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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 20 août 2021
Sa note : 16/20

LINE UP

-Per "Hellbutcher" Gustavsson
(chant)

-Erik "Tyrant" Gustavsson
(guitare+basse)

-Martin "Demon" Hansen
(guitare)

-Erik Martin "Devastator" Axenrot
(batterie)

TRACKLIST

1) Evil Blasphemies
2) Sadistic Blood Massacre
3) Black Evil
4) The Bestial Avenger
5) War of Doom (Armageddon)
6) Servants of Darkness
7) Infernal Desolation
8) Into the Morbid Black
9) Sacrifice to the Lord of Darkness

DISCOGRAPHIE


Nifelheim - Servants of Darkness



Slayer. Non, pas le groupe que vous connaissez tous. Plutôt le mag, enfin, fanzine. Celui qui fut aussi important que tous les groupes norvégiens réunis pour le développement du genre black metal. Et les « frères hard rock ». Ainsi sont surnommés Tyrant et Helbutcher.

La première référence tient aux innombrables mentions, salutations, interviews, rencontres etc… de Slayer Mag avec les deux frères diaboliques. Quiconque a pu se procurer le fanzine ou sa quasi indispensable compilation exhaustive les a forcément vus. Et les a imaginés comme personnes importantes de la scène, tout du moins norvégienne, black metal. Miroir peut-être un poil déformant, pourtant éluder le travail de Metalion est difficile dans le monde de la noirceur. Et le fameux sobriquet des frères hard rock, trouvaille d’une émission suédoise pour leur invraisemblable collection de sorties metal (et tout particulièrement une passion dévorante pour Iron Maiden). Bref, des individus pleinement ancrés dans le monde metal. Qui débarquent avec leur propre groupe. Et l’album qui est peut-être LE.
Chacun est bien évidemment tout à fait libre de ses opinions, toutefois le consensus émerge. Servants of Darkness est un brûlot redoutable. Absolument pas black pur, c’est une émanation foncièrement thrash dans l’esprit. À croire que les frères Gustavsson chérissent tout particulièrement les années quatre-vingts. Pourtant, ayant baigné de pleine oreille dans la vague historique des années quatre-vingt-dix, ils ne pouvaient faire autrement que jouer du black. La jonction des deux mondes est immédiatement audible, "Evil Blasphemies" étant un pur titre du vieux Bathory (tout comme la chanson éponyme dont le refrain est un plagiat pur et simple de "Massacre" et "Woman of Dark Desire" à la fois), simplement joué mieux et un poil plus vite. Et plus punk. Le boum boum de la batterie est la véritable marque de fabrique de cette sortie, omniprésent du début à la fin, comme le blast peut l’être chez les confrères plus brutaux. Les variations sont minimes autour de cet attribut ici majeur qui définit quasiment l’album à lui tout seul.
Thrash, thrash et re-thrash. Mais, oui, black. Car le chant, raclé. Car le son des guitares, tantôt lointaines, tantôt frigorifiques. Car les mélodies hantées. Et thrash par cette énergie incommensurable de tous les instants. Les riffs semblent être un enchaînement sans fond, ne devant jamais s’arrêter pour porter aux cieux l’art du guitariste que de créer de la musique. D’une base musicale relativement sommaire, le groupe parvient à pondre un ensemble riche, sachant se renouveler sans cesse, preuves en sont ces incartades cent pour cent arythmiques. Rien de foncièrement technique dans l’affaire, mais bien une progression de tous les instants. Le duo "The Bestial Avenger"/"War of Doom (Armageddon)" est à ce titre un pur moment de bonheur, Nifelheim abandonnant son boum boum constant et montant la cadence sur les mélodies pour pondre deux hymnes tout autant maléfiques que bouillants.


Servants of Darkness, ou l’art de faire du black sans en faire réellement. Pur album de thrash, il sait masquer ses origines sombres par l’entremise d’un tissage nordique indiscutable. Pour nous auditeurs, voilà un mets de choix premium pour quiconque veut revivre l’éclosion Bathory, enveloppée d’un dynamisme puissance fois mille.





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