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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 29 septembre 2021
Sa note : 12/20

LINE UP

-Shahram
(chant+guitare+basse)

-Shukri
(guitare+batterie)

TRACKLIST

1) أحلام الجني
2) الهمس من الرمال

DISCOGRAPHIE

Génie (2021)

Mulla - Génie
(2021) - black metal - Label : Subsound Records



Mulla. Entité étrange émanant d'on ne sait vraiment où. En effet, les informations, parcellaires, indiquent une provenance irakienne ou française (ou les deux ?). Le fiche promo choisit son camp cependant : Irak. Alors croyons cela. Et faire du black metal en Irak, c’est toujours un chemin de croix (uh uh) pouvons-nous raisonnablement penser.

Il s’agit bien de musique du diable, vous en serez assurés dès les premiers accords égrenés. Guitare fuyante, agressive, écorchée, éraillée. Un son qu’on s’imagine bien obtenu avec les moyens du bord. L’étonnement point premièrement dans la coloration des compositions. N’attendez pas d’influence arabe d’une quelconque manière (si ce n’est ce break central sur "الهمس من الرمال"). Les rythmiques si caractéristiques de la zone géographique ne sont en aucun cas présentes dans les deux chansons qui émaillent la sortie. Oui deux seulement. Deux pavés absurdes de seize et dix-neuf minutes respectivement. Oui, l’album en soi est plutôt court, contrebalancé par une durée hors-norme des titres. L’ensemble se pose alors intimidant, il va falloir assurer sur les ambiances pour tenir l’auditeur en haleine.
Quid donc de cette musique ? Très froide, distante comme déjà évoqué pour le son, elle porte en elle des réminiscences de l’est de l’Europe. Russie notamment avec un Forest qui ressort. Et pourquoi pas le Under the Sign of Hell de Gorgoroth pour sa crudité extrême. S'ajoute le chant, braillé bien sûr, et distordu, étouffé, type Impiety sur Asateerul Awaleen. On nage en plein dans le lac noir, visqueux, frigorifique. Sortie classique. Sauf que pas vraiment. À commencer par la longueur. Mais plus encore, la présence de riffs s’étalant sur de très nombreux temps, pas forcément symétriques. Il en existe (majoritairement) des plus classiques, mais le groupe marque sa différence par l’apparition de quelques monstres incongrus qui marquent l’esprit. Esprit es-tu là d’ailleurs ? Génie même. Mais le génie des fables, celui qui sort des lampes puisque le titre en arabe se traduit par « Génie ».
Et ce génie que l’on devine maléfique tente de s’approprier votre âme. Les moyens à disposition sont limités, les compétences techniques itou bien que la volonté d’aller plus loin perce. L’étalement sur cette temporalité étirée prend alors tout son sens, car les mouvements s’enchaînent, créant des relances dans l’atmosphère, suffisamment pour nous garder dans la musique. Mais ne nous mentons pas, l’écoute d’un tel astre errant s'avère éprouvante, circonscrite à des périodes de l’existence bien précises. Les longues soirées solitaires, les errances oniriques dans la forêt blanchie par la neige et le gel. Tel est le destin difficile d’une pièce noire abrasive fortement éloignée des canons de beauté habituels. Alors coup de génie (il fallait la faire) ? Non. Évidemment. Trop dur.


Atypique, voilà un adjectif qui sied à Mulla. La Mulla, gars. La lance pour transpercer l’âme, effilée. Mais un brin lassante dans son absence d’ouverture. Trop intégriste, elle se destine à un public extrémiste qui ne jure que par le dénuement. À Mulla pareil…





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