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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 17 septembre 2021
Sa note : 15/20

LINE UP

-Frank "Moonshadow" Weimer (tout)

Ont participé à l'enregistrement :

-Willowcat
(chant)

-Andreas Greupner
(chant sur 1)

-Andreas Hilbert
(guitare sur 2)

TRACKLIST

1) Prologue
2) Baleias
3) Descending Messiah
4) Requiem Ex Sidhé
5) The Endless Dance
6) Beautiful Wolves
7) Goodbye to Jane
8) Her Orphaned Throne
9) Epilogue: Arcanum in Anchorage

DISCOGRAPHIE


Antichrisis - Cantara Anachoreta



Même si je suppose que cela doit être le cas pour tous les genres musicaux dès qu’on gratte un peu, je ne peux m’empêcher de m’émerveiller devant la variété de notre style préféré. Prenez un sous-sous-genre comme le gothic doom, et vous y trouvez encore une sacrée diversité. Avec le premier Antichrisis, nous tenons un drôle d’oiseau, qui ne ressemble pas beaucoup à ses camarades de classe…

Du chant, féminin et masculin, pas toujours très juste, un son qu’on va gentiment qualifier de raw, des mélodies garanties 100% evil-free, ce Cantara Anachoreta a tout pour déplaire, même au sein de la communauté corbeau-metal. À l’écoute de "Descending Messiah", on pourrait avoir la sensation qu’après l’enregistrement de "Where the Wild Roses Grow", Kylie Minogue et Nick Cave se sont bourrés la gueule et ont jammé dans le garage du second nommé, qui se serait découvert une passion pour la guitare saturée et aurait décidé de composer le titre sur le pouce. Et cette sensation d’album hors-norme, « chelou », perdure sur l’ensemble de l’œuvre. Même si "Beautiful Wolves" donne dans un death-doom plus classique, avec mélodies à la Sisters première époque en prime, le projet de Moonshadow rejette autant l’académisme que l’orthodoxie vocale. Moonshadow aime moduler sa voix pour un résultat parfois mitigé, voire à la limite du ridicule sur "Requiem Ex Sidhé".
Décrit comme ça, il fait envie cet album, hein ? Eh bien, figurez-vous que contre toute attente, ça marche ! Même si l’œuvre se fait un peu ennuyeuse sur la fin*, un certain enthousiasme, conjugué à des compositions souvent très prenantes fait que cette vision presque joyeuse du gothic-doom s’avère beaucoup plus captivante que prévu. Le côté « allez, les amis, on reprend tous en chœur ! » fonctionne sur la grande majorité des compositions et l'on se surprend à fredonner les titres sous la douche. Et puis, au fil des écoutes, on ressent même une certaine epicness, tout au moins sur des morceaux comme "The Endless Dance" ou "Descending Messiah", où les modulations vocales de Moonshadow prennent tout leur sens. La candeur émanant de "Goodbye to Jane" ou de "Baleias" est, également, touchante, et, en grand sensible, j’ai fini par m’attacher à une œuvre réservée tout de même aux inconditionnels du (sous-sous-) genre, à l’instar de ce que a pu produire Ophelia ou Estatic Fear avec A Sombre Dance. Sortir à ce point des sentiers battus n’est pas donné à tout le monde.


Même dans le microcosme gothic-doom, Cantara Anachoreta est un OVNI. Bien plus lumineux que la moyenne, son côté nostalgique, théâtral et épique ressort avec brio sur certains titres et fait oublier les longueurs et quelques passages plus… étonnants. Amateurs de sensations faibles et surannées, tentez l’aventure !

*ne possédant pas l’album, je l’écoute depuis Spotify, et l’ordre des titres semble ne pas correspondre avec l’ordre officiel…



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