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CHRONIQUE PAR ...

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Eudus
Cette chronique a été mise en ligne le 30 août 2021
Sa note : 10/20

LINE UP

-Amy Lynn Lee
(chant+piano)

-Jennifer "Jen" Majura Indrasen
(chœurs+guitare)

-William Troy McLawhorn
(guitare)

-Timothy Todd "Tim" McCord
(basse)

-William "Will" Hunt
(batterie)

TRACKLIST

1) Artifact/The Turn
2) Broken Pieces Shines
3) The Game is Over
4) Yeah Right
5) Feeding the Dark
6) Wasted On You
7) Better Without You
8) Use My Voice
9) Take Cover
10) Far From Heaven
11) Part of Me
12) Blind Belief

DISCOGRAPHIE


Evanescence - The Bitter Truth
(2021) - rock alternatif - Label : Columbia



Il y a dix ans, Malice criait son désespoir sur Evanescence, troisième album éponyme du quintet Américain. La pauvre doit être un état second à l’écoute de The Bitter Truth, cinquième effort de la bande à Amy. Ce qui faisait l’âme du combo et que l’on retrouvait encore sur le précédent (qui selon moi frôlait plus le 13/20) a disparu, le groupe ayant décidé d’en faire le moins possible. Frustrant.

Pourquoi frustrant et pas rageant ? Car Amy et sa troupe possèdent un certain savoir faire en la matière. On parle ici de rock alternatif, le côté neo metal ayant totalement disparu. Malheureusement, ce qui a fait la force de The Open Door, unanimement reconnu comme le meilleur album du groupe, c’est-à-dire un metal alternatif louchant sur le goth s’est lui aussi fait la malle. Sur Evanescence, les claviers s’en donnaient encore à cœur joie. Y a plus non plus. Bienvenue dans un monde de gros rock US. Ça marche chez l’Oncle Sam, moins en Europe où Evanescence n’impose plus vraiment le respect (malgré une magnifique tournée Synthesis).
The Bitter Truth c’est du gros son aseptisé, aux rythmiques décousues, avec des refrains pas franchement réussis. "Yeah Right" en est l’exemple parfait, sorte de titre raté de Britney Spears à la sauce rock - c’est un non. Idem pour le single "Wasted On You". Evanescence nous rattrape en pleine chute libre quand Amy arrête de surjouer et remet à la fois du cœur dans sa voix ainsi que des lignes de mélodies digne de ce nom dans ses compositions. ("Broken Pieces Shine", "Blind Belief", "Better Without You"). Le groupe se met même à la politique avec le single pré-élection US "Use My Voice", qui fleure bien trop l’opportunisme pour être honnête. Au final, c’est encore sur "Part Of Me" qu’Evanescence renaît de ses cendres avec un titre musclé et magistralement interprété par Amy et rappelant le bon temps (ce refrain frissonnant...).

Avec The Bitter Truth, Evanescence a clairement refermé les portes du metal, initialement ouvertes par le rarissime Origin et qui a ensuite fait le succès du quintet. Désormais, Amy Lee envoie les tubes rock calibrés au millimètre près et qui plairont à un jeune nouveau public en recherche de gros son. Pour les vieux fans, adeptes de la mélancolie des Américains (je ne mentionnerai pas les ballades de ce nouvel effort, un échec), il est temps de tourner la page.



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