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CHRONIQUE PAR ...

106
Belzaran
Cette chronique a été mise en ligne le 31 août 2021
Sa note : 14/20

LINE UP

-Tomas Lindberg
(chant)

-Martin Larsson
(guitare)

-Bo Jonas Stålhammar
(guitare)

-Jonas Fredrik Björler
(basse)

-Adrian Paul Erlandsson
(batterie)

TRACKLIST

1) Spectre of Extinction
2) The Paradox
3)
The Nightmare of Being
4) Garden of Cyrus
5) Touched by the White Hands of Death
6) The Fall Into Time
7) Cult of Salvation
8) The Abstract Enthroned
9) Cosmic Pessimism
10) Eternal Winter of Reason

DISCOGRAPHIE


At The Gates - The Nightmare of Being
(2021) - melodeath - Label : Century Media



Après vingt ans de silence, At the Gates était revenu avec un album, At War with Reality pour rappeler aux petits jeunes du melodeath qu’ils restaient les meilleurs dans leur genre. Mais après un To Drink From The Night Itself plus mitigé, que fallait-il attendre des Suédois ? Un album plus sombre que jamais d’après leurs propres dires. The Nightmare of Being confirmera-t-il les qualités de cette deuxième partie de la carrière du groupe ?

Tout avait pourtant bien commencé... L’album commence sur deux tueries lancées à deux-cents à l’heure. "Spectre of Extinction" ouvre parfaitement les hostilités avec du pur At the Gates de haut niveau, alors que "Paradox" enfonce le clou à coup de riffs incisifs. Toujours la même formule, la même ambiance, mais on ressent moins l’impression de répétition qu’avait la galette précédente. Et après un morceau éponyme moins furieux, voilà que "Garden of Cyrus" arrive. Le genre de chansons qui va diviser les fans. Certains y verront une renaissance, des expérimentations bienvenues, d'autres une erreur de parcours… Si la patte des Suédois est reconnaissable, le rythme syncopé de la batterie surprend. Si on y ajoute de la narration, du saxophone et un solo cozy, façon détente, l’auditeur est un peu perdu. D’ailleurs, "Garden of Cyrus" ressemble au premier abord à un instrumental. C’est clairement une cassure dans l’album, qui ressemble à un morceau bonus ou un interlude. Sauf qu’il n’est pas seul. Dès la piste suivante, on démarre sur une introduction cinématographique, chose assez nouvelle pour les Suédois. Là encore, on aurait bien vu ça en début d’album. Le morceau, "Touched by the White Hands of Death", est, sinon, excellent, dans la grande tradition du groupe.
Cette dualité entre expérimentation et classicisme rend The Nightmare of Being bancal. Si la qualité intrinsèque des morceaux est bien présente, la construction de l’album fonctionne mal. Le groupe nous balance des pépites de melodeath, mais intercale des introductions grandiloquentes peu pertinentes ("Touched by the Hands of Death", "The Fall into Time"…) qui cassent le rythme général. Cet intérêt pour un côté cinématographique s’était laissé entendre dans l’outro de To Drink From the Night Itself. Après avoir enfilé des tubes agressifs, bourrés de riffs tranchants, il est difficile de digérer un "Cosmic Pessimism" où Tomas Lindberg parle sur un riff… bluesy ? Ces cassures cachent finalement la qualité des morceaux plus classiques et donnent l’impression que les faces B sont venus s’intercaler dans l’album. Au fur et à mesure des écoutes, les expérimentations finissent par s’assimiler plus ou moins par l’auditeur qui les acceptera, ou pas. Forte est à la tentation de passer certaines pistes tant elles dénotent. C’est finalement deux chansons qui sèment réellement le doute et quelques orchestrations souvent cantonnées à des introductions. Après la surprise, le fan s’y retrouvera.


The Nightmare of Being est déroutant. Rien que de trouver du saxophone en plein milieu d’un morceau d’At the Gates ne peut laisser indifférent. Une fois assimilé les quelques chansons et expérimentations faites par le groupe, la qualité de composition est là. Force est de constater que cet album regorge de tubes de melodeath. À écouter et n’hésitez pas à persévérer un peu, ça vaut le coup.



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