1935

CHRONIQUE PAR ...

17
Lucificum
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 13.5/20

LINE UP

-Freddy Persson
(chant)

-Jake Fredén
(guitare)

-Michael Åberg
(guitare)

-Thomas Antonsson
(basse)

-Esko Salow
(batterie)

TRACKLIST

1)Wall of Anger
2)No Trace of Madness
3)Not Only Women Bleed
4)MDCC Pt. 1
5)MDCC Pt. 2
6)The Untouchebles
7)Death by My Side
8)Until the End
9)Demon Voices
10)Welcome to Living
11)P.I.R.

DISCOGRAPHIE

Pathway (2007)
Illusion's Parade (2009)

Nostradameus - Pathway
(2007) - heavy metal - Label : AFM Records



Il est des groupes qui mettent de l’eau dans leur vin au fil des années, édulcorant petit à petit leur musique, bien souvent pour tenter de toucher un public plus large, ou encore parce que le poids des années se fait sentir sur des musiciens plus tout jeunes. Et il y en a d’autre qui se durcissent avec le temps, n’hésitant pas à rendre leur musique plus violente, plus extrême. Ces groupes-là se lancent bien souvent dans un exercice périlleux, car ils risquent de faire peur aux fans de la première heure sans pour autant toucher les franges plus dures du public. Toutefois, lorsque cette démarche est foncièrement sincère, les résultats sont souvent surprenants et méritent qu’on s’y intéresse.

L’accueil qu’avait reçu leur précèdent album The Third Prophecy avait été plutôt tiède. C’est sans doute pour redresser la barre que Nostradameus semble avoir décidé de ne plus faire de concessions à qui que ça soit. Et c’est donc Pathway qui est le fruit de cette attitude. La scène metal des pays du Nord ne semble donc pas faiblir et continue d’être un vivier productif, pour le meilleur ou pour le pire. Cette fois-ci, on se situe à la frontière un peu floue qui sépare l’album sympathique de la tuerie tant cette galette est inégale. Mais avant toute chose, il est du devoir du chroniqueur de nuancer ses propos : pour des raisons de « sécurité », la promo reçue ne comporte ni introduction ni conclusion, les titres s’enchaînant via un cross-fade destructif qui bouffe bien trente secondes à chaque extrémité des titres. De fait, le pirate mal intentionné n’est pas en mesure de profiter gratuitement de cet album mais du coup, le chroniqueur non plus. Démarche compréhensible sur le principe, stupide dans la forme.

Mais allons : il reste suffisamment de matière pour pouvoir dégager les grandes lignes de cet album. Pour schématiser et enfermer le groupe dans une petite case réductrice, on dira que Nostradameus fait du heavy metal mâtiné de couleurs thrashisantes. Le son de guitare doit avoir été conçu par Ronald MacDonald, tant il est bien gros et bien gras. La basse disparaît trop souvent, noyée dans la double grosse caisse, mais il faut reconnaître que l’ensemble dégage une sacrée puissance. On trouvera tout au long de cet album des influences de groupes comme Iced Earth pour les gros riffs thrash, de Blind Guardian pour certaines mélodies de six-cordes, de Gamma Ray pour les cavalcades de batterie et des relents de Edguy pour l’approche des lignes vocales. Mais cette fois-ci, ces influences sont au service de la musique et non l’inverse et on se retrouve avec un melting-pot plutôt réussi.

Les Suèdois oscillent entre les mid-tempos et les rythmes plus heavy, et l’oreille est tout de suite séduite par un titre d’ouverture comme "Wall of Anger" et son riff de milieu tout à fait surpuissant rappelant les meilleurs moments d’Eldritch, et son refrain intriguant. "Until The End" prend la relève et l’on continue sur notre lancée de titres efficaces, lourds et puissants sans être vraiment originaux pour autant, le groupe se permettant même un peu de growl. Incarnant scrupuleusement la tradition du heavy-thrash, Nostradameus en applique presque trop parfaitement la recette en se fendant des soli réglementaires, des refrains répétés et breaks de batterie convenus. Et de fait, on tombe parfois dans les clichés éculés avec des titres comme "MDCC a.d. Pt II" et son refrain growlé ou encore "P.I.R" et ses chœurs déjà entendus de trop nombreuses fois. Le pire étant atteint avec la ballade "Not Only Women Bleed", duo piano/voix sirupeux à souhait.

Et c’est d’autant plus dommage que l’un des atouts de Nostradameus est Freddy Persson, dont la voix possède ce timbre si particulier qui donne toute sa puissance à un titre comme "Wall Of Anger" ou "Demon Voices". Puissante, juste, elle excelle sur les titres violents mais pêche par son manque de chaleur et de vibrato sur les passages plus posés. Un timbre particulier, donc à ne pas utiliser dans toutes les conditions : c’est une des raisons supplémentaires qui fait de ce Pathway une œuvre inégale. Le dernier titre "The Untouchables" rappelle un peu de Priest des années 2000 et confirme l’impression mitigée que l’on a en sortant de ces onze titres : beaucoup de potentiel et certains titres vraiment bons, mais un ensemble un peu trop disparate pour rester inoubliable. Allez, le prochain devrait être le bon, souhaitons que Nostradameus se débarrasse des gimmicks qui lui portent préjudice et nous concocte enfin cet album sans faute dont on sent l’arrivée imminente avec Pathway.




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