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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 31 août 2021
Sa note : 11/20

LINE UP

-Joonas "S. Korpituli" Juntunen
(tout)

TRACKLIST

1) On Forgotten Paths
2) At Nightfall
3) Longing for the Unheard of
4) Into the Magical Realm of the Woods
5) The Ancient Spells of the Past
6) Pale Homeward Souls

DISCOGRAPHIE


Korpituli - The Ancient Spells of the Past
(2021) - black metal Atmo - Label : Korpituli Productions



C’est par un son de guitare crépitant que tout commence. Des accords égrainés sans hystérie. Une ode à l’accalmie finalement. Korpituli s’autoproduit, et cela s’entend serait-on tenté de dire. Comme le grain capiteux de nos soirées au coin du feu dans la forêt. En fait, Korpituli se joue lui-même, Korpituli se distribue. Il s’appelle même comme lui-même. Bref Korpituli est S. Korpituli. Et finlandais.

Le lecteur fûté (affûté ?) sait alors qu’il aura droit à son black metal mélodique grésillant. Ou alors du speed mélodique, mais le nom de TheDecline01 accolé à la chronique l’oriente pour la première solution. Et il a raison. Pourtant presque partiellement. Black ? Oui. Mélodique ? Oui. Grésillant ? Aussi. Mais les blasts incessants des compatriotes ne sont pas de la partie. Le one man band aime à poser le rythme en bon Anglois. Comme pour distiller son ambiance et lui laisser amplement le temps d’infuser dans l’âme de son auditeur qu’il espère affligé de toute cette miséricorde qui s’abat sur lui. Les claviers doucereux qui transparaissent deci delà sonnent alors très burzumiens dans l’approche. Même le chant, bien que beaucoup trop normal par rapport à la folie rongeuse de l’aîné, possède un timbre qui peut rappeler… Plus que de black mélodique, on pourrait qualifier la musique du monsieur de black atmosphérique.
Les riffs n’ont vraiment pas une place prépondérante dans l’affaire tant les guitares ne sont que l’instrument de cette volonté d’envelopper celui qui se passera les ondes ainsi créées dans une atmosphère de recueillement ou de prostration. La basse elle-même, subtilement audible et on l’en remercie, distribue de menus coups de butoir, vous savez, la réplique du marteau pour appuyer dans votre caboche une idée si fermement qu’elle doit y rester ancrée. Oui, S. Korpituli, l’unique maître à bord tient son cap et sait manifestement y faire. Il faut dire qu’il insiste constamment et il sera difficile d’argumenter avec sa représentation de l’art noir. Cependant, si nous étions tentés par l’échange d’idées, que dirions-nous ? De cette grande homogénéité musicale surgissent deux sensations paradoxales. La première, la répétition, la lassitude et donc une sortie plus ou moins rapide de l’univers créé. La deuxième, des conditions parfaites d’accroche et un monde d’une épaisseur fatale à celui qui sera happé. De ce paradoxe naît donc tout à la fois la force et la faiblesse de cette approche.


L’avantage certain de monsieur Korpituli, c’est qu’il sait y faire en matière d’atmosphère, indéniablement. Donc pour l’amateur réceptif à sa vision du monde, c’est l’assurance d’un merveilleux voyage en terres sombres. Corollaire que tout le monde aura compris, cette vision laissera sur le quai les autres. Les autres, ce seront ceux qui attendent plus de musique, de riffs qu’une simple bande-son de sa soirée.





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