1977

CHRONIQUE PAR ...

2
Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 14.5/20

LINE UP

-Jacob Bredahl
(chant)

-Peter Lyse Hansen
(guitare)

-Henrik Bastrup Jacobsen
(guitare)

-Mikael Ehlert
(basse)

-Anders Gildenohr
(batterie)

TRACKLIST

1)Lies And Deceit
2)The Slain
3)Damned Below Judas
4)Drinking With The King Of The Dead
5)Forever War
6)Feeding The Demons
7)Floating
8)Let Them Hate
9)Absolution

DISCOGRAPHIE


Hatesphere - Serpent Smiles And Killer Eyes
(2007) - death metal thrash metal - Label : SPV



Depuis que Lordlatem notre ex-Chaos Webmaster of Abyss (of Fire) est parti faire sa star dans la presse écrite nationale, il faut bien chroniquer ses groupes attitrés… dont Hatesphere, qu'il a systématiquement brocardé pour cause de non-originalité et de linéarité crasses. Votre serviteur étant dévoué corps et âme à la cause du thrashcore, il a donc récupéré ce Serpent Smiles And Killer Eyes sans vraiment connaître le passé du groupe… et sans s'être envoyé la totalité du back-catalogue des Danois (faudrait voir à pas pousser mémé dans les barbelés non plus) il en a tiré une conclusion évidente : cet album est bien moins plat que ce que les chroniques de Lordinet pouvaient laisser croire…

Hatesphere est généralement classé dans le thrash/death, étiquette qui se révèle trompeuse dès le premier titre "Lies And Deceit" : s'il est bien question de thrash , on se demande bien où se cache le death alors que les hurlements de Jacob Bredahl tirent quant à eux très clairement sur le hardcore. Le nombre de riffs est satisfaisant, le tout très efficace et direct, et l'analyse «ça claque mais ça n'invente rien» semble donc très pertinente à première écoute, surtout quand le riff d'ouverture de "The Slain" arrive et rappelle diablement le titre qui vient de passer. C'est à ce moment précis que Hatesphere décide de brouiller les pistes : Bredahl envoie soudainement un chant clair/agressif de haute tenue qui rend le refrain très puissant, et surtout le dernier tiers de la chanson déploie une complexité dans la symbiose riffs/mélodie qui prend réellement par surprise. L'étiquette death se justifie enfin avec "Damned Below Judas" qui voit le vocaliste adopter par moments un growl ultra-caverneux assez impressionnant... les différents breaks et changements de rythmique compensent le côté bateau des riffs, et on commence à se dire que ce CD renferme son lot de surprises.

Une fois ce premier tiers assez classique (bien que très efficace) passé, Hatesphere passe à la vitesse supérieure avec un "Drinking With the King Of The Dead" surprenant : de l'ambiance de western de l'intro - cet harmonica! - au riff groovy en diable rappelant Pantera tout en passant par le chant impressionant de Bredahl, tout ça dépasse clairement le cadre soi-disant restreint du groupe. Les touches d'originalité reviennent çà et là pour notre bonheur : le très direct "Forever War" semble bêtement envoyer le bois mais renferme un plan de heavy symphonique totalement imprévisible, dans le même genre que celui de "Absolution" qui rappelle Cradle Of Filth. "Feeding The Demons" propose un solo bluesy du plus bel effet, et ainsi de suite… en fait la limite de cet album est de ne proposer que quelques moments de réelle création et de surprise par morceau, comme si Hatesphere avait voulu consciemment casser son image de groupe linéaire. Mais sorti de ces moments inspirés on retombe dans un thrashcore très rentre-dedans, parfaitement exécuté et au côté « rouleau compresseur » indéniable... mais de facture très classique. Dommage, car dans ses moments d'innovation Hatesphere fait vraiment mal…


Serpent Smiles And Killer Eyes est donc un album intéressant mais qui ménage un peu trop la chèvre et le chou : entre efficacité et innovation le groupe ne semble pas avoir su faire son choix et le résultat est logiquement en demi-teinte. Les amateurs de gros riffs seront aux anges et ceux pour qui un album doit nécessairement être original seront au moins à moitié satisfaits… espérons que Hatesphere saura prendre de vrais risques avec son prochain opus, car le potentiel dévoilé par les réelles surprises de l'album est plus que conséquent. A écouter!


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 5 polaroid milieu 5 polaroid gauche 5