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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 08 octobre 2021
Sa note : 11/20

LINE UP

-Hellscythe
(chant+guitare+claviers+batterie+programmation)

-Draugr
(basse+programmation)

A participé à l'enregistrement :

-Agnieszka Lecia
(chant sur "Essence")

TRACKLIST

1) Enter the Void
2) Dense Mental Trace
3) On the Heights of Despair
4) Essence
5) Black Clouds & No Silver Linings
6) Ephemeris
7) The Serpent Crawls
8) Crush the Stone with the Sea

DISCOGRAPHIE

Ephemeris (2021)

Misanthur - Ephemeris
(2021) - black metal - Label : Season Of Mist



Metal désenchanté. Alors n’y voyez aucun lien avec notre Mylène Fermière nationale, mais plutôt l’impression immédiate d’une musique distante et désemparée. Misanthur sort de Pologne, terreau fertile de metal extrême, et s’attaque à sa première offrande longue durée. Moment important s’il en est, surtout que le groupe a pris le temps de sortir démos et EP pour bien faire les choses.

Prise de temps bénéfique pour éviter les écueils communs d’un premier effort ? Voyons voir. Son : fait. Guitares tenues, batterie ferme, distinction bonne avec notamment une mention spéciale à la basse qui semble particulièrement mise en valeur. Compositions : direction claire, style affirmé, égarements minimisés. On est effectivement sur une belle trajectoire, preuve d’un collectif au fait des bonnes pratiques du milieu. Misanthur… On sent un groupe qui réfléchit, ça cogite derrière ces circonvolutions musicales. En fait, Ephemeris rappelle furieusement un Lantlôs croisé au vieux groupe instigateur du mouvement post rock : Slint. Bien sûr, c’est loin d’être aussi simple et défini, mais ces apparences post, pourquoi pas gaze, et surtout cette approche tout à fait nostalgico-détachée rappelle ces deux créateurs en chef.
Le lecteur futé aura de lui-même déduit un genre, le black metal tendance post/gaze. Et c’est une définition qui sied parfaitement à nos amis des mines (merci mamie pour les clichés). Pour de vrai, le duo navigue entre les représentations plus marquées post, "Enter the Void", ou plus marquée black, "On the Heights of Despair" par exemple. Toutefois, n’attendez pas un déluge noir d’une pureté insondable, ce ne sera jamais le propos dans l’objet qui nous concerne. La trame des compositions ne s’égare jamais très loin de ce feeling éthéré, dénué de présence sylvestre qui sauvagement s’appelle post black. Le gaze est fort heureusement plus éloigné puisque les plages de tremolos absconses interminables nous sont épargnées.
À quoi ou à qui correspond Misanthur alors ? Pas à l’amateur de black pur. Ni à celui trop versé dans la satanicité répugnante du gaze. À la croisée des chemins plutôt. Côté cul entre deux chaises ? À vous de décider, parfois on appelle ça fusion. Si je puis me permettre un avis tout à fait personnel, c’est évidemment trop penché sur le post black, il manque de cette froideur cruelle qui vous prend à la gorge pour véritablement être honnête. Reste le travail de deux individus manifestement introspectifs, suffisamment armés pour faire face aux hordes de métalleux si difficiles à contenter. Et la présence hantée d'une basse enchanteresse. Les véritables difficultés résideront dans la capacité de l’auditeur à s’affranchir de certains codes trop marqués « traditionnels », tout autant que dans celle à accepter des démonstrations, efficaces il faut le reconnaître, de musique éthérée.


Trop post, trop éloignée du black, voici les reproches principaux à Ephemeris. Mais c’est comme reprocher à l'eau de mouiller, et probablement pour ça qu’il plaira fortement à d’autres. Personnellement, en vieux grincheux, je regrette une orientation trop marquée sur des descentes tremolesques trop faciles. C’est bô oui, mais on a entendu ça trop souvent pour s’en émouvoir. Demeurent des parties black qui savent être puissantes. La politique de la demi-molle en sorte.





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