d'ambition ça pourrait être amusant, mais Chris Menta se la raconte un maximum et ça fait presque peine. Il faut l'entendre scander ses textes avec le ton du prédicateur qui s'adresse à la foule conquise alors que la musique derrière pourrait être parodique tellement elle est nulle... Les seuls moments dans lesquels il assure un minimum sont les passages mélodiques purs, à l'image de "Chalice Of Sin" dont les ambiances contemplatives arabisantes sont assez réussies. Ce sont les seuls moments durant lesquels Menta semble cesser de se prendre pour un Artiste Salvateur Visionnaire et se contente de faire une chouette chanson. Ca ne fait pas de lui un bon chanteur, mais c'est agréable à écouter pour une fois.


Le reste de l'album retombe dans les travers propres au "groupe": ambiances ratées, chant insupportable et surtout ce côté pompeux et grandiloquent qui prête à rire. On trouve çà et là un passage atmosphérique plutôt réussi, car Menta conserve un talent indéniable dès qu'il s'agit de poser quelques arpèges aériens pour faire rêver. Le problème c'est qu'il s'entête à faire ce pour quoi il n'est pas doué et s'enfonce un peu plus à chaque titre. Les nappes de guitares sur fond de prédication sont vraiment horripilantes et c'est pourtant ça qu'on retrouve le plus souvent. Lucy Fairy's Club est donc un authentique ratage et une des pires démos qui me soient passées entre les mains. Prévenez vos amis de ne jamais l'acheter, et conseillez-le à vos ennemis…


*on m'informe dans mon oreillette que le disque en question est « une récupération de vieilles bandes enregistrées [...] au service d'un concept destiné à un cinéaste qui avait demandé [à Chris Menta] une telle production. Il fut édité plus tard à la demande de fans qui suivent Chris Menta depuis des années, et qui connaissent donc l'histoire de ce produit qui est présenté comme un livre abstrait. ». Ces informations contredisent pourtant les sources en ligne (myspace et site officiel de Razordog) qui le présente comme un réel album que Chris Menta aurait pensé comme l'expression musicale d'une nouvelle écrite par lui. A vous de voir...


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