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CHRONIQUE PAR ...

106
Belzaran
Cette chronique a été mise en ligne le 03 octobre 2021
Sa note : 16/20

LINE UP

-Liam McKeown
(chant)

-Joe Potts
(tous les instruments)

TRACKLIST

1) Diminished Potency 
2) Schrödinger's Reality 
3) Delusional Supremacy
4) Halls Built on Bones of the Past  
5) In Defiance of a Narcissist King 
6) The Cynic 
7) Depravities Reflection

DISCOGRAPHIE


Parasitic Entity - The Self Aggrandising Lie
(2020) - death metal technique et prog - Label : Spirit Coffin Publishing



Pendant que certains se gavaient de pizza pendant le confinement, d’autres bossaient dur. C’est le cas de Parasitic Entity qui a profité du lockdown pour se mettre au boulot et produire leur premier effort. Et quel effort ! Le groupe ne fait pas dans la dentelle et nous propose sept morceaux de death technique progressif, rien que ça ! Alors, vont-ils s’écraser contre le mur de leur ambition ou parvenir à nous emballer avec ce The Self Aggrandising Lie ? Publié en ligne en 2020, l'album profite cette année d'une publication CD pour lui donner plus de relief.

Quand on parle de death progressif, on peut penser à Opeth. Les Britanniques les citent, mais également Obscura. Ce serait cependant faire offense à Parasitic Entity que de les réduire à ce genre d’influences. La musique du groupe va bien plus loin et lorgne vers un prog façon années soixante-dix où tout est déstructuré rythmiquement et où les morceaux paraissent n’avoir aucune logique. Même les instruments semblent n’en faire qu’à leur tête, chacun partant dans une direction différente. Pourtant, ils sont tous joués (ou programmés) par un même homme, Liam McKeown. Parasitic Entity est un duo constitué d’un chanteur (Joe Potts) et de ce multiinstrumentiste. On restera assez admiratif de travail effectué par ce dernier sur la batterie, programmée, et pourtant d’une grande richesse. The Self Aggrandising Lie a ainsi un côté assez OVNI, comme un repas difficile à digérer. Aux premières écoutes, l’auditeur ne saura pas trop à quoi se raccrocher devant la complexité de ce qui lui est proposé. Il faudra être persévérant, jeune padawan, si tu veux profiter de toute la richesse de cette galette.
Une fois l’ensemble digéré (voire ruminé), le talent de groupe se dévoile. L’ensemble paraît bien moins abscons, la cohérence saute aux yeux et on vient à se demander comment on a pu trouver les chansons complexes. Il faut dire que le début de l’album est le plus difficile à assimiler. Les morceaux suivants possèdent plus de passages mélodiques qui permettent de s’accrocher plus facilement. L’articulation des différentes guitares avec la rythmique donne tout le sens à l’ensemble. The Self Aggrandising Lie a tout de l’œuvre créée dans son coin par un homme. Elle est folle, décomplexée. Emmenant avec lui son chanteur, qui fait un travail remarquable et remarqué tant il n’est pas évident de coller des lignes vocales sur la musique, il crée un album fou. Sous couvert de death technique, de multiples surprises vous attendent, tant dans les sonorités des riffs ou dans certains solos. Parasitic Entity semble rejeter toute facilité, toute continuité dans la musique. À aucun moment, un gimmick ne dure plus de dix secondes. Il faut passer à autre chose ! Leur musique est imprévisible et c'est ce qui en fait tout l'intérêt.


Courage ! Difficile d’accès, The Self Aggrandising Lie demande de multiples écoutes avant de pleinement se dévoiler et se faire apprécier. Mais sa grande richesse et son côté jusqu’au-boutiste en font un album à écouter d’urgence pour les amateurs de death technique ou, plus généralement, de death bizarre. Si vous aimez l’originalité, ne passez pas à côté de cette pépite. On ne peut qu'être heureux de savoir que le groupe cherche des musiciens pour jouer en live.





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