18880

CHRONIQUE PAR ...

42
Wotan
Cette chronique a été mise en ligne le 29 janvier 2022
Sa note : 12/20

LINE UP

-Tibor Kati
(chant)

-Adi "OQ" Neagoe
(guitare+claviers)

-Petrică Ionuţescu
(kaval+nai+tulnic+duduk)

-Ovidiu Corodan
(basse)

-Gabriel "Negru" Mafa
(batterie+percussions)

A participé à l'enregistrement :

-Manuela Marchiș
(chant sur "Brad")

TRACKLIST

1) Brad
2) Iarba Fiarelor
3) Obrăzar
4) Tinerețe fără bătrânețe
5) Toacă din cer

DISCOGRAPHIE

Maiastru Sfetnic (2000)
N'Crugu Bradului (2003)
OM (2006)
Vîrstele Pamîntului (2010)
Maiestrit (2010)
Tau (2015)
Zi (2016)
Zau (2021)




Un album posthume, c’est toujours un exercice difficile. Encore plus quand le musicien décédé est non seulement un membre fondateur, mais surtout le seul membre fondateur du groupe. Nous ayant quittés à l'âge de quarante-deux ans en 2017, Negru ne fut pas présent lorsque le volet final de la trilogie transylvanienne, et en conséquence le volet final de Negură Bunget, voit le jour fin 2021.

Les deux premiers albums de la trilogie (Tau et Zi) n’avaient pas convaincu les fans du groupe et les amateurs de folk pagan forestier et hivernal, genre dans lequel les Roumains se classaient véritables champions lors de la sortie de OM. Pourquoi ces deux disques pêchaient ? L’un par le fan service et l’addition d’un chant death incongru, l’autre par des expérimentations hors de propos et peu réussies. Le chapitre final ne risque pas vraiment de changer l’avis des fans du groupe, tant le sentiment de faire face à une œuvre inachevée plane le long de l'écoute. En effet, Negru est mort avant d’avoir terminé l’enregistrement de ses parties de batterie. Le reste des membres décida de ne pas ajouter de nouvelles parties à celles déjà en boîte. De fait, les compositions sont construites autour de la rythmique existante en ajoutant des parties ambiantes et folk, sans percussions. Avec un résultat final de compositions assemblées de bric et de broc.
Et donc, les titres sont tous issus du même moule : une introduction folk ou ambiant, qui va changer pour du black metal, pour se conclure sur du folk et de l’ambiant. Autant les parties ambient sont assez interchangeables, vu qu’il n’y a pas de percussions ou de rythmiques, autant le cœur même des titres varie le long du disque. “Obrazar” est plus proche du black metal atmosphérique que les autres morceaux, tandis que “Tinerete Fara Batranete” est mid tempo presque old school, avec blast beats et chant pur black années 1990. Le dernier morceau, “Toacă din cer”, est un patchwork de pagan inspiré de Bathory, de black et de quelques percussions. Negru n'était pas le compositeur principal parmi les membres fondateurs et le premier split avait affaibli le niveau d'écriture. C’est encore plus marquant sur ce dernier morceau.

L’exercice impose le respect : sortir un album posthume avec des compositions arrangées autour des parties de batterie déjà enregistrées. Mais le résultat n’est pas convaincant et reste un album un peu boiteux. Cela dit, les dernières sorties du groupe étant déjà un chant du cygne, il n’y a aucune surprise.



©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 6 polaroid milieu 6 polaroid gauche 6