1990

CHRONIQUE PAR ...

18
[MäelströM]
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 13/20

LINE UP

-Nathalie
(chant)

-Olivier
(guitare)

-Jean-Marc
(guitare)

-Vanessa
(claviers)

-Vik
(basse)

-Alexis
(batterie)

TRACKLIST

1)While You're On Earth
2)Hear my call
3)Lament
4)Seclusion
5)Cold Embrace

DISCOGRAPHIE

The Last Embrace (démo) (2003)
Inside (2006)
Aerial (2009)
Essentia (2013)
The Winding Path (2015)

The Last Embrace - The Last Embrace (démo)



The Last Embrace est un groupe francilien qui a vu le jour en 1998 et qui depuis enchaîne les changements de line-up pour trouver une formation stable. Que vous le sachiez tout de suite, seuls trois des membres notés ici officient encore sous ce nom (la lead-guitar, la basse et la batterie) ; et pour ajouter encore un peu de piment, le style a évolué entre-temps et s’est démarqué des anciennes compositions, le groupe a réussi à insuffler une originalité à son son et à se trouver un credo plus personnel.

En attendant que vous vous jetiez sur leur album, voyons ce que leur premier EP nous réserve. Tout d’abord, The Last Embrace prend des risques en se jetant dans un des styles les plus représentés (et pas le plus facile à faire avancer) du moment: le melodic (et/ou) atmospheric metal. Alors je vous entend déjà tous hurler «The Gatheriiing!» , et vous n’aurez pas tort car à cette époque-ci, le groupe s’en est beaucoup inspiré. Tellement qu’il a réussi à faire sa première partie à l’Elysée-Montmartre, tout de même! Loin d’être le seul comparatif, signalons le travail sur les ambiances à la Anathema (pour développer la mélancolie, il semblerait… The Last Embrace, un groupe de goth’ refoulés?), les constructions qui rappellent Porcupine Tree, et les guitares typiquement Floydiennes, ce qui se précisera par la suite de manière encore plus éloquente.

Si la compo’ a su évoluer, cet EP est encore très marqué par The Gathering, et la voix de la chanteuse alors en faction, Nathalie, rappelle parfois celle de Van Giersbergen sur plusieurs tonalités (et voix de gorge), mais la comparaison s’arrête là. N’ayant de cesse de parler d’elle, je reprends les armes pour mon combat sans fin: Un groupe ne se limite pas à une chanteuse, aussi bonne soit-elle! Tout a déjà été dit sur Nathalie, et de toute façon, elle ne fait plus partie du groupe. Oui, la chanteuse a une très belle voix, et surtout (ce qui manque aux autres starlettes du même style), elle sait l’utiliser! C’est dit. Passons à autre chose. Les musiciens sont doués mais on sent à l’écoute que leurs chemins ne sont pas les mêmes. Certains passages s’opposent, et ils ont dû donner du fil à retordre au producteur (Stéphane May qui a entre autre assuré The Old Dead Tree). Malgré ce petit souci, l’ensemble tient la route, le batteur est doué bien que souvent un peu trop vindicatif et les guitares sont très bien amenées. Le premier morceau marque la position la plus heavy du groupe, si cela a été calculé, ce n’était peut-être pas le choix le plus judicieux: "While You’re On Earth" est néanmoins correctement travaillé, surfant sur des passages calmes pour tomber dans les twin-guitars vingt secondes plus tard.

Rien qu’en écoutant ce premier morceau, la patte du groupe est posée: des musiciens qui vont du pas mal au très bon, chacun gardant sa place. La chanteuse en fait des tonnes, les guitares frappent très juste, la basse s’autorise une courte envolée terminale, la batterie est un poil trop arrogante pour le style, et les claviers décorent. Ceux qui ont entendu le nouveau claviériste du groupe seront sûrement surpris du contraste. "Lament" est une composition prenante, mais elle est desservie par une section rythmique trop en avant, limite doom-isante; et une guitare qui semble avoir perdu son manuel d’humilité… Le passage heavy final n’arrange rien.

"Seclusion" rattrape la sauce en proposant un morceau vocal que les instruments ne viennent troubler qu’en clôture, le corps du morceau est joliment interprété par la chanteuse, la ligne vocale est inspirée, les claviers qui l’accompagnent sont eux plutôt médiocres… Passant sur "Cold Embrace", la voix fait mouche, tout comme les mélodies de guitares de "Hear My Call" qui donnent à la piste une profondeur quasi-épique. Si ce n’est ni une réussite ni un échec, ce disque vaut pour la curiosité qu’il procure. Que ceux qui voudraient lâcher le groupe sous prétexte que la chanteuse a déguerpi s’enferment chez eux, le nouveau line-up promet une orientation plus fouillée, plus jazz, donc forcément plus originale… Mais moins gothique, alors forcément plus intéressante.




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