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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 10 septembre 2021
Sa note : 15/20

LINE UP

-Nathan Weaver
(chant+guitare)

-Aaron Weaver
(claviers+batterie)

-Colin "Kody" Keyworth
(guitare)

A participé à l'enregistrement :

-Galen Baudhuin
(basse)

TRACKLIST

1) Mountain Magick
2) Spirit of Lightning
3) Through Eternal Fields
4) Primal Chasm (Gift of Fire)
5) Underworld Aurora
6) Masters of Rain and Storm
7) Eostre
8) Skyclad Passage (bonus track)

DISCOGRAPHIE


Wolves in the Throne Room - Primordial Arcana
(2021) - black metal - Label : Relapse Records



À l’école, on a dû vous apprendre que la place relative de l’adjectif du nom et de l’adjectif avait son importance. Et on vous a sûrement donné en exemple « un grand homme » et un « homme grand ». Eh bien, maintenant, on pourra aussi illustrer cette différence sémantique avec "Magic Moutain" et "Mountain Magick". Et chipotez pas pour le « k ».

Parce que je vous pose la question : qu'y a-t-il de plus dissemblable dans la grande famille (lol) du metal que le mythique titre de Cathedral, précis, lourd et structuré, et le morceau inaugural du nouvel opus de Wolves in the Throne Room, confus, spectral et construit avec les pieds ? Car je rassure les fans du trio nord-américain, celui-ci nous livre une nouvelle fournée d’objets musicaux étranges, au son peu consistant – litote – et à l’aspect fantomatique. Une carte d’identité marquée qui ne m’avait jamais séduit, jusqu’à la sortie d’un Thrice Woven qui continue à passer régulièrement sur mon lecteur, le sublimissime  "Born from the Serpent’s Eye" en tête. Depuis, je guette. Une confirmation de mon incrément d’appétence pour leur musique ou, au contraire, que Thrice Woven est l’exception qui confirme la règle. En ce sens, Primordial Arcana est quantique : il me fait choisir les deux options antérieures de manière simultanée. Oui, leur musique me parle plus. Et oui, Thrice Woven est une majestueuse exception.
Dans mon petit journal intime, j’avais inscrit en lettres de feu : « Mon cher journal, aujourd’hui, j’ai écouté une nouvelle fois Primordial Arcana et je ne comprends toujours pas cet album. Possède-t-il une structure qui m’échappe ou est-il juste écrit au feeling, sans plan préconçu ? Ah et puis ce son ! Summoning ressemble à SYL en comparaison ! » J’étais énervé, ce soir-là. A ce que je considère comme des défauts, en général rédhibitoires dans mon cas, il faut tout de même opposer la MERVEILLEUSE facilité des Loups à créer une atmosphère éthérée, malsaine, glauque. Célestielle et nauséabonde à la fois. Et puis mélancolique. Très mélancolique. Les exemples ne manquent pas, certains passages de "Through Eternal Fields" ont été enregistrés sur le Styx par Charon lui-même, à n’en point douter. "Primal Chasm", le titre le plus abouti de l’album, possède un côté rampant et old-school, et surmonte son propre chaos avec brio. Le début d’ "Underworld Aurora" dégage une atmosphère fascinante, comme si les gars de Pink Floyd étaient tous morts et continuaient à jouer depuis l’au-delà avec des instruments désaccordés. Et puis "Masters of Rain and Storm" et ses petits relents death-thrash (si, si), qui enchaine des plans de manière curieuse, mais séduit par cette vieille mélancolie sous jacente… Où va l’album ? Quel est son but ? Je pourrais dire que Wolves in the Throne Room souffle le chaud et le froid, mais ce serait inexact : cela supposerait qu’il y a une alternance claire de choses bonnes et de choses mauvaises. Alors que là, tout est confusion. Je suis séduit et perplexe à parts égales.

Primordial Arcana est bourré de charme et possède une odeur encore plus unique que celle proposée sur Thrice Woven. Un mélange d’encens, de soufre, de boue et d’océan. C’est la seule conclusion à laquelle je sois arrivé pour l’instant. Peut-être est-il également une porte d’entrée pour retenter les premiers albums… Je n’en sais rien. Ce qui est clair, c’est que je vais persévérer.





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