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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 12.5/20

LINE UP

-Per Johansson
(chant+claviers)

-Heidi Johansson
(chant+claviers)

-Søren Hoff
(guitare)

-Kasper Gram
(basse)

-Mikael Skou Jørgensen
(batterie)

TRACKLIST

1)Intoxicated
2)Bang Bang
3)In My Life
4)Color Us Blind
5)Survived
6)Lost My Faith
7)My Dearest One
8)I Am Who I Am
9)Spritually Possessed

DISCOGRAPHIE


Ureas - The Naked Truth
(2006) - gothique - Label : Locomotive Records



Un couple marié qui fait du métal, que c'est mimi! Si cela semble peu courant c'est que certains groupes évitent consciencieusement de diffuser l'info, ou mentent carrément pour garder une image plus «métal» (comme Sabina et Andy Classen d'Holy Moses, faussement frère et sœur). Quoiqu'il en soit, les époux Johansson ont recruté ce qu'il fallait de musiciens pour jouer leurs compos, et voilà le premier album d'Ureas produit par Tommy Hansen, mixture improbable de metal goth à l'ancienne et de feeling moderne lorgnant sur Evanescence. Etrange et pas inintéressant…

Il est impossible d'écouter les premières secondes de "Intoxicated" sans penser à Evanescence : les quelques notes de piano égrenées, le fond un peu electro, le riff de guitare simpliste et purement rythmique, la voix féminine fragile et passée au vocoder… Mais dès que la chanson décolle la donne change, pour raison de Per Johansson derrière le micro. Sa voix est en effet digne d'éloges : il sait passer d'un côté nasillard et groovy (on penserait presque à Phil Collins par moments) à un chant lyrique et puissant presque digne d'un groupe de true metal allemand. Rien que cette voix hors normes confère à Ureas une identité spéciale, sachant que Per assure les deux-tiers des vocaux, Heidi se contentant d'un rôle de contre-chant le plus souvent.

Le parallèle avec Evanescence se confirme dans l'efficacité brute de titres catchy comme "Bang Bang" ou "Seven Days Weekend"… Mais quand le groupe décide de composer une musique plus profonde c'est l'ombre de Paradise Lost qui s'impose. Les refrains de "In My Life" sont trop métal pour être étiquetés MTV-friendly… mais les couplets au piano chantés par Heidi sont pop au possible, eux, par contre. Ce clash constant entre optique visiblement commerciale et approche plus "crédible" est sans conteste la marque de fabrique d'Ureas, et donne des résultats allant du bon au médiocre. Par exemple la ballade "Colour Us Blind" est très hypnotique et sa mélodie reste en tête fort longtemps, mais la nullité crasse des paroles («Blood is red, hate is black, truth is blue», pardon quoi…) ainsi que la longueur du tout finit par lasser, malgré l'intervention de Matthias IA Eklhund à la guitare.

On compte de vraies réussites comme la power-ballade épique "Survived" dans laquelle la voix de Per impressionne franchement par sa dimension lyrique… surtout quand il balance un registre totalement sleazy de canard qui rappelle les grandes heures du hard eighties juste après sur le catchy "Lost My Faith" ! Problème : si les variations vocales du bonhomme sont impressionnantes, le registre hard rock convient beaucoup moins à son groupe que les recherches mélancolico-goth. Dans la série curiosités, "My Dearest One" ne sait pas trop trouver sa place entre ballade, titre heavy lent et mélodies folk… Le résultat rend pas mal, quoiqu'un peu répétitif.


Cet album est donc une entité bizarre, alternant les registres avec un taux de réussite inégal et réussissant pourtant à conserver une identité propre au milieu de tout ça. La volonté claire de théâtraliser les titres les plus ambitieux -arrangements, extraits de films, lyrisme- laisse une impression bizarre une fois que les titres les plus directs et formatés single débarquent… Ureas fait le grand écart entre créativité réelle et application de recettes fadasses ("Seven Days Weekend" est pourrie de clichés dancefloor), et désarçonne l'auditeur qui ne sait plus s'il a affaire à une formation sincère et sérieuse ou pas. Cet album bâtard est donc digne de votre intérêt, mais il faudra impérativement poser une oreille sur chaque titre avant de décider si vous l'achetez ou pas, car le risque de mauvaise comme de bonne surprise est grand.


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