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CHRONIQUE PAR ...

5
Fishbowlman
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 7/20

LINE UP

-Ian Gillan
(chant)

-Roger Glover
(basse)

-Ian Paice
(batterie)

-Steve Morse
(guitare)

-Don Airey
(claviers)

TRACKLIST

1)House Of Pain
2)Sun Goes Down
3)Haunted
4)Razzle Dazzle
5)Silver Tongue
6)Walk On
7)Picture Of Innocence
8)I've Got Your Number
9)Never A Word
10)Bananas
11)Doing It Tonight
12)Contact Lost

DISCOGRAPHIE


Deep Purple - Bananas
(2003) - hard rock - Label : EMI



Bananas, j'en aurais mis du temps à m'atteler à la chronique de ce disque. Pourquoi au juste? Parce qu'il n'y a rien à dire tellement ce disque est creux. Face à un tel vide musical et créatif, il est difficile de trouver les mots justes. Petit rappel: depuis Abandon en 1998, chaque musicien y est allé de son album solo. Et Deep Purple n'a pas chômé, loin s'en faut, entre les tournées à rallonges et la sortie du live avec le grand orchestre. Jon Lord, excédé par toutes ces tournées, quittera le groupe pour avoir le temps de se consacrer à ses projets personnels. Deep Purple en 2003, c'est quoi? Sans Ritchie Blackmore, sans Jon Lord et sans chanteur, ce groupe ne ressemble plus à rien.

Que ceux qui, comme moi, espérait un album plus proche de Purpendicular en auront pour leur frais. Bananas se rapproche davantage d'Abandon, le bruit et l'énergie en moins. A la place, Deep Purple nous la joue cool et bluesy! A l'heure actuelle, ce nouveau style convient tout à fait au chant de Ian Gillan, ça lui évite de devoir hurler à toutes les sauces. Il est trop vieux pour cela. Bananas s'adresse à un public très très vieux, je vois mal Deep Purple séduire les jeunes avec un tel album et de toute façon, les jeunes continueront de découvrir Deep Purple avec les vieux albums. Les albums en demi-teinte, on a l'habitude chez Deep Purple, ça fait vingt ans que ça dure. Mais House Of The Blue Light, Slaves & Masters, The Battle Rages On et Abandon, tous ces albums avaient le mérite de contenir quelques chansons qui se démarquent de la masse, qui relèvent le niveau global. Sur Bananas, rien de tout cela, Deep Purple patauge du début à la fin.

Que Bananas soit mou ou plus bluesy ne me pose pas de problème, encore faudrait-il que les chansons soient bonnes. Or, sur la première moitié de l'album, toutes les chansons sont nulles, excusez-moi du peu. On ne retrouve à aucun moment la richesse de Purpendicular, une tare qui est due à l'absence de Jon Lord dans le processus de composition, lui qui avait contribué à rendre Purpendicular si particulier et aventureux. Son remplaçant, Don Airey (Rainbow), ne dispose pas d'autant d'espace que Jon Lord, c'est le moins qu'on puisse dire. Jamais un album de Deep Purple n'avait été si avare de claviers. Et il ne faut pas compter sur Steve Morse pour pallier à ce manque, lui qui est toujours incapable de plaquer un bon riff rock. Il n'a pas de bol Steve Morse quand même, il arrive toujours au mauvais moment: mine de rien, il aura joué sur les plus mauvais albums de Kansas et Deep Purple, quel palmarès!

Pour les six premières chansons, nous avons au programme des parodies du rock, avec en prime des choeurs bien fendards sur les refrains ("House Of Pain", "Razzle Dazzle"), des chutes de studio d'Abandon, l'aspect bruyant en moins ("Sun Goes Down", "Silver Tongue") et des ballades sans intérêt (la pure soupe pop "Haunted" et le bluesy "Walk On"). Passionnant non? La musique est trop axée sur la seule voix de Ian Gillan, c'est bien lui le seul maître à bord dans Deep Purple. S'il chantait bien encore, ça passerait sans problème, mais tout le monde sait que ce n'est pas le cas. Enfin bon, les fans ont l'habitude, on ferme les yeux très fort et on fait comme s'il savait chanter. Steve Morse envoie quand même quelques solos sympas de temps à autres ("Sun Goes Down", "Silver Tongue"), même si l'effet « coup de jeune » qu'il avait apporté au groupe en 1996 n'est plus d'actualité.

Ce qui m'empêche de considérer Bananas comme entièrement mauvais (disons mauvais aux trois quarts ou au quatre cinquième alors), c'est bien la seconde moitié de l'album, plus intéressante à partir de "Picture Of Innocence", il était temps. Bon groove sur ce titre (ça me rappelle un peu "Rosa's Cantina"), bon travail à la guitare, idem pour "I Got Your Number". Le style bluesy semble enfin porter ses fruits et décoller. Mais ça ne dure pas, dommage. "Bananas" (la chanson) est nulle elle aussi, on retombe dans les banalités du début de l'album. Même les duels claviers - guitare ne sont guère convaincants sur ce titre. On repensera à Purpendicular sur les ballades acoustiques "Never A Word" et la courte instrumentale "Contact Lost". Ils ne se sont vraiment pas foulés! L'absence de Jon Lord se ressent une fois de plus. On voit bien que sans son apport, tout cela reste bien pauvre, à mille lieux des "Loosen My Strings", "Sometimes I Feel Like Screaming" ou "The Aviator".

Enfin, l'unique moment novateur de Bananas se trouve sur "Doing It Tonight", très influencé reggae - soul - zouk - disco (rayez les mentions inutiles). Il est délirant ce morceau, avec les « Yeah yeah » utilisés comme des samples, ça fait « d'jeunz » et tout. On peut même danser là-dessus. Jon Lord avouera plus tard en interview ne pas avoir été très enthousiaste à propos de Bananas, même s'il le préfère à Abandon. Une chose est sûre, Deep Purple peut se féliciter d'avoir sorti son plus mauvais album à ce jour. Toutes les autres périodes du groupe, même les moins glorieuses, toutes valent mieux que ce Bananas. Et si le salut passait par le retour de Rod Evans au micro? Au point où en est Deep Purple maintenant, ça ne pourrait pas être pire. Bravo les gars. Et rendez-vous dans deux ans pour un album encore plus nase et avec, si possible, encore moins d'idées.




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