18771

CHRONIQUE PAR ...

3
TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 17 septembre 2021
Sa note : 17/20

LINE UP

-Dmitry Sukhinin
(chant+guitare)

-Eyvind Wærsted Axelsen
(chant+claviers+basse)

-Hans Jørgen Ersvik
(chant+batterie)

TRACKLIST

1) Loitering in the Portal
2) Bionic Tomb Eternal
3) Abnegations
4) The Endless Spiral
5) Dirigiste Radio Hit
6) Lone Survivor
7) Dragged for Coronation
8) Clawing at the Fabric of Space
9) Atoms Decay
10) Raging Berzerker in the Universe Rigid
11) Gnashing
12) Beyond the Grime

DISCOGRAPHIE

Degenerations (2021)

Diskord - Degenerations
(2021) - death metal prog un peu fou - Label : Transcending Obscurity



Décidément, nous n’en avons jamais fini avec les surprises. La Norvège, terre éminente de black metal bien sûr ! Ok, quelques dissidents émergent de-ci de-là sur des rivages plus prog ou heavy, pourtant globalement on peut dire qu’en matière d’extrême, le pays goûte peu à la diversité. Arrive à point nommé Diskord, rejeton terrible déjà remarqué en 2007 puis 2012 avec des sorties hors des sentiers battus du… death !

Ah, la voilà notre belle originalité ! Merci. Death metal ? Mmmmh, sans réfléchir on pense Zyklon B ou Criterion. Egalement les débuts d’à peu près tous les grands groupes de black metal de la seconde vague. Mais rien de légendaire ou ayant engendré une descendance faramineuse. Une représentation plutôt famélique même. Diskord changera-t-il la donne ? Qu’il nous soit autorisé de douter de la chose. Par contre il abat de bien belles nouvelles cartes. Pavor, !T.O.O.H.! ou de manière bien plus lointaine Between the Buried and Me et pourquoi pas un peu de Cryptic Shift. De cet empilement de nom, retenez surtout les éléments suivants : basse et fou. Car voilà les deux caractéristiques dominantes des mortels Norvégiens.
Basse. Nul besoin d’ergoter tant l’instrument vous agrippera les oreilles sitôt la musique lancée. D’une présence revigorante doublée d’une acuité réjouissante, la belle quatre cordes (pas plus ?) est plus que mise à l’honneur. Ces albums de death sachant célébrer comme il se doit ce puissant instrument de groove sont malheureusement bien trop rares, alors profitons à sa juste hauteur d’une sortie la mettant en lumière. Fou. Aussi. Le fou du roi ? Pas loin, car on peut penser Diskord en train d’amuser la galerie par moments, non pas via l’entremise de compositions joyeuses, plutôt d’un esprit débonnaire à contre-courant. Degenerations au-delà des références, c’est un peu un King Crimson death. Toute proportion gardée, s’entend. De cette créativité débordante s’échappe la légendaire aura de la bande à Robert Fripp.
Sauf que Diskord concentre ses abus musicaux sur des durées tout à fait compactes : entre deux et quatre minutes. Les cinq ne sont jamais abordées. En résulte une musique virevoltante, sans cesse portée par ces lignes de basse enchanteresses. Toutefois n’oublions pas qu’un album de metal demeure avant tout l’affaire de riffs. Et ceux-ci frappent. Ayant l’excellente idée de choir volontiers dans un esprit ultra death (via un son crasseux et des enchaînements d’accord parfois typiques), ils s’agrémentent de cette folie également. Souvent décalés, syncopés voire à contre-rythme, ils surprennent. Magnifiés par l’autre moitié de la section rythmique, une batterie martelée avec précision et dans l’esprit déjanté de l’album. Aucun blast à l’horizon, ni même de franche violence, pourtant elle aussi s’entoure d’une sonorité mate organique parfaite pour mettre en valeur une partition détonante et fraîche. Prog, on vous dit.


Prog ai-je dit ? Force oui. Death bien sûr ! Les deux, et dans le meilleur à chaque fois. Un vrai prog, celui qui va de l’avant, qui défriche. Pas celui qui empile les lourdeurs et les longueurs. Un death prog tout ce qu’il n’y a pas de Opeth pour ce ne citer qu’une référence évidente. Non. Un death prog incomparablement death, et c’est tant mieux.





©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 4 polaroid milieu 4 polaroid gauche 4