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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 15.5/20

LINE UP

-Gregory Hoepffner
(tout)

TRACKLIST

1)Comalys
2)Alone of pretending
3)Visions collapse
4)washed out
5)Further collapse
6)Excitement of the senses
7)Push the square
8)Taste of unfinished
9)Head-on crash
10)Now we blow
11)Elite

DISCOGRAPHIE


Radius System - Work in Progress (Demo)
(2005) - néo metal - Label : Autoproduction



Radius System n'est pas un groupe: c'est une collaboration. Le sieur Gregory Hoepffner s'est adjoint les services d'Axel Dallou qui joue de la basse sur trois titres, assure des backings et est crédité à la composition et a fait son CD à lui, transposition sur une galette de son univers personnel. Et en voilà un univers personnel touffu: malgré son titre et le discours humble de son géniteur (qui ne se considère pas comme un musicien) Work In Progress est une œuvre accomplie et ambitieuse, fruit d'une réflexion réelle et qui fait preuve d'un talent certain.

Première difficulté: classer cette musique. L'étiquette la plus appropriée serait le néo, mais Radius System ne donne pourtant aucunement dans le jumpy-groovy-yo qui caractérise tant de formations qui se réclament de ce courant musical. Par contre le timbre clair plaintif comme la technique de hurlement de Gregory rappellent de loin un certain Chino Moreno. De même, le riff simpliste et destructeur de Comalys, compo d'entrée, possède ce côté prondément headbangatoire propre au mouvement en question. Idem pour l'alternance des vocaux clairs (beaucoup) et hurlés (un peu), le côté electro de certains plans et l'alternance des ambiances… Mais voilà, Radius System dépasse de loin cette étiquette pesante, qui risque de confiner pour beaucoup leur musique à un genre de produit formaté pour les radios. Work In Progress présente sa dose de titres violents immédiatement accessibles, comme les très accrocheurs "Push The Square" ou "Visions Collapse". Seulement voilà, le dernier titre cité enfile les ambiances comme des perles, et ressemble au final à tout sauf à un single MTV-friendly de par sa complexité et sa recherche mélodique.

"Washed Out", compo à l'intro symphonique, pose encore plus la donne: on est en présence d'un sacré OVNI. Nappes de claviers planantes, ambiances hispanisantes puis énigmatiques à la guitare classique, batterie "tribale", chant mélancolique et inspiré d'abord puis déjanté ensuite, tout ça tape terriblement juste. Ne parlons pas de l'enchaînement des breaks et des atmosphères léchées, ce serait surenchérir… allez, après tout, si, parlons-en. Car en matières d'atmosphères, Radius System n'a de laçons à recevoir de personne. C'est bien simple, chaque titre vient rajouter sa petite touche en matière d'ambiance torturée: du chant maladif de "Further Collapse" à la pop-rock lumineuse et electro de "Taste Of Unfisished" en passant par le rock ternaire et hypnotique de "Head In Crash", cet album étale au final une science des arrangements et de la mélodie qui en laissera plus d'un pantois. Gregory Hoepffner, en plus d'être multi-instrumentiste, y dévoile un talent particulier à chacun des instruments qu'il aborde: les parties de batterie sont fines et travaillées, et l'homme développe à la guitare un feeling mélodique extrêmement agréable.

Donc au final cet album de Radius System a tout pour plaire: suffisamment rentre-dedans pour accrocher les métalleux, il possède cette dynamique à tiroirs qui permettra à tout auditeur attentif de continuer à découvrir des aspects insoupçonnés de la musique de Work In Progress à la enième écoute. On y trouve des ambiances incroyablement cisélées comme dans le dernier titre de plus de sept minutes, "Elite", qui va concurrencer Radiohead sur leur terrain. On y trouve des riffs ravageurs, des passages de piano inattendus, et un chant qui sait passer du lisse au rugueux sans anicroches. Mis à part une production qui pêche par manque de grosse caisse, je ne vois rien à reprocher à ce disque qui possède les avantages d'une musique cérébrale et entraînante à la fois. Avec Le Syndrome De Meurfy de Biocide, la scène française nous prouve en cette fin d'année qu'elle est capable de produire de véritables œuvres. Réjouissons-nous en.




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