1980

CHRONIQUE PAR ...

6
Lord Henry
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 14/20

LINE UP

-Benjamin Sotto
(chant)

-Charley Corbiaux
(guitare)

-Olivier Lapauze
(guitare)

-Matthieu Plana
(basse)

-Thomas Das Neves
(batterie)

TRACKLIST

1)The Dark Memories
2)Spill Blood On Fire
3)Virus
4)The Power And Fury
5)Wasted Time
6)Bravery In The Field
7)Liverty
8)When The Rain Begins To Fall
9)The Prince Of The World

DISCOGRAPHIE

Dust To Dust (2004)
Virus (2006)
Carpe Diem (2009)

Heavenly - Virus
(2006) - mélodique speed metal - Label : Noise Records



Le line-up originel de Heavenly a subi quelques déroutes, mais Ben Sotto est toujours d'attaque pour faire briller son groupe sur le devant de la scène internationale, dans un style où l'Hexagone n'a (toujours) pas grand chose à dire. Quel impact sur la musique ? Ma foi, assez limité : le fond ne change pas, ce n'est pas demain la veille que Heavenly s'adonnera au hardcore, et le speed-mélodique, en l'espèce très speed et très mélodique, demeure le moyen d'expression privilégié par nos amis. Quelques légères retouches sur la forme cependant, comparativement aux opus précédents, tendent à tirer le combo vers le haut.

C'est "The Dark Memories" qui donne le ton, via une intro qui n'aurait pas dépareillé sur le Painkiller de Judas Priest. Les riffs se font bourrins, et Ben s'amuse à singer les hurlements suraigus de l'ex-Metal God Rob Halford : surprenant. Néanmoins il ne faut pas longtemps pour que les claviers si familiers pointent le bout de leurs gammes, et les refrains héroïques déboulent... La production a fait l'objet d'un soin particulier, conférant notamment un son énorme aux choeurs, et les références à Gamma Ray ne sont à cet égard pas près de s'estomper. Tout au contraire, les Français semblent s'en amuser. Après tout, ça fait un bout de temps que Kai Hansen est au fond du puits, qu'ils en profitent. Avec "Spill Blood On Fire", assez hard FM dans l'esprit, et surtout "Liverty", on retrouve plus aisément les racines heavy fantasico-mélodiques dans de bons génériques potentiels de dessins animés japonais. C'est gai et entraînant.

La chanson-titre est probablement la pierre angulaire du disque, avec ses riffs hargneux, ses choeurs puissants, et son patchwork d'idées diverses remarquablement agencées. Les parties instrumentales, dans l'ensemble plutôt longues, sont une bonne surprise sur l'ensemble du disque, et en particulier ici. Le d'ores et déjà plébiscité "Wasted Time" recueillera certainement les mêmes suffrages de la part des fans, d'autant qu'y figure un guest de choix en la personne de Tony Kakko (Sonata Arctica). Un solo de guitare supersonique compense la relative facilité de son refrain. Cela dit, Heavenly n'échappe toujours pas aux petits ratés propres aux groupes officiant dans ce style, avec quelques morceaux non pas ratés, mais plus banals et moins percutants : parmi eux, "The Power And Fury" ou "Bravery In The Field". L'introduction très largement inspirée de Vivaldi de ce dernier titre, annonce d'ailleurs un auto-plagiat en son break central ("Promised Land"). Un morceau révélateur des limites du groupe, et de son vocaliste qui finit par nous les briser menu. La mayonnaise ne prend pas cette fois.

Autre hommage, revendiqué celui-ci, la reprise de "When The Rain Begins To Fall" du célèbre duo super mal fringué des années 80 - dont j'ai peine à me souvenir le nom (NDLR : Jermaine Jackson et Pia Zadora, bien sûr !) - rameute à juste titre pléthore de sons de claviers complètement archaïques. Ce refrain kitchissime repris sur fond de double grosse caisse, c'est le bon goût à l'état pur, et une bonne tranche de rigolade. Il ne reste plus qu'à espérer que l'humour et l'auto-dérision étaient en effet le but de la manœuvre. Quant à "The Prince Of The World", mis à part le fait que la mélodie et les envolées castra-lyriques de Ben Sotto évoquent un improbable croisement entre A.C.T. et Il Était Une Fois («J'ai encore rêvé d'eeelleeeuh...»), rien à signaler, la révolution n'est pas encore pour cette année.


Heavenly progresse sensiblement, et maîtrise de mieux en mieux son sujet. Certes, il n'y a rien d'original là-dedans, mais les chansons ont pour la plupart le mérite d'être bonnes, et de faire revivre sous une mouture contemporaine un metal guère plus pratiqué que par quelques irréductibles, dont on attend la relève. Les Français en feront-ils partie ? A confirmer.


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