1879

CHRONIQUE PAR ...

6
Lord Henry
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 16/20

LINE UP

-Maria Skiba
(chant)

-Violetta Szopa-Tomczyk
(violon)

-Artur Luczak
(violon)

-Aleksander Tomczyk
(hautbois+flûte+cor)

-Henryk Kasperczak
(luth)

TRACKLIST

1)Bizzaria d'Amore
2)Kedykolwiek Teraz Jestes
3)Skarzec Sie,Matusiu Moja
4)Jescze Slonce Promieni Swoich Nie Stracilo
5)Fantazja I Volta
6)Ach Elslein, Liebes Elselein
7)Tourdion
8)Belle Qui Tiens Ma Vie
9)Mrs. Winter's Jump
10)Now, O Now, I Needs Must Part
11)Come, Ye heavy States of Night
12)Can She Excuse My Wrongs ?
13)I Saw My Lady Weep
14)Think'st Thou Then By Thy Feigning ?
15)Quel Sguardo Sdegnosetto
16)Lamento Della Ninfa
17)Maledetto Sia L'Aspetto
18)Io Che Armato Sin Hor
19)Contentezza

DISCOGRAPHIE


Floripari - Kedykolwiek Teraz Jestes
(2001) - folk musique classique Musique courtoise européenne des XVIème et XVIIème siècles - Label : Floripari



Autant le préciser immédiatement, avant de faire perdre leur temps aux indécrottables metalleux : cette chronique est pour le moins incongrue, puisqu'elle concerne un collectif qui, à tout le moins, n'a strictement rien à voir avec nos habituelles débauches de vibrations de cordes amplifiées. Floripari est un groupe polonais s'évertuant depuis 1994 à perpétuer la tradition musicale des Cours Royales européennes des XVIème et XVIIème siècles, à mi-chemin entre la Renaissance et l'avènement du baroque, où nombre de grands compositeurs commenceront seulement à se faire un nom. Plus médiévaux que classiques donc, certains de ces vestiges ont survécu sans perdre leur paternité; toutefois la plupart d'entre eux est tombée dans l'anonymat le plus total. Cet intérêt double, musical et historique, parviendra peut-être les plus aisés, oisifs et fous d'entre vous à faire un saut au château de Cracovie, unique endroit où Floripari peut se faire entendre.

De l'Angleterre à la Pologne en passant par la France, l'Allemagne et l'Italie, Floripari rappelle l'attachement des monarques et de leur Cour à la Musique, élément essentielle de la vie sacrée et profane. Propices à la danse, les morceaux sont tour à tour festifs ou empreints de tristesse, même si la mélancolie est un sentiment prédominant dans le recueil qu'a préservé Floripari. "Skarzec Sie, Matusiu Moja", "Ach, Elslein, Liebes Elselein" ou "Lamento Della Ninfa", empruntent par exemple les mêmes accents plaintifs ; et il est intéressant de constater que, transcendant frontières et siècles, la musique courtoise, d'un bout à l'autre de l'Europe, possède les mêmes canons. Le travail de luth, notamment, est un fondement commun. Le compositeur polonais Jakub Polak, avec "Fantasia I Volta", en est la vibrante preuve. Le Français Pierre Attaignant est le plus atypique des compositeurs de ce recueil, puisqu'antérieur à ses collègues - né en fin de XVème siècle -, une approche plus médiévale que Renaissance fait de sa "Tourdion" la chanson la plus dansante du lot, à la mélodie immédiatement familière ("March Of The Stormrider" de Rhapsody en est curieusement très proche, et le débat ne se posera pas de savoir lequel a pu influencer l'autre...) et au rythme pataud et délicieusement instinctif.

L'Anglais John Dowland arbore, tout à l'opposé, des structures complexes et étonnamment modernes. La performance de la soprano Maria Skiba, sur ses oeuvres, est fantastique, même si l'anglais ancien de "Now, O Now, I Needs Must Part" et de "Think'st Thou Then By Thy Feigning" ne la met pas particulièrement à l'aise. Les flûtes y résonnent de toutes parts sur les ballades comme sur les danses plus rythmées, les musiciens respectant aussi fidèlement que possible les partitions originales. Les violes et violons sont les autres éléments essentiels de la musique courtoise, surtout dans les travaux de Claudio Monteverdi, souvent cité pour signifier la transition entre les polyphonies Renaissance et les étranges mélodies baroques. Il est ici mis à l'honneur avec quatre extraits, tristes et intimistes, où encore une fois Maria Skiba s'avère très talentueuse vocaliste. De ce rapide tour historique dans l'une des périodes les plus riches de la musique européenne, en dix-neuf morceaux pour moins d'une heure, il ressort l'envie d'aller au devant de son passé, de son passif ; de comprendre son évolution à travers les différents grands courants artistiques. L'ensemble Floripari, en quelque sorte, s'attache à dévoiler les fondements de la future musique classique. Rien que pour ça, l'investissement vaut le coup. Mais ça risque d'être difficile.




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