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CHRONIQUE PAR ...

18
[MäelströM]
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 19/20

LINE UP

-Thom Yorke
(chant+guitare)

-Johnny Greenwood
(claviers+guitare)

-Ed O'Brien
(guitare)

-Colin Greenwood
(basse)

-Phil Selway
(batterie)

TRACKLIST

1)Airbag
2)Paranoid Android
3)Subterranean Homesick Alien
4)Exit Music (For a Film)
5)Let Down
6)Karma Police
7)Fitter Happier
8)Electioneering
9)Climbing Up the Walls
10)No Surprises
11)Lucky
12)The Tourist

DISCOGRAPHIE

OK Computer (1997)
Kid A (2000)
Amnesiac (2001)
There There (EP) (2003)
Hail to the Thief (2003)
In Rainbows (2007)

Radiohead - OK Computer
(1997) - post rock - Label : Parlophone





**J'ai une fois de plus retrouvé mon ami Johnny. Il n'est pas content de lui.
>Il dit que la garde cérébrale l'empêche de travailler sur son nouveau projet. Mon ami Johnny est musicien, il joue d'un vieil instrument (la guitare) dans un groupe de la vieille école. Heureusement pour lui, mon ami Johnny sait aussi jouer d'instruments moins désuets, comme les synthétiseurs (il est doué). Il tente de créer ce qu'il nomme comme une "déclaration symbiotique à la morosité ambiante".
>Il a trouvé quelques amis, tous sans cartes valides, pour certains repris de justice (notamment pour ouverture à la pensée libérée), et a rejoint la dissidence. Ils tentent tous de créer, même s'ils savent qu'ici, ils sont surveillés. Je ne peux que leur souhaiter bonne chance… Mon ami Johnny est condamné mais il fait ce qu'il pense être juste.

**Mon ami Johnny a de bonnes idées et ses amis aussi.
>Ils ont découvert un entrepôt d'avant-guerre où du matériel était stocké en attente de destruction. Ils ont appelé leur ami Nigel Godrich, qui est venu participer au projet avec eux. Ils pensent que son acquisition rendra leur message audible à nos ancêtres. La naïveté pour la pérennité du passé. Mon ami Johnny et les siens ont découvert un étonnant mélange. Si ce projet est d'avance une victoire (dit-il), c'est grâce à l'alternance. Il sait que son pouvoir s'étend de la rage la plus démentielle à la douceur la plus sensuelle (le Contrôle m'en préserve, je ne suis pas de ces gens-là).
>Il a ainsi élaboré son projet comme un antagonisme né. Une violente déstructuration émotionnelle avec ce qu'elle comporte de paradoxes. Une juxtaposition antipodique d'éléments éphémères. Il a d'ailleurs volontairement construit un projet descendant, un long decrescendo. La descente est rude mais obligatoire (dit-il), de la modulation saturée d'"Airbag" (disto.65) à la langueur épurée de "The Tourist" (reverb + chorus), il sait ce qu'il faut, et donc ce qu'il fait.

>Quand il aborde un "Lucky" spatiale (la conquête n'était à l'époque pas très brillante), il sait pertinemment que la complémentarité des guitares fait à elle seule le morceau. Il sait que les départs sont aussi importants que les temps morts. Car c'est quand s'évanouit la guitare (phaser? flanger? j'ai oublié ce qu'il m'a dit) et que les instruments se taisent qu'apparaît la magnificence du «we are standing on the edge…». Il ne m'a pas dit pourquoi son ami Selway était aussi râpeux dans sa méthode. Mais je lui fais confiance. Peu de gens à notre époque savent encore ce qu'est un bon musicien.
>Peut-être que "Karma Police" (une attaque à peine voilée de la garde cérébrale) est une manière d'homogénéisé le mélange. Difficile de dire si mon ami Johnny a donné son importance à la rythmique (son frère semble presque énervé, il loupe chaque accroche et fait tomber sa note sur la mesure suivante) ou à la mélodie (lui-même et l'ami Thom). Je ne sais encore s'il s'agit d'une incarnation de ce qu'ils appellent mélancolie. Ils ne troublent pas. Ils se contentent d'appuyer un talk-over sur la moitié des pistes. Ils sont surveillés. Toujours.

**J'ai écouté le "Paranoid Android" de mon ami Johnny. Et je n'ai pas compris.
>Pourtant j'ai chaussé mon casque le plus performant, un BE-90 tout neuf. Il me donne clairvoyance de toute subtilité, c'est un outil prodigieux, il m'ouvre au détail. Ce drôle d'arpège (successions de chorus.40, de reverb.65, puis d'enhancer + saturation.50) Et pourtant, je ne saisis par cet amoncellement. Ce passage amer qui ouvre les portes d'une perception sonique que je ne peux travailler, ce break dilué (aucun artifices) qui semble sorti tout droit du paradis, et cette terminaison chaos-earthquake à quadruple-guitares (les camarades O'Brien et frère-de-Johnny étant aussi importants). Je ne me souviens plus du nom. Je ne vois plus clair, dorénavant.
>Sa précédente exhibition nommée Let Down m'est apparue plus limpide. Si les gens la dénient, c'est uniquement car elle représente une simple forme de clarté (en LA), que seuls les vieux dissidents en ermitage pourront déduire. Les dépressifs également. La garde cérébrale ne permettrait pas une telle déclaration utopiste à la naïveté. Une simple tentative (sur un MI-FA#) optimiste (béate) de changer notre conscience. Une chanson féminine. Et c'est pour cela qu'elle en est si belle. Il y a si longtemps que je n'ai vu une seule femme.

**Ils sont arrivés à concrétiser. Mon ami Johnny est heureux, aujourd'hui.
>Lui et Thom ont réussi à donner sa grandeur à "Climbing Up The Walls", un monument à l'érection; de ces Œuvres qu'on écoutait jadis une clope à la main (quand on pouvait s'en procurer), durant un orgasme (quand on pouvait en trouver)… Et à méditer, car ces guitares et cette voix ne sont décidément pas humaines. Ce chorus n'est pas humain. Son ami Thom a tenté de donner un côté répulsif à tant de sentimentalisme. Le BE-90 sur les oreilles, je commence à comprendre. Mes comparses sont androïdes dans une jungle forestière. Je comprends l'annonce.
>Tout comme "Exit Music (For A Film)" me paraît clair. Car il monte infiniment, car si cette variation sur SI n'est pas complète, je sais que Colin (à muff-fuzz.75), a tenté d'imager une autre forme du désespoir, car il tente de décharner sa peur et d'en faire un barrage contre la nappe de Johnny, car c'est un génie. Car son instrument (plus d'actualité, et à jamais mésestimé) est sa seule arme contre la dictature de la platitude néo-constructive ambiante. Une déclaration de soixante-deux médiocres secondes.

**Mon ami Johnny a, je crois, sorti un disque que les gens d'ici ont peur d'écouter.
>Je commence à comprendre. J'entends la garde cérébrale qui rampe dans mon couloir. Je ne me ferai pas avoir. Il me reste mon BE-90. Il me reste une ultime déclaration, car je sais que Fitter Happier est la goutte de pétrole qui a fait déborder le vase. S'il arrive à envoyer. Seulement s'il arrive. Que les gens préviennent. Qu'ils sachent. Qu'ils ne recommencent pas. Pas de répliques. Pas de gardes. Juste le casque. Une déclaration pour sauver l'humanité. Juste ça.
>fitter/happier
>moreproductive
>comfortable
>notdrinkingtomuch
>regular7yuczhd2
>(baby smiling in back seat)
>ggyhf523??id6890
>(baby smiling in back seat)
>6**54355737
>(pragmatism not idealism)
>4*74374734
>…
>…
>…




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