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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 6.5/20

LINE UP

-Rob Lind
(chant)

-Jeff Gunnels
(guitare)

-Mike Gayten
(guitare)

-Keith Bennet
(basse)

-Tim Nycek
(batterie)

TRACKLIST

1)The Other Side
2)Kill A Celebrity
3)Days Of Revenge
4)Ramallah
5)Drink the Kool-Aid
6)Oscar Cotton
7)Brother Malcolm
8)The Horror And the Gag
9)Shock And Awe
10)Act of Faith
11)Just Walk Away
12)Heart Full Of Love
13)The Other Side (reprise)
14)A Day In The Life
15)If I Die Today
16)Bye-bye

DISCOGRAPHIE


Ramallah - Kill A Celebrity
(2005) - hardcore - Label : Thorp Records



Les Ramallah l'annoncent haut et fort: ils sont très fâchés. Ils sont contre la mort, la maladie, la guerre et la misère. Et ce n'est pas tout: ils sont également contre le bizness, le bling-bling, MTV, Paris Hilton et Robbie Williams. D'ailleurs pour exprimer ce rejet des choses pas bien ils ont décidé de faire de la musique violente, c'était logique. Du punk-hardcore même, car c'est la musique de ceux qui protestent. Mais bon, à un moment il fallait arrêter la révolte stérile et adolescente et accéder à une certaine forme de maturité artistique: Ramallah a donc décidé d'enrober tout ça d'une grosse tartine de mélodies pop sucrées et de sons synthétiques à la Linkin Park, histoire de prouver qu'ils sont aussi des hommes sensibles avec un petit cœur tout chaud qui bat fort, quoi. Ha ha ha.

C'est fou comme un même chanteur peut s'adapter à plusieurs styles pour peu qu'il travaille son phrasé. Quand il crache sa haine du monde sur de gros riffs hardcore straight-edge le brailleur de Ramallah est tout à fait classique et crédible, dans la lignée d'un Barcode. Le title-track "Kill A Celebrity", bien speed-punk, le voit briller dans ce rôle… Mais dès le troisième titre "Days Of Revenge", le «Check! Check!» qu'il balance en entrée fait peur, à raison. Car sur un fond de clavier incroyablement Linkin Park dans l'esprit, son flow devient totalement rap sans pourtant rien perdre de sa violence. Ce titre est un bon condense du paradoxe Ramallah: il est tour à tour violent, groovy et incroyablement mielleux et simplet. Les chœurs font froid dans le dos! Un autre groupe a tenté ce type de rapprochement entre musique foncièrement violente et haineuse et musique foncièrement commerciale et pop: Evergreen Terrace, dont l'album Sincerity Is An Easy Disguise In This Business reste un des exercice de style les plus poussés dans cette recherche. Seulement voilà, eux avaient pris deux styles à la racine commune, le thrash-punk et le pop-punk. Ramallah essaye de lier punk-hardcore et nu-metal… Comme vous le voyez à la lecture, le dénominateur commun manque.

Le plus étrange dans cet album, c'est que la double orientation n'est absolument pas assumée sur chaque titre. Deux bons tiers de l'album donnent dans un hardcore old-school tout à fait crédible, et certains titres sont même efficaces et pourraient séduire sans problème une assemblée de coreux venus pogoter dans la joie à un concert du groupe. Mais ce concert dégénèrerait en émeute sanglante au premier titre "commercial" du groupe: je vois mal un public hardcore encaisser qu'une formation capable d'assurer dans la violence honnête se fourvoie à ce point dans le rock à boutonneux formaté… Act Of Faith est une insulte à tout mélomane, Oscar Cotton est une authentique bouse dans laquelle on trouve des chœurs à faire fuir une fan d'Avril Lavigne tant ils sont niais et où le chant agressif semble vraiment hors de propos: il semble là pour assurer une vague caution artistique au morceau, le maintenir dans le champ du méchant. "The Horror And The Gag" porte bien son nom: le riff d'entrée HxC fait bien taper du pied mais le passage nu-metal et ses "na-na-na-na-na" donne réellement envie d'envoyer le CD par la fenêtre.

Mon goût assumé pour Linkin Park me vaut souvent des railleries, mais au moins je sais faire la différence entre du nu inspiré et du nu de merde. Quand Ramallah sort les pianos et se lance dans la musique à pom-pom girls c'est tellement mauvais que c'en est effrayant. C'est de la guimauve. C'est de l'accrocheur à deux balles, de la formule usée à la limite du nauséabond comme la démarche du groupe dans son ensemble d'ailleurs. C'est bien joli de haranguer le chaland sur ce monde pourri qui fait du mal aux gens et vend de fausses valeurs creuses et scintillantes, mais le faire en intégrant dans sa musique des éléments caractéristiques de la culture superficielle qu'on attaque c'est vraiment limite. Quand un groupe d'entertainers sans prétention donne dans le commercial gentil, la démarche peut être respectée pour ce qu'elle est… Quand une formation revendique le statut de révoltés honnêtes et purs pour faire au final la même musique, non. Ajoutez à ça une reprise proprement immonde qui défigure le magistral" A Day In The Life" des Beatles et vous aurez une raison de plus de fuir ce truc bâtard et difforme. Pouah.




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