1976

CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 12.5/20

LINE UP

-Jacob Bredahl
(chant)

-Peter Lyse Hansen
(guitare)

-Henrik Bastrup Jacobsen
(guitare)

-Mikael Ehlert
(basse)

-Anders Gildenohr
(batterie)

TRACKLIST

1)The Beginning And The End
2)Death Trip
3)Vermin
4)Downward To Nothing
5)Only The Strongest
6)What I See I Despise
7)Last Cult,Last Head
8)Workhead
9)Blackeyed
10)500 Dead People

DISCOGRAPHIE


Hatesphere - Ballet Of The Brute



Groupe phare de la scène de death danoise (celui qui a dit que c’était pas bien dur est privé de dessert) Hatesphere pratique sa boucherie depuis quelques années maintenant. A l’arrivée il s’agit de gaillards à l’expérience désormais très raisonnable. Le groupe a vu de l’eau couler sous les ponts (et sûrement quelques fleuves de bière) et se présente en 2004 fier comme un taureau avec sous les bras (ruisselants) une nouvelle galette dont ils sont fiers.

Quid de la rondelle donc ? En premier lieu, qui dit Danemark dit Scandinavie pas très loin et donc Suède death mélodique etc… C’est là que je vois les personnes comme moi commencer à frémir. Est-ce soupal ? Fort heureusement non ! La musique n’est pas (trop) mélodique et se démarque donc rien que sur ce critère de la majorité des cousins venus de Suède. Ensuite poursuivons un schéma très rigide et concentrons-nous sur la production. Celle-ci est ma foi fort honorable (carrément énorme même!) et permet de se délecter de guitares au son précis, puissant et tranchant. La batterie n’est pas en reste avec une grosse caisse très compacte et un son global très satisfaisant. Le chant pour sa part n’occupe pas trop l’espace sonore tout en restant tout à fait audible. Quant à la basse, elle est comme d’habitude aux abonnées absentes, même si en se penchant sur la question, on peut la distinguer (un poil de pet). Quoiqu’il en soit cette production puissante et efficace sert parfaitement le death du groupe. Car s’il est un genre qui a besoin d’une grosse production pour paraître un tant soit peu crédible, c’est bien le death.

Les compositions pour leur part n’apportent pas grand-chose au moulin à sang du death puisqu’on ne peut pas vraiment dire que l’originalité soit une des caractéristiques qui vous saute à la gorge à l’écoute de cet album. Néanmoins elles sont toutes honnêtes même si elles ne brillent pas par un génie excessif. Cela reste du death carré, bien exécuté et joué mid-tempo. On ne sent pas de prise de risque et le tout reste bien dans les limites du carcan que s’est défini le groupe. Les riffs sont tous efficaces à défaut d’être exceptionnels et demeurent tout à fait constants dans leur niveau. Il est difficile d’en souligner un plus que les autres mais ils sont assez nombreux et pas mal trouvés. Leur niveau de "rouleaucompresseuralité" n’est pas phénoménal non plus mais ils tranchent bien dans le vif et nous rappelle que nous écoutons bien du death metal et pas de la baltinguette du samedi soir. Bien sûr, qui dit groupe classique, dit soli puisque c’est écrit dans les manuels (édition Bordel) du metalleux, «si du metal classique tu veux faire, alors des soli tu incorporeras à ta musique». En l’occurrence, ceux-ci ne sont pas dégueux, mélodiques et s’insèrent bien dans la musique. Ils ne souffrent pas de l’effet «je tombe comme un cheveu dans la soupe car il doit y avoir un solo et pourquoi pas le foutre ici ?» et c’est tout à leur honneur.

La batterie pour sa part s’occupe de ses fûts avec l’honneur qui leur est dû et se révèle tout de même assez fine puisque jamais elle ne verse dans le blast beat sauvage ni même dans le roulement de double pédale ultra rapide. Au contraire, elle est l’artisane de ce mid-tempo sur lequel joue le groupe. Elle le soutient avec vigueur et rigueur et elle n’est à proprement parler jamais mise en défaut. Elle n’éblouit pas non plus mais elle offre quelques breaks intéressants. Enfin, «last but not least», le chant qui dans le death revêt ce caractère particulier si guttural est par contre très proche du cousin suédois, soit plus écorché que guttural justement, et limite tendance hardcore. Je n’aime pas. C’est dit. Mais si vous aimez In Flames et consort, je ne vois pas pourquoi vous n’aimerez pas celui-là. En tout cas, le chanteur essaie de varier les tons mais reste quand même toujours dans un registre balisé et n’abonde pas dans le chant clair qui semble désormais être la règle au risque de passer pour un ringard si on n’en a pas. Cela n’empêche pas notre gorille de balancer un refrain limite dansant sur "Last Cult, Last Head".


Voilà un album ma foi moyen (plutôt tendance bon quand même) qui s’ébat avec conviction dans des eaux archi-connues mais avec suffisamment d’inspiration et de talent pour pouvoir ne pas plonger l’auditeur amateur de ce type de musique (je précise, car n’espérez pas vous convertir avec ce disque. Et je précise aussi que le death à tendance mélodique n’est pas mon genre non plus) dans une profonde léthargie. Il a le douloureux problème de ne vraiment pas sortir de la masse ni même de faire sortir une de ses chansons de sa propre masse (l’album quoi). Honnête mais sans plus en somme.


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