1910

CHRONIQUE PAR ...

8
Alexis KV
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 11/20

LINE UP

-Scott Hill
(chant+guitare)

-Bob Balch
(guitare)

-Brad Davis
(basse)

-Scott Reeder
(batterie)

TRACKLIST

1)We Must Obey
2)Knew It All Along
3)Let Me Out
4)Hung Out To Dry
5)Shake It Loose
6)Land of Giants
7)Between The Lines
8)Lesson
9)Moving In Stereo
10)Didn't Really Try
11)Sensei Vs. Sensei

DISCOGRAPHIE


Fu Manchu - We Must Obey
(2007) - rock stoner - Label : Century Media



Dehors : pas de bagnole sur la pochette. Même pas une moto, un buggy ou un skate, rien. Alors que, quand même, un Fu Manchu sans bagnole, c'est presque comme un Cannibal Corpse sans dessin gore, même si on me souffle que c'est déjà arrivé récemment. Heureusement qu'il y a quand même la petite touche psychédélique 70's qui va bien. On se dit alors qu'au verso ça va compenser, comme à l'époque de The Action Is Go, à grands renforts de titres blindés de références SF. Même pas : derrière ça sent plus le punk, assez propre sur lui, mais quand même un peu revendicatif. «The times they are a-changin'», comme dirait Bob : on a presque l'impression de se retrouver devant un MTV Unplugged de Cannibal Corpse, et ça, on me souffle que c'est pas près d'arriver.

Dedans : on pousse un soupir de soulagement et on relativise. Fu Manchu fait son Fu Manchu. Le punk ou le psychédélique ne sont pas vraiment plus à l'honneur que sur les neuf autres opus des Californiens. Bon, si vous venez chercher la jeune insouciance d'un California Crossing, vous devrez un peu débroussailler pour ne garder que "Knew It All Along" et, à la limite, "Moving In Stereo" – reprise de The Cars, un groupe de new wave paraît-il très renommé. Pour le reste, on dirait que Fu Manchu a décidé de renforcer son côté abstrait. Impression qui peine quand même à rejoindre le «classic hard rock in its most timeless form» revendiqué par la promo. «The more the things change, the more they stay the same», comme dirait Geddy – il y encore de la fuzz bien grasse et foule d'autres gimmicks purement musicaux pour ceux qui aiment naiviguer en eaux connues et peu profondes.

En fin de compte : un album de la maturité, dans le mauvais sens du terme. Ça ne sert pas à grand-chose d'essayer de s'abstraire du délire stoner et de tenter le « plus adulte » si on en est encore à faire des erreurs de jeunesse en foirant des chansons comme "Shake It Loose" à coup de refrain binaire. Et ce ne sont pas les roulements de batterie à la Bill Ward de "Let Me Out" ou "Sensei vs Sensei" qui vont sauver l'affaire, même si le public apprécie. Il appréciera également la pesanteur de "Land of Giants", les montées en puissance de "Lesson" ou le in-your-face de "Between the Lines". Reste que là où on aurait pu espérer un Fu Manchu sortant un peu de sentiers qu'il a depuis longtemps battus, on a plutôt affaire au pilotage automatique, limite conduite accompagnée avec des grands noms de la production et du mastering.




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