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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 16 décembre 2021
Sa note : 13/20

LINE UP

-Nikita Kamprad
(chant+guitare)

-Nicolas Rausch
(guitare)

-Nico Ziska
(basse)

-Tobias Schuler
(batterie)

TRACKLIST

1) Finisterre II
2) Monument
3) Am Rende der Dunkulheit
4) Immortal
5) Morgen
6) Gegen das Licht
7) Haven

DISCOGRAPHIE

Unstille (2) (2012)
Unstille (2012)
Stellar (2015)
Finisterre (2017)
Noktvrn (2021)

(2021) - black metal - Label : Season Of Mist



Noktvrn, avec le « v » de rigueur pour remplacer le « u », on se prend à rêver à un Der Weg Einer Freiheit encore plus guerrier et trve. Les Allemands ne manquent pas de hargne, leurs blasts étouffants agissant comme preuve colossale, mais ils aiment à s’éparpiller sur des plages plus éthérées. Noktvrn marque-t-il donc un revirement sur ses aspirations naturalistes ?

L’introduction nommée "Finisterre II" est un faux-semblant. Elle voudrait nous faire croire à une redite du stellaire Finisterre. Que nenni. On fait face à une pièce de guitare acoustique, certes coutumière du groupe, mais qui ne répond en rien aux onze minutes du titre rappelé. Et elle est tout sauf « noctvrne ». Calme, languissante, elle appuie bien au contraire sur la face atmosphérique de la bande. Prélude à "Monument" qui enchaîne sur le même ton. Sauf qu’on connaît la musique, Der Weg Einer Freiheit va bientôt balancer la purée. Et il le fait. Fallait pas nous prendre pour des jambons non plus. Tout ce qui fait la troupe revient comme une avalanche dans nos oreilles. Riffs incisifs, blasts fracassants, chant hurlé et alternance avec guitare acoustique plus éthérée. Terrain connu, terrain conquis, pantoufle.
Ce qui change toutefois, c’est une sensation diffuse. Celle d’un groupe qui en garde un minuscule sous le pied. D’une inspiration quelque peu répandue dans des méandres oubliés. Un blast moins féroce de-ci, un riff moins fantastique de-là. Fort heureusement pour nous, les gaillards connaissent leurs gammes et ne se sont pas transformés en ineptes compositeurs du jour au lendemain. Alors tous les germes du groupe qui nous plaisent grandissent en nous. Mais moins vite, moins haut. Noktvrn est en fait un album bien difficile à appréhender et juger. On sent bien que toutes les qualités habituelles sont présentes, tout autant qu’on ressent cet arrière-goût d’un peu moins. C’est un chemin de crête tout à fait acéré et cela ne parlera peut-être pas à tous les auditeurs, cependant on l’arpente.
La version 2021 des Germains a perdu une partie de son inspiration sans toutefois nous laisser sur la route. Notre appétence pour le black metal est assouvie avec aisance, et nous dévorons nos retrouvailles avec les passages les plus atmosphériques. L’humain pêche toujours par sa faim jamais rassasiée, il aime à comparer le présent au passé également. Alors lorsque ce passé fut de la trempe d’un Finisterre, difficile de ne pas être exigeant. C’est notre droit le plus fondamental. Cette exigence qui permet les plus irréalistes des réalisations ainsi que les exploits les plus grands. On la retrouve comblée par "Morgen". Mais quelque peu fracassée par un "Immortal" à l’approche chant clair ratée, doublée d’une plongée dans les abysses post. Un bel exemple de l’avancée trop lointaine dans les contreforts d’une musique… simplement différente et fondamentalement non metal. Ironiquement, "Morgen" déboule juste derrière, et est un puissant brûlot hystérique totalement dans les canons du groupe.


Le retour des enfants prodigues du black metal post sans jamais trop l’être marque pour la première fois peut-être un pas en arrière. Il sera peut-être aussi considéré rétrospectivement comme l’ouverture d’une porte pour le futur, mais ça, seul l’avenir nous le dira. En attendant, dans le temps présent, on se contente de le trouver bon, mais sans plus.





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