1948

CHRONIQUE PAR ...

16
Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 19 avril 2008
Sa note : 13.5/20

LINE UP

-Chris Mummelthey
(chant)

-Lasse Lammert
(guitare)

-Ziegler
(guitare)

-Dirk "Digger" Weiss
(basse)

-Migo Wagner
(batterie)

TRACKLIST

1)Narzist
2)Frei
3)S
4)Stappelauf
5)F**k mich
6)Der Weg
7)Danke
8)Instrumentalstück
9)Schön
10)Für Immer
11)Der jüngste Tag

DISCOGRAPHIE

LieBISSlieder (2008)

Incubator - LieBISSlieder



Incubator… Voilà un nom qui ne parlera qu'aux fans de death metal possédant une connaissance encyclopédique du genre… ou aux amateurs de soap opera à la sauce metal. Car cette cuvée 2008 n'est qu'une énième péripétie dans la carrière mouvementée du groupe et de son persévérant leader Chris Mummelthey. Petit rappel des faits pour commencer, car cette version allemande de Spinäl Tap vaut largement le détour.

Tout commence pourtant bien pour Incubator au début des années 90. Ses 2 premiers albums, donnant dans un registre death expérimental aux relents Voïvodiens, sont très bien accueillis par la critique et les fans, surtout McGillroy the Housefly. C'est alors que le groupe se scinde en 2, le guitariste et tête pensante du groupe Michael Hahn laissant les clés du camion au chanteur Chris Mummelthey. Résultat, un 3ème album orienté indus/hardcore qui se ramasse lamentablement, et à l'arrivée un premier split. Incubator remet le couvert en 1998 et publie son 4ème album produit par… Michael Hahn en personne ! Plus fort encore, Mummelthey claque la porte en 2000 et fonde un nouveau groupe baptisé… The Sixth Incubator ! S'ensuit une bataille juridique autour du nom, ainsi qu'un affrontement à couteaux tirés dans la presse spécialisée. Mummelthey finit par emporter le morceau, forçant ses anciens camarades à se rabattre sur le nom de INC. Et après avoir laissé couler un peu d'eau sous les ponts, histoire de faire oublier cette fâcheuse histoire, c'est en 2006 que Chris Mummelthey a décidé de remonter en selle accompagné de nouveaux camarades de jeu. Ouf !

Pour ce nouvel album, Incubator a choisi d'opérer un revirement important dans sa carrière : pour la première fois, Mummelthey a opté pour un chant en allemand, qui vient renforcer le côté martial du groupe. Sur le plan musical, on retrouve sur LieBISSlieder un mélange un peu fourre-tout de thrash, de death et de hardcore, pour un résultat qui ne fait évidemment pas dans la finesse. Une variété de style facilité par la large palette vocale du frontman, à l'aise dans la plupart des registres, et qui n'oublie pas de varier sa scansion et d'aller taquiner le chant clair pour aérer un peu les compos. Contrat rempli sur un titre comme "Der Weg", un très bon titre de thrash moderne tel que le pratique Exodus sur ses derniers essais. Une initiative également entreprise sur "Stappelauf", avec la présence étonnante de chant féminin pour un rendu proche de la mouvance metalcore. Autre curiosité, cet instru très réussi sobrement intitulé "Instrumentalstück" (qu'on peut traduire par morceau instrumental, tout simplement !), qui alterne plans black et melodeath, et solo ultra-mélodique.

Parmi les points forts qui permettent à LieBISSlieder de se mettre en valeur, il y a cette prod' vraiment particulière. Celle-ci laisse une place importante à la reverb' et à une approche limite black metal, qui confère une certaine grandiloquence aux guitares. Une particularité immédiatement perceptible, puisque le début de "Narzist" donne l'impression d'entendre "South of Heaven" de Slayer jouée par Immortal ! Autre spécialité d'Incubator, cette faculté à proposer d'étonnantes montées en intensité sur la fin des morceaux. La fin de "Frei" est un modèle du genre, avec un batteur en furie. De même, alors que "Danke" se dirige tout droit vers le statut de morceau passe-partout, le voici sublimé par un passage final très technique et plein de rage, qui donne un certain impact à ce morceau. La fin de l'album aurait pu être idéale si LieBISSlieder s'était arrêté sur "Für Immer", qui voit Incubator enquiller une excellente compo de 6 minutes sans sourciller. Les Allemands ont néanmoins choisi de rendre hommage au combo indus' culte Richthofen, mais leur reprise de "Der jüngste Tag" s'avère trop proche de l'originale pour convaincre pleinement.


Un album de thrash allemand chanté en allemand : voilà qui avait tout d'un rêve, et qui est devenu réalité grâce à cette nouvelle incarnation d'Incubator. Une réalité fort agréable ma foi, puisque LieBISSlieder, sans être impérissable, s'avère être un album sans véritable faille et doté de quelques morceaux de bravoure. À conseiller aux amateurs de thrashcore qui devraient y trouver leur bonheur, ainsi qu'aux fans de la facette la plus agressive de Sodom, certaines intonations de Mummelthey n'étant pas sans rappeler Angelripper. Assurément une bonne surprise !


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