2023

CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 28 avril 2008
Sa note : 15.5/20

LINE UP

-Steingrim Torson
(chant)

-Luctus
(guitare+basse)

-Tiller
(batterie)

TRACKLIST

1)Intro
2)Cursed, Scarred and Forever Possessed
3)Sign of the Zodiac
4)Truth is Truth, Beyond the God
5)All Praise to Thee
6)Gospel of Hate
7)The Demon of Old

DISCOGRAPHIE


Celestial Bloodshed - Cursed, Scarred and Forever Possessed



Des sons stridents, des bruits de chaîne inquiétants, un clocher qui résonne au loin, une guitare sèche qui égraine des accords fantomatiques et quelques gémissements ... Pas de doute, voilà une introduction qui met dans le bain. Pas très originale ... si ce n'est ces accords de guitare sèche. Celestial Bloodshed vous happe dans son monde et il sera difficile d'en ressortir indemne. Un monde fait de noir, de froid et de terreur. Il s'agit de black metal dans sa version la plus pure.

Premier riff ensuite. Lent. Son saturé et glacé. On sent une énorme mélancolie se dégager de ce premier contact sonore électrique. La guitare se fait plus lointaine et ça repart sous un grondement de basse. Point de blast pour le moment. Ils arriveront. Mais ce n'est pas la caractéristique première de ce Cursed, Scarred and Forever Possessed. Ce premier album des Norvégiens est le fruit de plusieurs années de travail et de galère, ce n'est donc pas le résultat d'un effort réalisé dans l'urgence d'un groupe naissant. Et ça se sent. Celestial Bloodshed maîtrise son art. Les riffs froids et tourmentés vont vous dévaster. L'essence même du black metal est parfaitement captée. Et c'est réjouissant d'entendre en 2008 des groupes capables de reprendre la magie de la vague norvégienne du début des années 90 tout en l'adaptant à leur sauce. Car il y a indéniablement une patte Celestial Bloodshed. On peut évidemment reconnaître de-ci de-là du Dark Throne, du Immortal ou du Marduk, références incontournables et hautement recommandables à tout musicien désirant se lancer dans la confection d'un album de black metal. Pour autant le sentiment qui domine est que nous avons avant tout affaire à Celestial Bloodshed.

Et c'est bon. Entendre un groupe affirmer sa personnalité dans un milieu gangréné par la copie de copie est toujours réjouissant. Qui plus est quand cette personnalité est accompagnée d'une musicalité excellente et d'une atmosphère à couper au couteau. Le black metal est surtout affaire d'atmosphère et celle qui est délivrée sur cette galette est magnifique. Le son des guitares y contribue et le chant aussi. Raclé évidemment, mais un peu étouffé, il possède un timbre très personnel qui chatouille le tympan dans le sens du poil. Bref on se rend compte que nous sommes en présence d'un album qui n'a que peu de défauts. Il est évident que le fan de black y trouvera plus que son compte. Un nouveau groupe doté d'un son parfait qui ne masque pas les éventuelles carences de ces musiciens (ne vous inquiétez pas, ils savent jouer) ça change des sempiternels albums true qui sont autant d'injures sonores. Puisque la qualité technique des musiciens a été évoquée, autant y faire un détour. Nous avons là des personnes qui savent manier leur instrument avec des guitares bien placées, une basse qui frôle le facilement audible et carrée et une batterie qui ne se contente donc pas de taper du blast en continu.

Voici une autre des qualités du groupe, il sait manier les rythmes et son non-abus du blast lui donne une crédibilité lorsqu'il en use. Il prend une dimension qu'il n'aurait pas si l'avalanche avait été continue. La musique du groupe est donc multi-rythmique et les riffs recèlent de subtilités qui permettent aux compositions de tenir la longueur. Il n'y a donc pas lieu de se plaindre de quoi que ce soit. Celestial Bloodshed prend là un merveilleux envol dans le monde des ténèbres. De grandes promesses pour l'avenir qui s'annonce diaboliquement noir si la troupe tient le rythme. On s'imagine alors des riffs encore plus riches, des variations de tempi encore mieux utilisées et une personnalité toujours plus forte ... mais c'est s'égarer car nous ne sommes pas encore là. À l'heure actuelle, il s'agit bien de Cursed, Scarred and Forever Possessed dont nous traitons et il est déjà suffisamment savoureux pour ne pas avoir à rêver d'un hypothétique futur. Le présent est déjà bien assez bon. Les limites de ce type de disque finalement résident dans sa pureté black metal. Il ne va voir dans aucun autre genre et il ne plaira donc qu'aux fans de black metal. Mais pour eux, quel pied !


Un formidable premier essai donc. Celestial Bloodshed a incroyablement su prendre toute l'essence d'un genre, le black metal, pour le mouliner à sa sauce avec une maestria à saluer. Atmosphère sombre et glacée, riffs riches de sens, rythmes variés et une vraie personnalité, tout y est. Seule l'originalité manque peut-être. Mais on s'en fout, le black metal se fout de l'originalité, alors foutons-nous en avec lui.


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