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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 08 octobre 2021
Sa note : 16/20

LINE UP

-Matthias "Grànt" Jell
(chant)

-Grâin
(guitare+basse)

Ont participé à l'enregistrement :

-Florian Magnus "Morean" Maier
(chant)

-Peter "P. K." Kubik
(guitare)

-Dorian "Paymon" Melmoth
(claviers)

-Sebastian Schneider
(batterie)

TRACKLIST

1) Sched oreidig
2) Nachtkrapp
3) Zeitlang
4) Weizvåda
5) Nordwand
6) A Dåg im Herbst
7) Auf da Roas
8) S' letzte G'leit
9) A Gråbliacht

DISCOGRAPHIE

Zeitlang (2021)

Gràb - Zeitlang
(2021) - black metal - Label : Trollmusic



Certains l’aiment lent. Prendre son temps, vous savez, ce plaisir suranné de l’ancien temps. Celui qui nous permet d’admirer les collines environnantes, ou s’enivrer des fragrances fulgurantes du printemps. Ou la joie d’arpenter les dédales terreux qui quadrillent nos cartes d’état-major. Assimiler, s’imprégner, prendre pleinement la mesure. Toutes ces activités impossibles à embrasser dans la douleur de la vitesse. Et bien Gràb est là pour vous.

Non. Pas prendre, ou tombe. Ce Gràb-là n’est pas anglais ou allemand mais bien bavarois et signifie gris ou vieux, tout simplement. Et cela convient tellement mieux que la sinistre tombe, trop finale, ou l’improbable prise qui ne mène à rien. Ce gris et cette vieillesse se comprennent entièrement à l’écoute de cette musique éthérée, puissante dans ses sentiments. Le gris du brouillard, du flou qui voile nos existences. La vieillesse de rythmiques mid tempo d’un black metal qui se complaît dans l’étalement temporel. Pour autant Zeitlang n’est pas un album de vieux ou morne. Zeitlang impose un monde à lui, nécessite l’appropriation spirituelle de ses émanations musicales. Les Allemands (ou Bavarois ?) rappellent des collègues issus de l’est, notamment des Ukrainiens, pourquoi pas prénommés Drudkh. Plus proches géographiquement, bien que plus fous, Klamm également. Et ils nous forcent à appréhender l’art noir par un versant souvent négligé, celui de l’introspection.
Certes, je n’oserais affirmer qu’il n’existe pas pléthore de groupes s’épanchant sur les difficultés de l’existence dans le genre, pourtant force est de constater que le laisser-aller dans la rapidité blastée à tout-va est prépondérante. Probablement par facilité pour imposer une vision que l’on veut musclée jugée plus vendeuse. Alors que l’attraction langoureuse du mid tempo requiert plus de finesse dans ses compositions. La capacité à aller au-delà de la simple musique pour s’aventurer dans le territoire risqué de l’atmosphère et des ambiances. Et Gràb s’y montre particulièrement à son aise fort, heureusement pour nous. Capable d’un riff parfaitement langoureux sur la chanson-titre, Zeitlang réussit dans la conquête de nos têtes harassées du quotidien. Un vendredi soir d’une longue nuit d’hiver ressemble à la tranche de vie parfaite pour s’accommoder d’une telle sortie. Ici réside finalement le prodige de compliment que l'on peut faire à telle création.


Que rajouter à l’encontre du lecteur intrigué ? Pas grand-chose. S’il se sent irrémédiablement attiré par la mélodie automnale, il y a fort à parier qu’il trouvera ici-même une trace du bonheur. Celui qui ne jure que par le riff aura fatalement beaucoup plus de mal et trouvera le temps long. Et pour bonifier le tout, la pochette est superbe.





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