1913

CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 16/20

LINE UP

-Arioch
(chant+guitare)

-Nachash
(guitare)

-Necromorbus
(batterie)

TRACKLIST

1) Agnus Dei
2) Breathing Wounds
3) Holy Poison
4) Sun of Hop
5) Perdition's Light
6) Across the Qliphoth
7) Realm of Plagues
8) Circle of Eyes
9) Bread To Stone
10) In Manus Tuas

DISCOGRAPHIE

Salvation (2003)
Maranatha (2009)
Hekatomb (2018)

Funeral Mist - Salvation



Décidément le black metal est un genre qui réserve bien des surprises. Tenez, il suffit de creuser les fonds de grottes pour tomber sur des groupes qui vous font ravaler prestement vos assertions du type: «le black metal est mort». Rien que récemment, j’ai découvert Deathspell Omega, Taake et donc Funeral Mist qui nous intéresse ici. Et laissez-moi vous dire que ces trois groupes sont loin d’être des figurants. Funeral Mist notamment peut même largement prétendre au statut d’acteur principal.

Rapides présentations, Funeral Mist est bien évidemment scandinave, de Suède. Il officie dans du black plutôt brutal et très rapide. Là-dessus il faut rajouter que la production de l’album est tout bonnement exceptionnelle avec une batterie bien puissante et des guitares d’un froid à vous glacer un ours polaire. Honnêtement, à ce niveau-là, Funeral Mist tape dans le mille et on se risquerait à dire qu’il s’agit là d’une des meilleures production du genre. Du grand art. Ensuite, le concept. A album de black metal, anti-christianisme de rigueur. La pochette montre d’ailleurs trois magnifiques crucifix dont le central expose Arioch (le compositeur et âme du groupe) tel Jésus. Sur les deux autres, vous pourrez admirer des nouveaux-nés quelque peu éventré pour l’un et disloqué pour l’autre. Cela pose bien l’ambiance. En tout cas, assurément une pochette qui marque les esprits.
Fi de la forme maintenant. Allons dans le fond. La musique, et elle est fichtrement bonne. Car l’intro aura vendu la mèche, ce Salvation est de la race des purs et des grands. Un black metal absolument sans concession, véloce, brutal même et qui se permet quelques originalités. D’abord la brutalité. Elle s’incarne par une double grosse caisse qui cogne dur et des blasts quasi constants mais non continus, ce qui leur donne d’ailleurs toute leur puissance. Et ils font sacrément mal. La brutalité s’exprime aussi par le biais du chant de Arioch, véritablement différent de ce qui se fait normalement dans le black. Une sorte de parlé-raclé assez indéfinissable et clairement surnaturel. Il se marie magnifiquement aux compositions malsaines du groupe et les renforce. Un des grands atouts de l’album. Bien sûr, les riffs ne sont pas en reste avec une simplicité toute black metal et phénoménalement glaciaux. Si avec eux vous vous croyez encore au club Med, alors on ne peut plus rien pour vous.
Petite incartade finale sur les originalités de l’album, en dehors du chant, il s’agit des interventions de chants populaires incantatoires et de chants religieux. En cela ils collent parfaitement à l’esprit qui habite le concept de cet album à savoir le rejet du christianisme de part leur consonance fortement païenne pour les premiers et par leur… religiosité pour les seconds. Leurs interventions sont toujours fort à propos, ils prennent bien leur place sans jamais déborder du rôle qui leur est dévolu. A noter que lorsque les chants religieux se mêlent à la musique, ils donnent naissance tout bêtement à la tuerie de l’album: "Circle Of Eyes". Un fabuleux moment de beauté et de dépression. Un riff unique qui vous fera froid dans le dos et des chœurs qui vous tireront la larme à l’œil. Douze minutes de pur bonheur. Magnifique.
Ces chants fournissent aussi des pauses bienvenues à la musique parfois suffocante du groupe. Car là se trouve le plus gros défaut de la galette, le pilonnage constant, tant et si bien que l’on peut se retrouver débordé à son écoute. Cette remarque s’adresse quand même plus particulièrement à ceux qui ne sont pas habitués à tant de brutalité. Mais même un adepte pourra se sentir noyé devant un tel bombardement. Néanmoins, il faut garder à l’esprit que les chants et les différents breaks, car non, il n’y a pas que du blast et du riff ultra rapide, apportent de l’air frais. Des moments plus calmes pour vous laisser respirer. Ils sont aussi remarquablement bien amenés et placés.


Bref, un album à ne pas mettre entre toutes les oreilles, surtout les plus fragiles. Le seul véritable reproche que l’on pourra lui faire sera son extrême brutalité, un peu épuisante à la longue. Personnellement, je passe outre cela et m’extasie devant tant de hargne et de haine si froidement exprimées.


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