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CHRONIQUE PAR ...

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Merci foule fête
Cette chronique a été mise en ligne le 05 décembre 2021
Sa note : 16/20

LINE UP

-Justin David Hawkins
(chant+guitare+claviers)

-Daniel Francis "Dan" Hawkins
(guitare)

-Francis Gilles "Frankie" Poullain-Patterson
(basse)

-Edwin James "Ed" Graham
(batterie)

TRACKLIST

1) Black Shuck
2) Get Your Hands off My Woman
3) Growing on Me
4) I Believe in a Thing Called Love
5) Love Is Only a Feeling
6) Givin' Up
7) Stuck in a Rut
8) Friday Night
9) Love on the Rocks with No Ice
10) Holding My Own

DISCOGRAPHIE


The Darkness - Permission to Land
(2003) - hard rock - Label : Atlantic Records



Ne jamais désespérer. Attendre des jours meilleurs. La roue finira par tourner. Les amateurs de rock à guitares et de refrains addictifs qui avaient gardé la foi sont enfin récompensés de leurs attentes en ce début des années 2000. The Strokes, Franz Ferdinand, The Libertines & co ont réhabilité leur genre favori et il en est même pour proclamer que « le nu-metal est en train de faire entendre son dernier râle, au moment même où nous parlons ». On est en mai 2003 et l'auteur de cette déclaration optimiste s'appelle Justin Hawkins, frontman de The Darkness, une formation britannique haute en couleurs qui s'apprête à sortir son premier album intitulé Permission to Land.

Le quatuor a déjà une solide réputation forgée au gré de shows incandescents avant de signer un quelconque contrat discographique, se permettant même de choisir la maison de disque parmi celles s'étant mises sur les rangs pour le récupérer. Dès l'ouverture, l’engouement trouve son explication. Le riff de "Black Shuck", emprunté à l'arsenal d'AC/DC, annonce une couleur hard rock qui peut paraître démodée en ces années électro pop/ R'n'B/ rock dansant mais qui singularise la troupe du Suffolk. Toutefois, pour prétendre à autre chose qu'une copie carbonisée, il faut d'autres arguments que deux accords basiques et un ampli saturé. Cet élément déterminant c'est le chanteur, le susnommé Justin Hawkins. Doté d'une tessiture étendue, celui qui officie aussi en tant que guitariste fait saillir un falsetto étourdissant qui transcende le solide refrain.
Les allergiques à la stridence risquent la syncope mais ce n'est pas le problème de l'aîné de la fratrie Hawkins (le cadet Dan s'occupe de la deuxième gratte) qui assure tout autant lorsque l'allure augmente - sur "Get Your Hands off My Woman", single énervé, il reste calé tout du long dans les aigus d'où il invective un type qui se comporte mal avec les dames. Les puissants glapissements de Hawkins apportent une nette plus-value à l'ensemble des pistes, qui profite notamment aux mid tempos "Growing on Me" et "Love on the Rocks with No Ice", un peu patauds par ailleurs, malgré un solo assez intense qui compense la longueur excessive du dernier cité. Le constat vaut également pour les deux ballades, "Love Is Only a Feeling" dont les interventions à la mandoline font suspecter un pastiche moqueur du dégoulinant "Crazy" d'Aerosmith, et "Holding My Own" en clôture, sans éclat particulier si ce n'est le solo d'une belle justesse.
Certes, l'ami Justin en fait un peu trop sur "Stuck in A Rut", se rendant coupable d'un inhabituel passage en force. Mais les vigoureuses scansions façon Aerosmith et, une fois encore, le très bon solo, rattrapent ce rare faux pas vocal, qui n'éclipse en rien la prestation de haute voltige réalisée sur "Givin'up", dont le motif asséné par les frangins Hawkins semble lui aussi inspiré des frères Young à leur meilleur. Énergie et groove se combinent idéalement pour engendrer un refrain à la fois drôle et addictif. L'intensité déployée par les quatre Anglais électrise également "I Believe in a Thing Called Love", tube imparable porté par les lignes vocales ferventes de Justin, responsables d'un refrain gonflé de chœurs aussi virtuose qu'euphorisant, qu'il reprend d'ailleurs a cappella. Le solo final est superbe. Moins heavy mais tellement attachante, la ritournelle feelgood "Friday Night" montre que le groupe sait varier habilement les plaisirs, grâce à des couplets porteurs d'une belle intensité et un refrain mignon serti de chœurs discrets, parfait pour faire apprendre les jours de la semaine aux enfants tout en offrant une technique de drague à base d'activités extra scolaires. So delicious.


Rock pas mort ! La version hard proposée par les frères Hawkins et leurs deux acolytes de la section rythmique est une franche réussite et offre une bouffée de fun et d'air frais qu'il serait inconvenant de refuser, hormis pour les rétifs au chant aigu et virevoltant de Justin Hawkins. Le leader de The Darkness dynamite toutes les pistes de Permission to Land, premier recueil d'humeur joyeuse recelant plusieurs joyaux. Pas original ? Peut-être. Mais quand on aime, on s'en fiche, non ?



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